Mercredi 20 novembre 2019
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

VOTRE MEXIQUE – Claire et Morgan: "Nous aussi on peut le faire!"

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 21/02/2012 à 00:00 | Mis à jour le 15/11/2012 à 10:05

C'est Claire et Morgan, respectivement strasbourgeoise et parisienne, que nous avons rencontrées cette fois-ci, au comptoir du bar-restaurant que ces deux jeunes femmes viennent d'ouvrir dans le quartier la Roma, à Mexico.  Dans leur vingtaine, elles ont su capter au vol l'énergie de la capitale afin de mener à bien leurs projets

Lepetitjournal.com: Depuis combien de temps êtes-vous expatriée au Mexique?
Claire
: Je suis arrivée en 2007, par hasard, j'ai été invitée à un mariage à Playa Del Carmen par une amie mexicaine. Je suis donc partie pour des vacances mais au fil des jours, je suis restée. C'est une relation amoureuse qui m'a menée à Mexico. J'y suis depuis 2008.
Morgan: C'est à l'occasion d'un échange universitaire entre la UAM de Iztapalapa et l'Université de Nanterre, en 2007, que je suis venue ici. Puis j'ai décidé de rester : j'avais un boulot ici, à l'Arlequin, et j'avais commencé une école de photo.

Où vivez-vous ?
C & M
: Ici à La Roma, à une cuadra de notre café: "L'Entre Potes"?

Professionnellement, quel bilan tirez-vous de votre expérience au Mexique?
C
: Tout bougeait ici, beaucoup plus qu'en Europe où tout me semblait figé. Très rapidement j'ai donc eu envie de faire quelque chose: c'est en travaillant dans la restauration, à l'Arlequin, que j'ai rencontré Morgan et que ça a pris forme. Dans le contexte mexicain, il y a beaucoup plus de possibilités qu'en Europe où j'ai l'impression que tout le monde est dans un carcan, dans un schéma, et n'en bouge plus trop. Ici il y a plus de rythme.
M : Je n'aurais jamais pensé ouvrir mon propre restaurant en France. Le Mexique donne vraiment beaucoup d'opportunités, dans tout. C'est pour ça aussi que j'ai commencé la photo. Car en France, c'était très compliqué, il y avait des concours que je ne pouvais pas passer? Enfin à chaque fois en France, on a quand même des bâtons dans les roues. Pour le restaurant, on a pris la décision et puis ensuite ça n'était pas si compliqué que ça.

Quelles ont été les principales difficultés lors de votre installation?
C
: J'ai trouvé un travail très rapidement à Playa del Carmen, j'ai travaillé dans l'immobilier. Je ne parlais pas très bien espagnol à mon arrivé mais c'était une entreprise danoise et américaine, donc je parlais beaucoup anglais et c'est là que j'ai appris à parler espagnol. J'ai plus galéré à Mexico. Pas de papiers, pas de travail. Et puis je n'avais pas de profession spécifique à faire valoir. J'ai donc mis trois mois à trouver quelque chose. Grâce à une petite annonce dans Le Petit Journal?
M : Je n'ai pas rencontré de difficultés particulières? et puis je parlais espagnol, j'avais étudié l'histoire du Mexique colonial à la fac, je pensais même me spécialiser en histoire du Mexique.

Le Mexique/Mexico en une phrase?
C
: C'est un énorme chaos mais avec beaucoup d'harmonie.
M : Amabilité, corruption? André Breton avait raison, Mexico c'est une ville surréaliste, une ville qui est tout le temps en mouvement.


Claire et Morgan. Photo Magdalena Le Prévost

Qu'aimez-vous au Mexique/dans votre ville?
C
: El mercado. Comer barbacoa en el mercado (Aller au marché manger de la barbacoa). Ca me plait toujours d'aller au marché.
M : Moi j'aime l'accessibilité des gens. Tu peux aller parler avec n'importe qui, tu peux tutoyer tout le monde?

Au contraire quelles sont les choses auxquelles vous ne vous êtes jamais faites?
C
: La manière dont les gens ne peuvent pas dire non. On passe toujours par des détours: "Híjole, sabes que?"
M : Pour moi c'est la même chose, le sentiment que le risque d'être entourloupé existe toujours.

Et vos bons plans dans tout ça?
C
: Les soirées jazz de l'IFAL, tous les jeudis.
M : Le marché de Portales, marché de seconde main, moi j'adore ! J'y ai trouvé plein de trucs?

Votre mot préféré du lexique mexicain?
C
: "Pinche", c'est le premier mot mexicain que j'ai appris, c'est joli et ça marche pour tout.
M : J'aime"chingar" et tous ses dérivés, ça résume tout.

Le plus bel endroit que vous ayez vu au Mexique?
C
: Tout ce qui est proche de la mer. Tulum, Mazunte n'ont rien à voir mais ce sont des endroits que j'aime beaucoup. Holbox est splendide, c'est aussi l'un des premiers endroits que j'ai connus.

Un mot, un conseil pour les nouveaux arrivés au Mexique?
C
: Ouvrir grand ses yeux. Dans les deux sens du terme.

Créer une entreprise au Mexique, un parcours du combattant?
C & M
: Il y a eu des obstacles, c'est certain. C'est une aventure avec de bonnes et mauvaises surprises. Et puis deux filles françaises, étrangères, qui vivent là leur première expérience en la matière? On a bien entendu croisé pas mal d'embûches. Mais rien d'insurmontable.

Et si c'était à refaire?
C
: Je ferais davantage attention, je checkerais plus, je ne ferais pas confiance.
M : Je ferais de la même façon en me faisant peut être plus confiance, en écoutant davantage mes intuitions plutôt que les gens qui au final parlent souvent sans savoir.

Des conseils pour ceux qui pensent se lancer dans l'aventure ?
C & M
: Il faut profiter à fond, tout regarder, tout connaître, ne pas rester dans son petit coin.

Et pour demain, qu'est-ce que vous envisagez?
C
: Pour l'instant je suis bien ici? Je prends les choses comme elles viennent.
M : Que ça marche du tonnerre ! Et d'autres projets aussi, mais je serai ici au moins pour trois-quatre ans?

Magdalena Le Prévost (www.lepetitjournal.com/mexico) mardi 21 février 2012

Votre témoignage nous intéresse ! Pour partager vos experiences et impressions mexicaines, vos bons plans ou encore exprimer vos coups de gueule, contactez nous:mexico@lepetitjournal.com

Lire aussi:
MEXIQUE FRANCE ? Hector, un étudiant mexicain à Paris
MOBILITÉ ? Le Mexique sourit aux proactifs
ALLIANCE FRANÇAISE MEXIQUE ? Rencontre avec le nouveau délégué général Philippe PALADE
INTEGRATION- Une française au Mexique depuis 10 ans
PORTRAIT ? Nicolas Rollet, un artiste pâtissier

RETROUVEZ TOUS NOS PORTRAITS DANS LA SECTION "COMMUNAUTÉ"{jcomments off}

0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

TÉLÉTHON

Jonas : "La maladie m'emprisonne, mais je crois au traitement"

Jonas, jeune étudiant de 22 ans, a été diagnostiqué d’une calpaïnopathie à l’âge de 6 ans. Une maladie qui s’est installée progressivement et qui depuis l’adolescence grignote peu à peu ses muscles

Sur le même sujet