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PORTRAIT – "Je n’aurais jamais entrepris en France", Antoine fondateur de la startup Dadaroom

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 14/08/2014 à 10:41 | Mis à jour le 14/08/2014 à 19:54

 Antoine Pérouze, jeune diplômé de sciences politiques, s'est installé fin 2009 à Mexico à un moment où le marché des nouvelles technologies était en plein essor. En 2013, il crée DadaRoom, un site permettant de trouver des logements ou des colocataires à Mexico.

Antoine Pérouze, 29 ans, a monté sa boîte Dadaroom début 2013 après 4 années passées au Mexique. Cependant, le jeune expatrié avoue en souriant "1m90, blond aux yeux bleus, je reste un touriste tous les jours".

"Depuis que je suis entrepreneur, je suis libre de ma vie."(DR)

Ancien de l'IEP de Bordeaux, le jeune Nantais part pour la première fois au Mexique dans le cadre d'une année d'échange avec le TEC de Monterey à Mexico en 2005. Durant cette année, il tombe éperdument amoureux de Pamela, qui le rejoindra plus tard en France. Mais la jeune Mexicaine a du mal à s'adapter à la vie parisienne, et la capitale ne lui offre pas les opportunités professionnelles qu'elle désire. De son côté, Antoine ne s'épanouit pas pleinement à Paris, le marché de l'emploi lui parait trop compliqué et la vie trop chère.

Tenter l'aventure mexicaine

Le couple décide donc de partir s'installer dans la capitale mexicaine fin novembre 2009. "Le marché du travail me faisait moins peur ici qu'en France."Les premiers mois sans emploi, Antoine en profite pour passer un diplôme de droit des médias à l'Unam (Universidad Nacional Autonomia de Mexico). Le jeune diplômé commence ensuite à travailler en freelance et décroche un contrat avec le Grupo Extensa où il ?uvre pour la stratégie de CNN Mexico. En 2011, il rentre dans une agence de pub et s'occupe alors de la communication politique web pour Marcelo Ebrard du PRD (Parti de la Révolution Démocratique). Par la suite, il s'emploie pour la stratégie web de Coca-Cola en Amérique Latine où il développe une radio web, Coca FM qui sera la radio web numéro 1 aux Etats-Unis et présente dans une quinzaine de pays en Amérique Latine.
"Je gagnais alors bien ma vie au Mexique, mais je n'avais pas assez de liberté. Il me fallait 3h de voiture par jour pour aller au travail et je n'avais que 7 jours de vacances par an."

Dadaroom pour se mettre en selle

C'est alors qu'Antoine, sa copine Pamela, Oscar, programmateur, et Juan, designer, décident de créer la marque Dada. Les quatre jeunes ambitieux lancent donc le premier pilote de Dadaroom en 2013 grâce à l'aide de l'incubateur Wayra qui leur a permis de décrocher une subvention. "Je n'aurais jamais entrepris en France, confie le jeune homme. Il y a beaucoup plus d'opportunités au Mexique, le droit du travail est plus avantageux et le niveau de vie permet d'être plus flexible."

"Je suis assez casanier, mais j'aime bien m'échapper de Mexico pour m'aérer."(Léo Robin)Antoine Pérouze Dadaroom

L'idée de départ était de concevoir une plateforme web de rencontres encore peu développée au Mexique en raison du problème de sécurité dans le pays. "Les Mexicains ont du mal à sortir de leur cercle de confiance composé de leurs amis et leur famille. Ce n'est pas pour rien qu'il y a de plus de gens à habiter derrières des grilles et dans des résidences sécurisées."
Antoine concède que la vie à Mexico a parfois ses contraintes : "J'ai envie de province, de m'éloigner de temps en temps de Mexico. On voyage d'ailleurs beaucoup avec Pamela. Même après 5 ans de résidence, je n'ai pas fait la moitié du Mexique." Le jeune expatrié ne renie rien pourtant de sa culture française. « Les diners avec trois bouteilles de vins, parler politique et des sujets de société me manquent parfois ici. » Mais le jeune entrepreneur sait remédier au mal du pays. "Je reste en contact avec la France, je rentre tous les 6 mois. De plus, ma famille est heureuse de me voir heureux et ils viennent me voir chaque année."

Une startup plein d'avenir

Le choix du nom Dada repose sur une stratégie de construire une marque proche du client et à vocation internationale. "Pour le logo, nous avons choisi un petit chien afin de donner une image sympathique et accessible, explique le jeune entrepreneur. Au Mexique, de nombreuses marques ne prennent pas en compte leurs clients et les délaissent. Au contraire, Dada a voulu tout miser sur le client et le mettre au centre de la stratégie commerciale."

Aujourd'hui, le site ne compte pas moins de 60.000 vues par mois. Antoine et ses associés ont donc réussi à créer un climat de confiance autour de leur site, notamment grâce à l'inscription via Facebook qui permet de rassurer les utilisateurs. Dans un premier temps, DadaRoom se concentrait sur les logements dans la Roma et la Condesa, avant de s'étendre sur toute la capitale et d'autres villes du Mexique comme Guadalajara ou Monterey. "Au début quand tu créées ta boite, c'est stimulant, tu t'amuses beaucoup, confie Antoine, mais aujourd'hui je consacre la majeure partie de son temps à des tâches administratives, entre les investisseurs et la gestion des ressources humaines."
Bientôt, Dadaroom va se lancer au Chili, en Argentine, au Pérou et en Colombie. C'est dans ce but qu'Antoine vient de partir pour plusieurs mois à Santiago du Chili grâce à un programme d'aide aux startups soutenu par le ministère chilien de l'économie. Le jeune chef d'entreprise ne manque pas de projets et d'idées pour le développement de sa boîte. Prochaine étape de la startup, la création de la plateforme Dadalove, un site de rencontres qui pourrait permettre d'autres belles histoires comme celle d'Antoine et Pamela.

Site de colocation : Dadaroom

Léo Robin (www.lepetitjournal.com/mexico) Jeudi 14 août 2014

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