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CAROLINE MANTOY – Il était une fois une conteuse à Mexico…

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 08/09/2015 à 04:43 | Mis à jour le 09/09/2015 à 03:20

"Je raconte surtout des légendes, des contes traditionnels, d'auteurs et des contes pour enfants." Caroline Mantoy est cuentacuentos depuis plus de 20 ans. Cette franco-mexicaine installée au Mexique depuis 1987, nous raconte sa passion pour les belles histoires.

 Aidée de ses deux "assistants", Caroline Montoy raconte Bonjour Madame la mort, un conte pour enfants qu'elle a elle-même traduit en espagnol. (Photo Jean-Pierre Voillot)

Prochaines dates septembre 2015 : 

1/ Vendredi 11 septembre à 18h au Palacio de Minería  "Cuentos enrejados para mentes libres" (cuentos de autores y recopilados). Pour jeunes et adultes 

2/ Le samedi 12 septembre à 12h dans la Casa de Francia (Havre 15, entre Hamburgo et Reforma), où l'on pourra écouter et lire "l'école des loisirs" qui propose depuis 50 ans de la littérature infantile. Pour tous publics
Représentation de "Buenos días Doña Muerte" publié au Mexique il y a un an et traduit en français. 

Pour la contacter : carolinemmh@yahoo.com.mx 

Arrivée au Mexique en 1975, Caroline avait l'espoir que ce pays ne serait que le premier d'une longue suite. "J'étais libre, j'avais fini mes études et je voulais découvrir l'Amérique Latine. Un peu naïvement, je pensais partir pour cinq ans de voyage et rester 3 mois dans chaque pays", se souvient-elle en plaisantant. Au final, la Parisienne ne quittera pas le Mexique avant une année. Elle s'installe au Distrito Federal où elle trouve du travail en tant qu'orthophoniste en libéral, sa formation d'origine. Elle part à la découverte du pays en participant à des chantiers de jeunes qui l'emmènent dans des petites communautés indigènes de Veracruz et du Michoacán. "Je doute qu'on ait été très utiles mais ces chantiers m'ont au moins permis de prendre conscience des réalités peu plaisantes du Mexique, ou du moins plus tristes. Et puis c'est là que j'ai rencontré mon futur mari !" raconte-t-elle. Au bout d'un an, le jeune couple décide de rentrer en France.

Les débuts de conteuse

En 1987, après 11 années en région parisienne et l'arrivée des deux ainés, la petite famille repose ses valises sur le sol mexicain. "On a décidé de revenir pour que les enfants connaissent leur autre culture" explique-t-elle. Caroline commence alors à travailler à la médiathèque de l'Alliance française de Polanco qui lui permet de faire ses débuts de conteuse. "J'ai décidé d'instaurer l'heure du conte. Je lisais des histoires pour les enfants. Je proposais un horaire public et un horaire privé pour les sections du lycée franco-mexicain." C'est comme ça que tout a démarré, d'abord en français puis ensuite dans les deux langues. Depuis mars 2008, Caroline se consacre pleinement à cette activité. "Depuis que j'ai arrêté de travailler, je raconte le plus possible" dit-t-elle, et cela en France, au Mexique et dans des festivals qui l'ont menée jusqu'en Colombie. Bien qu'ayant suivi de nombreuses formations pour exercer ce métier passion, elle reconnait que c'est le Mexique qui lui a donné la chance de se lancer: "Je pense qu'en France, il faut prendre une route particulière pour devenir quelqu'un, enfin pour être reconnu dans quelque chose. Au Mexique, on accepte mieux les déviations, les changements de trajectoire."

La beauté de la transmission

"Buenos días Doña Muerte est l'histoire d'une petite vieille qui ne veut pas mourir. C'est une façon de parler de la mort et de son acceptation"

Caroline se produit devant les petits comme les plus grands, chez des particuliers comme dans des espaces publics, mais à chaque fois, il y a ce même désir de partager des histoires qui ne vous laissent pas tout à fait indemne. "Je ne raconte qu'une nouvelle de lui, mais j'aime beaucoup Eric-Emmanuel Schmitt. Je raconte Le plus beau livre du monde, qui est une histoire très belle, authentique, véridique. J'ai aussi les contes d'un auteur palestinien que j'aime beaucoup, Ghassan Kanafani. Ses contes sont très durs mais magnifiques !" sourit-elle. Actuellement, elle prête sa voix pour interpréter Bonjour Madame la mort, un conte pour enfants qu'elle a elle-même traduit en espagnol. "C'est l'histoire d'une petite vieille qui ne veut pas mourir. C'est une façon de parler de la mort et de son acceptation, dit-elle, c'est joli comme tout !" Un spectacle qu'elle présente actuellement en espagnol sous le titre de Doña Muerte, "aidée de mes deux assistants" se plait-elle à dire pour parler des deux marionnettes qui l'accompagnent. 

Ses plus beaux souvenirs ? Quand le public est happé par l'histoire, bien-sûr. Caroline se souvient avec émotion d'un conte asiatique qui a tellement marqué son fils qu'il jure l'avoir entendu des milliers de fois alors qu'il ne lui a été conté qu'une seule. Ou encore une expérience récente : "Dans le cadre d'un festival sur le zócalo, je racontais des contes courts. Après ça, une femme vient me voir et me dit : "ça y est, je sais ce que je vais lui dire !". L'une de mes histoires lui avait donné une réponse à son compagnon. Elle avait quelque chose à lui dire, elle n'y arrivait pas et là, elle avait une réponse. C'est fantastique !", s'exclame-t-elle. L'enthousiasme avec lequel Caroline parle de ces contes est contagieux. A l'écouter, on a instantanément envie de se plonger dans la lecture. Et encore plus, de découvrir la conteuse à l'?uvre devant son public.

Pour la contacter : carolinemmh@yahoo.com.mx 
Tél : 
(52 55)  52 50 79 70

Camille François (Lepetitjournal.com/mexico) Mercredi 9 septembre 2015 (republication)

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