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PSYCHOLOGIE - L’enfant expatrié face au deuil

Par Lepetitjournal Manille | Publié le 16/10/2016 à 19:00 | Mis à jour le 07/01/2018 à 01:12

Nouvelle chronique de notre psychologue Adélaïde Lefèvre consacré ce mois à l'épreuve de la séparation. Si l'expatriation apporte de belles opportunités de rencontres, de projets, de développement de soi et de sa famille, l'éloignement peut en effet aussi être marqué par la perte d'un proche. Cet événement douloureux amène des questionnements quant à la manière d'en parler à ses enfants.

Ce que comprend l'enfant

En fonction de son âge, l'enfant ne va pas comprendre l'événement de la même manière. Pourtant, même un bébé sent qu'il se passe quelque chose dans son entourage et que ses parents s'inquiètent. La "pensée magique" de l'enfant peut d'ailleurs lui faire croire que ses parents sont tristes à cause de lui. Il est donc important de bien expliquer ce qui se passe car le non-dit ou le secret peuvent être une source d'anxiété.

Notons néanmoins qu'avant 4 ans l'enfant ne peut comprendre l'irréversibilité de la mort. Quelques jours après l'annonce du décès, il peut ainsi demander où est son grand père. Des réactions d'anxiété surviennent d'ailleurs parfois longtemps après, dans l'après coup, quand l'enfant réalise ce que mourir veut dire.

Et l'adolescent?

L'adolescent, souvent émotionnellement à fleur de peau, peut avoir des réactions très intenses suite au décès d'un proche.

Il est important de rester à l'écoute de ses émotions et d'ouvrir tous les espaces qui l'aideront à les exprimer, verbalement, en pleurant?

Il peut également être préoccupé par des questions pratiques : "comment va vivre ma grand-mère toute seule ?". Il est alors important de lui expliquer ce qui va se passer.

S'appuyer sur un soutien amical et social est aussi précieux dans ces moments de fragilité.

Des mots simples autant que clairs

Il est recommandé d'utiliser des mots simples et éviter le langage métaphorique ("il est au ciel", "il est parti", "on l'a perdu",  "il s'est endormi").

L'enfant souvent ne comprend pas ce discours à double sens. En le comprenant au premier degré, il peut développer des symptomes comme des troubles du sommeil (pensant que "mourir c'est dormir").

Prononcer le mot "mort" est difficile pour des parents mais il est important de parler le plus clairement possible à son enfant. L'enfant doit sentir qu'il peut poser des questions et que parler de ce deuil n'est pas tabou.

L'enfant a besoin d'être rassuré sur ce qu'il vit et sur ses émotions. Etre triste après la perte de quelqu'un de proche est une réaction qui doit s'exprimer et qui peut même être partager. Les mots des parents sur leur propre tristesse peuvent être utiles à l'enfant.

Des actes symboliques

L'idée d'emmener un enfant aux funérailles peut nous inquiéter en tant que parent. Il n'y a pas de "marche à suivre" : chaque cas est particulier.

Bien sûr, si l'enfant manifeste l'envie d'y aller, il est important de le respecter et, s'il refuse, de ne pas le forcer. Si les parents décident de l'emmener aux funérailles, ils pourront veiller à bien lui expliquer ce qui se passe et à être à l'écoute de ses questions.

L'éloignement empêche parfois de se rendre aux funérailles. Il est alors important d'évoquer ce qui se passe en France et peut-être même d'organiser une petite cérémonie à la maison, le jour de l'enterrement afin de symboliser l'événement, de le vivre dans la distance.

Au retour en France, on pourra aussi aller au cimetière, pour y déposer des dessins.

Quand demander de l'aide ?

L'enfant ou l'adolescent peuvent manifester des symptômes intenses et durables (troubles du sommeil, cauchemars, difficultés d'alimentation, baisse significative des résultats scolaires?).

Chez l'adolescent notamment, une situation de détresse peut se manifester par des conduites à risques.

Il est alors important de demander de l'aide à un professionnel qui aidera à mettre des mots sur ce qui se passe.

Adélaïde LEFEVRE (www.lepetitjournal.com/manille) lundi 17 octobre 2016

 

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