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DÍA DE MUERTOS – Une tradition nationale mais diverse dans ses manifestations

Par Lepetitjournal Mexico | Publié le 31/10/2015 à 18:22 | Mis à jour le 06/01/2018 à 17:46

Tradition pré-hispanique entretenue depuis des siècles, El Día de Muertos est l'occasion, pour les Mexicains, de retrouver, le temps d'une journée, leurs proches disparus. C'est une fête commune à l'ensemble du pays mais chaque communauté la célèbre selon ses propres coutumes. Ainsi, selon les régions, les autels sont montés dans les maisons, les cimetières ou le lieu de décès du défunt et les offrandes varient, allant d'objets aimés par le défunt durant sa vie, à des plats cuisinés en passant par des fleurs.

Il y a peu nous vous proposions quatre destinations mythiques pour célébrer El Día de Muertos au Mexique. Cependant, pour les lecteurs qui ne pourraient pas se permettre un week-end excursion, le Museo Nacional de Culturas Populares, à Coyoacán, offre un bon panorama des autels et coutumes propres à chaque région mexicaine à l'occasion du Día de Muertos. Jusqu'au 6 novembre, une exposition y présente en effet les autels caractéristiques de sept régions du pays. Une preuve, si il en fallait une, de la grande diversité culturelle du Mexique et une bonne manière, pour les touristes curieux, de découvrir la manière dont on célèbre les morts à Angahuan, Michoacan, Celaya, Guanajuato, Tavehua, Puebla et Tlahuac. En voici une brève description.

Les autels dansants de Celaya (Guanajuato)

A Celaya, dans l'Etat de Guanajuato, les autels sont dédiés aux danses pré-hispaniques en l'honneur de la vierge de Guadalupe, plus connue sous le nom de « Tonalli ». Par ailleurs, les autels de Celaya se distinguent par leur composition, essentiellement faîte de carton. Aussi, en général, ils représentent des calaveras en carton qui dansent. Exemple caractéristique d'un autel de Celaya.

 

Les arcs en roseaux des autels de Santa Maria Tavehua (Oaxaca)

A Santa Maria Tavehua, la particularité des autels réside dans le fait qu'ils sont surplombés par un arc en roseaux. Selon la croyance, cet arc est en fait la porte par laquelle les défunts quittent temporairement le monde des morts pour celui des vivants.

A chaque jour son autel à Tlahuac (District Fédéral)

A Tlahuac, dans le District Fédéral, la particularité de la célébration du Día de Muertos réside dans le fait que chaque jour est dédié à une catégorie bien spécifique de défunts. Le 28 octobre est ainsi dédié aux personnes décédées suite à un accident tandis que le 30 est consacré aux non baptisés. Le 31 octobre, ce sont les âmes des enfants qui regagnent temporairement le monde des vivants et on les reçoit avec des fleurs blanches et des jouets. Enfin, le 1er novembre, vient le tour des défunts qu'on accueille, cette fois-ci, avec des fleurs jaunes et des mets qu'ils aimaient durant leur vie.

Les autels pyramidaux, immaculés et spectaculaires de Huaquechula (Puebla)

A Huaquechula, les autels se distinguent par leur ampleur. Traditionnellement, ils mesurent en effet 3 à 4 mètres de haut pour 3 de large et se divisent en trois niveaux. Le premier représente le monde terrestre et est recouvert de toutes sortes d'offrandes faites aux défunts. Le second représente le lien qui unie le terrestre au divin et se compose d'images religieuses censées servir d'interface entre les deux univers. Enfin, le troisième niveau représente le divin et est souvent décoré de représentations de Dieu ou de Jésus. Outre la taille et l'organisation des autels, spécifique à Huaquechula, comme à Tlahuac, la région se distingue par le fait que ses habitants différencient les autels selon que les défunts auxquels ils s'adressent sont décédées dans l'année ou non.

 Un autel caractéristique de la région de Huaquechula

Dans la Huasteca Veracruzana, on célèbre le « Xantolo »

Dans la Huasteca Veracruzana, on ne parle pas de Día de Muertos mais de « Xantolo ». Cette spécificité remonte à plusieurs siècles, lorsque les frères Augustins appelèrent à fêter tous les saints en latin et déclarèrent « festun ominium santorum ». Pour les natifs de la région, la phrase fut difficile à prononcer et, au fin des années, le mot « Santorum » s'est donc déformé en « Xantolo ». Enfin, une autre spécificité régionale consiste à réaliser un chemin de fleurs de cempasuchil imprégnées d'encens entre l'autel et la porte de la maison pour guider les âmes des morts lors de leur arrivée dans le monde des vivants.

A Angahuan (Michoacan), une cérémonie douloureuse

Comme à Huaquechula, dans la communauté de Angahuan, les morts dans l'année bénéficient d'un autel propre appelé « Wirhimutakwa ». Au pied de cet autel, la tradition régionale consiste à déposer un panier de vêtements et de chaussures neufs afin que le défunt puissent se changer avant son départ. Enfin, la principale différence de Angahuan vis-à-vis des région mexicaine réside dans le fait, qu'ici, « el Dia de Muertos » est un moment douloureux durant lequel on se remémore ses proches disparus.

Les autels à trois niveaux de Comalcalco (Tabasco)

A l'instar des autels de Huaquechula, dans l'Etat de Tabasco, les autels comptent également trois niveaux. Cependant, ici, le premier représente la sainteté et est donc composé d'images de Saints, le second se compose de photos du défunt auquel l'autel est destiné et le troisième est couvert d'aliments aimés par le défunt de son vivant dont du cacao. Enfin, un arc élaboré à partir de feuilles de palmiers surplombe l'autel.

Margot Cariou (Lepetitjournal.com/mexico) Samedi 31 octobre 2015

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