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POLITIQUE – Rapports de force entre les Philippines, l’Union européenne et les Nations unies sur la question des droits de l’Homme

Par Lepetitjournal Manille | Publié le 05/04/2017 à 18:55 | Mis à jour le 07/01/2018 à 04:52

Alors que nous ouvrions la semaine sur des analyses consacrées aux tensions croissantes entre les Philippines, l'Union européenne et les Nations unies sur la question des droits de l'Homme, l'actualité politique de ces derniers jours nous invite à y revenir. Nouveaux éléments d'information.

Passes d'armes diplomatiques entre l'Union européenne et les Philippines sur les meurtres extrajudiciaires

Franz Jessen, ambassadeur de l'Union européenne aux Philippines, a déclaré, samedi dernier, que les échanges commerciaux entre l'Europe et les Philippines risquaient d'être affectés si le gouvernement philippin continuait d'ignorer les mises en garde de l'Union européenne sur les violations des droits de l'Homme, notamment celles perpétrées dans le cadre de la "guerre contre la drogue".

Il a rappelé que les Philippines se devaient de respecter les conventions des Nations unies dont elles sont signataires, en particulier celles relatives aux respects des droits humains et à la bonne gouvernance.

Dès dimanche, la présidence philippine a réagi à ces déclarations, enjoignant l'Union européenne à ne pas faire dépendre les relations commerciales des questions des droits de l'Homme. 

Le porte-parole de la présidence, Ernesto Abella, a par ailleurs fait référence aux récentes déclarations du président de la commission d'enquête sur les meurtres extrajudiciaires, Gwen Pimentel-Gana. Ce dernier a réaffirmé que les meurtres extrajudiciaires en question n'avaient en aucune manière été commandités ou encouragés par son gouvernement et que la police nationale philippine menait des opérations légales, suivant des protocoles précis. Il a ainsi défendu cette "guerre contre la drogue" qui "a pour objectif de protéger les innocents”.

Dans le même temps, la sénatrice Leïla de Lima s'est félicitée du soutien des parlementaires européens qui ont appelé à sa libération immédiate à la suite de son arrestation pour trafic de drogues. Elle a souligné que ces parlementaires n'auraient pas engagé leurs réputations personnelles et politiques s'ils n'avaient pas été totalement convaincus de son innocence.

Nouvelle mise en garde des Nations unies sur une éventuelle restauration de la peine de mort

Le porte-parole de la commission pour les droits de l'Homme des Nations unies, Yuji Iwasawa, a récemment fait part de son désarroi face au vote du projet de loi de restauration de la peine de mort à la Chambre des représentants philippins le mois dernier.

Il a remis une lettre à la représentante permanente des Philippines aux Nations Unies, Maria Teresa Almojula, ainsi qu'au président du Sénat philippin, Aquilino Pimintel III, pour rappeler les engagements qui lient les Philippines, signataires du Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.

Il espère ainsi influencer les débats qui devraient s'ouvrir bientôt à la chambre haute.

Des déclarations des rapporteurs spéciaux des Nations unies, Agnes Callamard et Nils Melzer, sont, par le passé, déjà allées dans le même sens.

François COUDRAY (www.lepetitjournal.com/manille) jeudi 06 avril 2017

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