Lundi 18 octobre 2021
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LAV DIAZ - Un cinéaste philippin à Paris

Par Lepetitjournal.com aux Philippines | Publié le 22/11/2015 à 20:00 | Mis à jour le 22/11/2015 à 22:04

Une figure majeure du cinéma contemporain philippin est mis à l'honneur à la galerie du Jeu de paume à Paris, jusqu'au 5 décembre prochain. Lavrente Indico Diaz, dit Lav Diaz, a marqué la scène internationale avec ses films fleuves, racontant inlassablement le quotidien des philippins du monde rural et les blessures de l'histoire de l'archipel.


Un cinéma engagé

Lav Diaz est reconnu comme le digne héritier de Lino Brocka, autre cinéaste militant. Ses ?uvres portent une réflexion sur le cinéma et l'histoire. Cette histoire aux multiples facettes (domination espagnole pendant trois siècles, tutelle américaine pendant cinquante ans, occupation japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, dictature) est la matière première de cet artiste de 57 ans originaire de Mindanao.

Il entraine le spectateur dans de longs voyages (ses films durent entre 3h30 et 9h) où il expose la lutte quotidienne d'individus oubliés par l'Etat. C'est l'espace et la nature filmés qui donnent la temporalité propre et le rythme de ses films, qui échappent ainsi aux canons de la tradition occidentale et aux contraintes du marché du cinéma.

Un talent plusieurs fois récompensé

Parmi les douze films qu'il a réalisés, plusieurs ont obtenu des récompenses dans d'importants festivals internationaux de cinéma : Batang West Side a reçu le Prix de la Meilleure Image au Festival du film international de Singapour en 2002 ; Melancholia  a été récompensé par le grand prix Orizzonti de la Mostra de Venise en 2008 ; Norte, The End of History a été programmé au Festival de Cannes en 2013, dans la catégorie "Un Certain regard" ; enfin From What is Before (ou Mula sa Kung Ano ang Noon en tagalog), a reçu en 2014 le Léopard d'Or du festival de Locarno. Décrit comme un des films les plus marquants de l'année, avec ses plans fixes accusateurs, en noir et blanc, ce film raconte l'histoire d'un petit village philippin de 1970 à 1972, pendant l'instauration de la loi martiale.

Il n'est donc pas étonnant qu'une première rétrospective de l'ensemble de ses ?uvres soit présentée, depuis le 03 novembre et jusqu'au 05 décembre, au Jeu de paume, à Paris.


Scène de From What is Before

Et Lav Diaz ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, il travaille actuellement sur un projet ambitieux, The Great Desaparecido, racontant la mort controversée d'Andres Bonifacio, l'un des chefs de la révolution philippine contre le gouvernement colonial espagnol.

Frédérica ANDRIAMANANTENA (www.lepetitjournal.com/manille) lundi 23 novembre 2015

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