Vendredi 3 décembre 2021
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Rencontre du docteur Laure Tourame, le nouveau visage de la Maison Médicale

Par Laurent Colin | Publié le 20/06/2021 à 23:45 | Mis à jour le 20/06/2021 à 23:45
Le docteur Laure Tourame pose lors d'une interview

Si certains Français quittent Londres, d’autres continuent d’arriver pour s’y installer. C’est le cas de Laure Tourame, médecin généraliste à la Maison Médicale et en charge du département microbiote. Une jeune femme brillante qui a choisi Londres parmi toutes les capitales européennes.

 

Laure, quel est votre parcours ?

Je suis née à Marseille, et c’est ma ville de cœur. Une grande partie de ma famille y est encore installée et exerce dans le domaine médical, d’où ma vocation et mon choix de carrière. J’ai grandi à Paris où j’ai effectué quasiment toute ma scolarité, pour finir diplômée de la faculté de médecine de la Sorbonne.

 

Après votre diplôme, vous êtes tout de suite partie à l’étranger ?

Oui, je me suis mariée et suis partie vivre en Ouganda. Pendant quatre ans, j’ai exercé une double activité. Je travaillais à la fois dans un cabinet médical privé où je recevais des patients expatriés et des locaux et j’étais également le médecin référent de l’Ambassade de France à Kampala, la capitale. J’ai aussi exercé dans des hôpitaux ruraux comme bénévole. Cela a été une période très enrichissante.

Pouvoir voyager offre l’opportunité de découvrir de nouvelles cultures et d’apprendre en permanence, humainement, mais aussi professionnellement. C’est une chance, et peut-être encore plus lorsqu’on est médecin. J’ai rencontré des praticiens ougandais, chinois, allemands… qui m’ont beaucoup appris. La façon dont on aborde la maladie, la guérison, les traitements, la mort, la vie est tout à fait différente dans les autres pays. Cette expérience m’a aussi permis de diagnostiquer et de traiter des maladies absentes en France et en Europe. J’ai appris à faire avec ce que j’avais et à soigner avec très peu de choses.

 

Quand êtes-vous arrivée à la Maison Médicale de Londres ?

Fin 2020, en qualité de médecin généraliste tout d’abord, puis avec la mission de mettre sur pied le département microbiote, un domaine pionnier et vraiment fascinant. Pour faire simple, il s’agit de l’étude de l’ensemble des micro-organismes qui peuplent notre tube digestif. En effet, notre intestin est désormais perçu comme notre deuxième cerveau. Les dérèglements de notre microbiote intestinal ont des liens significatifs avec de nombreuses maladies ou troubles dont l’obésité, les cancers, l’anxiété, la fatigue récurrente, les allergies, les irritations de la peau…

 

Qu’est-ce qui a déclenché votre intérêt pour l’étude du microbiote ?

C’est issu d’une rencontre avec le professeur Vicenzo Castronovo lors d’une conférence à Paris. Nous avons eu des échanges passionnants et j’ai tout de suite tenu à approfondir ce sujet avec l’aide de ce scientifique reconnu qui est aussi mon professeur et mon mentor. Par ailleurs, depuis plusieurs années, le nombre de publications sur le microbiote augmente de façon exponentielle. A n’en pas douter, le microbiote sera un outil thérapeutique pour nombre de spécialités médicales et va nous permettre de soigner les maux de nombreuses personnes en nous attachant à la source du problème et non à guérir juste ce qui se manifeste par des symptômes. Cela permet donc à la médecine de franchir un palier.

 

En plus du volet thérapeutique, il y a aussi un volet préventif ?

Exactement. Déjà, le microbiote peut jouer un rôle dans le renforcement immunitaire de nos patients. Nous nous adressons ainsi directement aux personnes qui ne sont pas vraiment malades, mais qui se soucient de leur santé. Le but ici est de s’intéresser au microbiote pour être dans une santé optimale. Nous avons besoin de micro-nutriments pour faire fonctionner notre microbiote et nous disposons de nombreuses armes pour le réguler. Il s’agit notamment des probiotiques (complément de bactéries et de levures) et des prébiotiques (aliments riches en bonnes bactéries).

Il est agréable de voir l’engouement suscité par le nouveau département créé au sein de La Maison Médicale de Londres, avec des patients qui tiennent à faire tester leur microbiote et qui après les premières semaines de thérapie en voient déjà les effets bénéfiques.

 

Qu’est-ce qui vous séduit le plus à Londres ?

Je suis nouvelle ici, alors je ne connais pas encore bien la ville. Néanmoins je suis fan de l’architecture, des monuments et de Hyde Park où j’aime me promener. C’est très différent de l’Ouganda. Là-bas, la nature, les parcs naturels et la vie sauvage sont époustouflants, mais il est un peu plus difficile de marcher dans la capitale.

 

Et qu’est-ce qui vous manque le plus dans la capitale britannique ?

La nourriture française me manque, surtout en qualité de fan du microbiote ! Le plat que je pourrais tout de suite manger serait un bon aligot, une purée de pomme de terre avec de la tomme de Savoie. La douceur de vivre de la Méditerranée, les cigales, la mer me manquent aussi parfois.

 

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