TAXIDERMIE - Vilain crapaud Australien devient sac à main

Par Lepetitjournal Melbourne | Publié le 12/11/2013 à 21:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 03:27

 

Ce pourrait être le début d'un conte de fée... Un affreux crapaud déclaré catastrophe écologique en Australie devenu un accessoire de mode vendu aux quatre coins de la planète. Tout ceci grâce à la créatrice polonaise Monika Jarosz et de sa marque Kobja, made in France.

Monika Jarosz fait appel à un taxidermiste de Cairns dans le Queensland pour récupérer les dépouilles desséchées et tannées des crapauds buffles. Lors d'un long processus, les peaux de crapaud sont travaillées et teintées en fushia, bleu turquoise, jaune curry ou vert vif dans un atelier de maroquinerie de luxe de Romainville, en banlieue parisienne. Le batracien nuisible devient alors sac, porte-monnaie ou encore ceinture. "Ce qui m'intéresse c'est le conte de fée, le crapaud qui se transforme en prince charmant..." affirme la créatrice. L'affreux crapaud que l'Australie déteste est donc recyclé en accessoire de mode !

Pourquoi l'Australie déteste-t-elle tant le crapaud buffle ?

L'Australie introduit le crapaud buffle en 1935 pour détruire les nuisibles qui ravagent les champs de cannes du Queensland. Le Crapaud buffle s'y établit clairement, la population augmentant de manière exponentielle et étendant son aire de répartition vers le Territoire du Nord et la Nouvelle-Galles du Sud. Sa population aurait atteint environ 200 millions d'individus en 2009, ayant forcément un impact important sur la biodiversité. Malheureusement, le crapaud a été inefficace pour réduire la population de coléoptères à laquelle il devait s'attaquer. Il est maintenant considéré lui-même comme un nuisible et une espèce invasive en Australie où on cherche aujourd'hui à bloquer sa propagation, de diverses manières. Ainsi chaque année est organisé à Townsville, dans le Nord du Queensland, le « Toad Day Out » durant lequel des centaines d'Australiens se mobilisent pour capturer les crapauds, qui sont soigneusement triés par des spécialistes puis éliminés.

Monika a lancé sa marque, Kobja (verlan de l'affectueux "petite grenouille" polonais) et les accessoires en crapaud buffle australiens sont désormais vendus dans des boutiques de luxe ou concept stores à Tokyo, Pékin, New York, Paris et Berlin.Le nuisible petit animal est aujourd'hui devenu désirable..du moins sa peau !

Flore Gregorini (www.lepetijournal.com.sydney), mercredi 13 novembre 2013

 

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