Mardi 21 septembre 2021

CINEMA - Un nouvel âge d'or pour les Philippines (1/2)

Par Lepetitjournal.com aux Philippines | Publié le 02/11/2016 à 20:00 | Mis à jour le 29/10/2016 à 10:32

Ces dernières années, suite au succès publique et critique de nombreux films, les Philippines apparaissent comme un nouveau centre incontournable du cinéma asiatique. En effet, plusieurs réalisateurs étrangers y ont trouvé source d'inspiration comme le britannique Sean Ellis qui, pendant sa visite aux Philippines, a tourné son film Metro Manila. Et les cinéastes philippins ont été dernièrement, et à plusieurs reprises, primés dans les principaux festivals internationaux : Lav Diaz, par exemple, a récemment reçu le Lion d'or, premier prix du festival de Venise. Première épisode d'une histoire en deux temps.

Les origines

Le cinéma philippin fait sa première apparition pendant la période coloniale espagnole avec la  projection, en 1897, d'un court-métrage de 45 secondes. C'est un officier de l'armée espagnole, Antonio Ramos, qui importe alors la cinématographie Lumière. Peu à peu, les courts-métrages évoluent vers un format plus long. Grâce à cela, les premières salles de cinéma ouvrent leurs portes à Manille. 

En 1919, le Philippin Jose Nepomuceno réalise le premier film muet, intitulé Dalagang Bukid.

Peu après, en 1932, apparait le premier film en Tagalog, Ang Aswang de Georges Musser.

Un premier âge d'or : les années 1950 

L'émergence de quatre studios puissants, "les big four", permet le développement de nouvelles techniques de cinéma et de nouveaux genres comme les comédies musicales, les films d'actions et les drames romantiques. 

Le réalisme social devient le sujet principal du cinéma philippin qui expose l'importance des problèmes sociaux de l'archipel pendant cette période. 

Lamberto Avellana réalise à cette époque son premier film, Sakay, une biographie du révolutionnaire Macario Sakay. Avellana réalisera finalement plus de 70 films durant une carrière de 50 ans. Anak Dalita, l'une de ses oeuvres les plus connues, raconte la misère des Philippins pendant la seconde Guerre mondiale. 

Le genre "bomba", équivalent des "pink pictures" japonaises, émerge en 1960 et se caractérise par la présence inédite à l'écran de la nudité féminine et des scènes d'amour. Ces caractéristiques se révèlent en fait être des arguments commerciaux. On voit de nombreux bombas apparaitre pendant la loi martiale de Marcos. Ces œuvres sont considérées comme échappatoire pour un peuple marqué par la dictature. 

Un deuxième âge d'or : les années 1970 

Derrière l'intrigue érotique est cependant souvent développée une critique sociale. Boatman de "Tikoy" Aguilaz IV, est caractéristique ces nouveaux bombas. Dans ce film sont en effet dépeintes la pauvreté et la violence dans les dernières années du régime corrompu de Marcos à travers un jeune couple qui doit effectuer des danses érotiques pour gagner sa vie. 

Durant ce second âge d'or, le réalisateur Lino Brocka s'impose comme le cinéaste le plus important. Il est un des premiers réalisateurs philippins dont les films ont été vus en France. Son film, Maynila, a aussi été sélectionné pour le festival de Cannes. Mais, son chef d'œuvre reste Manila in the Claws of the Light, un film qui raconte la quête d'un jeune homosexuel cherchant son amant dans les rues de Manille.

C'est là un exemple de la richesse du cinéma philippin malheureusement encore trop mal connu. Une partie de ce patrimoine cinématographique a d'ailleurs disparu. Le réalisateur Gerardo de Léon, par exemple, mort en 1981, a tourné environ 75 films mais seulement une vingtaine a été sauvegardée. 

Une histoire à suivre...

Lila BUNOAN et Selma MOUCHEL (2de - atelier presse online) (www.lepetitjournal.com/manille) jeudi 3 novembre 2016

 

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