Jeudi 21 octobre 2021
TEST: 2269

Informez-vous gratuitement sur le microbiote avec la Maison Médicale et le Dr Tourame

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 02/09/2021 à 15:02 | Mis à jour le 02/09/2021 à 15:02
Photo : Ava Sol - Unsplash
Une femme qui se tient le ventre avec sa main

Le microbiote intestinal suscite tout l’intérêt des communautés scientifique et médicale récemment, le tube digestif étant même souvent qualifié de « deuxième cerveau ». Le microbiote, qui est la somme des micro-organismes présents dans notre tube digestif, serait la cause d’une multitude de nos (dys)fonctionnements. La Maison Médicale, par l’intermédiaire du docteur Laure Tourame, vous propose gracieusement des rendez-vous pour tout comprendre.

 

Ce rendez-vous d’information ne vous coûtera rien, sinon une vingtaine de minutes, et vous permettra d’éclaircir vos connaissances sur le sujet dans le cadre idéal que constitue la Maison médicale pour les frenchies que nous sommes. Jusqu’à présent, il s’agit d’entretiens individuels qui peuvent se réaliser en ligne, quand bien même nous vous recommandons un face à face plus intuitif. Il vous suffit de contacter la Maison Médicale pour obtenir un créneau, prévu entre les lundis et mercredis. Par la suite, une consultation médicale appuyée par un questionnaire individuel pourra vous être proposée, à vos frais, pour évaluer votre microbiote.

Entretien réalisé par Luther Beaumont

 

Pourriez-vous me préciser la définition du microbiote ?

Pour rappel, les micro-organismes auxquels nous faisons référence ici relèvent principalement de la flore qui nous habite, à savoir les bactéries et les champignons. Nous effectuons des examens urinaires et des analyses de selles pour évaluer leur composition individuelle, les cataloguer par familles, proportions et quantités via des tests ADN.

Mais il existe plusieurs microbiotes, présents sur tout notre épithélium. Ainsi le microbiote cutané cause notre acné, le vaginal peut être responsable de troubles fertiles. Le microbiote intestinal demeure le plus gros de l’organisme, c’est celui dont nous entendons traiter ici.

 

Combien de bactéries y sont présentes ?

On estime ce nombre à des milliers de milliards de bactéries, regroupées en souches d’intérêt que le laboratoire avec lequel nous travaillons détermine pour nous. Le rôle de certaines est encore complètement inconnu : nous les mettrons donc de côté dans notre bilan, et les distinguerons de ces micro-organismes « d’intérêt » puisque nous ne les comprenons pas encore. Elles relèvent de différentes familles bactériennes : nous en jugeons pour le moment quatre comme étant importantes, lesquelles sont classifiées et étudiées avec une grande littérature scientifique à l’appui.

 

Quel est l’objectif exact de cette collecte de données sur l’organisme de la personne ? À qui se destine-t-elle ?

Tester son microbiote est très intéressant pour les personnes en bonne santé qui souhaitent tout de même mieux comprendre le fonctionnement de leur tube digestif et de leur corps en général. Bien évidemment l’intérêt est accru pour des individus présentant des symptômes, surtout dans la mesure où ils s’avèrent insatisfaits des traitements proposés contre des reflux, crampes, ballonnements abdominaux… L’examen se montre aussi pertinent dans le cadre de maladies extra-digestives, comme les maladies auto-immunes telles qu’une pathologie thyroïdienne ou le psoriasis.

Ainsi ce test dispose d’une vocation préventive, optimisatrice, et pallie certains cas d’errance thérapeutique : c’est un véritable outil diagnostique proposé ici, notamment pour le contrôle des symptômes lorsque la pathologie est incurable. Cela nous permet notamment de rechercher le candidose, un type de mycose intestinale. On peut déceler ce que l’on nomme une « signature microbiotique », pour les atteints de la maladie de Crohn ou d’autres troubles inflammatoires du tube digestif, c’est-à-dire une absence significative de certaines bactéries et une grande quantité d’autres. Cet outil est donc essentiel à l’appréhension d’énormément de choses différentes.

 

Au niveau des pistes de traitement qui pourront donc en résulter, à quoi peut-on s’attendre ?

Elles consisteront en une régulation du microbiote : il s’agit de trouver un équilibre sain entre les différents types de bactéries présentes dans nos organismes. On va rédiger une sorte de catalogue de leur présence et constitution, pour ensuite tenter de moduler le microbiote en question : cela passe par la nourriture à privilégier ou à éviter, par des antibiotiques naturels ou médicamenteux…

 

Le microbiote constitue-t-il une discipline médicale à part ?

Il s’agit véritablement d’un outil, qui s’incorpore dans beaucoup de spécialités. Tout de même, certaines unités de grands CHU (Centres Hospitaliers et Universitaires), notamment à Paris, s’y consacrent avec des laboratoires de greffe fécale par exemple.

Une vraie place croissante lui est réservée dans la recherche moderne, dans les hôpitaux universitaires ou au sein d’études privées. Il peut même servir dans le cadre de pratiques paramédicales : pour les diététiciens, les naturopathes… J’insiste donc à nouveau sur ce terme « d’outil », qui demeure très récent : c’est une investigation continue puisque nous en savons aujourd’hui tant et si peu à la fois. Cela participe grandement aux innovations si enthousiasmantes à l’œuvre aujourd’hui !

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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