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Rencontre avec Cristina Leroy, l’ophtalmologue de la Maison Médicale

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 11/01/2022 à 21:01 | Mis à jour le 11/01/2022 à 21:08
Photo : Cristina Leroy - La Maison Médicale
Cristina Leroy

La Maison Médicale, toujours dans sa démarche d’accessibilité pour les Français du Royaume, a récemment recruté le Dr Cristina Leroy, ophtalmologue. Elle nous raconte son parcours médical hors du commun.

 

Comment entamez-vous votre parcours en médecine et ophtalmologie ?

Étant d’origine roumaine, j’ai effectué mes études de médecine à Cluj-Napoca. Mon aventure commence lors de ma 5ème année : je fais partie de la génération Erasmus. Je suis ainsi parti étudier un an en France, au CHU d’Angers, entre 2009 et 2010.

Je suis retournée en Roumanie pour ma 6ème année, en position désormais de passer les Examens Classants Nationaux, en candidat libre. J’ai obtenu un excellent classement, décrochant le meilleur résultat parmi les candidats libres de l’Union Européenne. Cela m’a permis de choisir l’ophtalmologie à Lille, une spécialité particulièrement prisée. Un challenge d’autant plus difficile que le système médical français est différent du nôtre, quand bien même j’en avais eu un aperçu grâce à mon expérience Erasmus.

Même si cette période marque les débuts effectifs de ma pratique clinique, je me souviens encore du moment solennel du prêt de mon serment d’Hippocrate en première année de médecine… C’était aussi en quelque sorte à ce moment que je me suis sentie devenir médecin. Dès la deuxième année, je commençais les gardes aux urgences bénévoles. J’avais envie d’être au plus vite au lit des patients. Tout ça pour dire que mes débuts ne datent pas seulement du concours!

Mon projet de devenir ophtalmologue se précisait en 4ème année avec un stage dans la spécialité. Mais le choix ne pouvait se confirmer qu’à partir de l’annonce du classement au concours.

 

Où avez-vous exercé après l’obtention de votre diplôme ?

Je commençais donc mon internat en ophtalmologie en 2011, à Lille. J’y demeure cinq ans, avant de poursuivre une autre année de master en neurosciences, partagée entre Paris et Genève. En 2017, je termine mon internat et passe ma thèse de Docteur en médecine. S’ensuivent deux ans de spécialisation supplémentaire en maladies et chirurgie de la rétine. En janvier 2020, je m’installe en cabinet libéral ; Ophtalmologie Sébastopol, toujours à Lille, après douze années d’études auxquelles s’ajoutent les deux ans de post internat. Deux de mes associés avaient déjà exercé à la Maison Médicale. Je me suis également inscrite récemment à un diplôme d’expertise médicale. En fait, les études de médecine ne s’arrêtent jamais ! Mon métier me permet d’apprendre en continu, ce qui est pour moi une source de motivation au quotidien.

À Lille, j’ai rencontré Valérie Derville qui m’a proposé de rejoindre la Maison Médicale à Londres, une opportunité que j’ai décidé de saisir. J’ai rejoint l’établissement dès décembre 2020 pendant le confinement. Il m’a fallu persévérer, à cause du contexte pandémique, étant donné que je continue aussi d’exercer à Lille simultanément.

 

Qu’en est-il des différences potentielles entre l’ophtalmologie en France et au Royaume-Uni ?

Il n’y en a pas vraiment, en ce sens que je pratique mon métier de la même manière que ce soit à Lille ou à Londres. Je considère en effet la médecine comme étant universelle.

L’essentiel étant que j’essaye d’être le plus accessible possible : rassurant ou écoutant mes patients sans jugement, avec empathie. La vue est l’un des sens les plus importants pour la plupart d’entre nous, à tel point qu’en tant que praticien nous sommes confrontés à beaucoup d’angoisses de la part des patients. Ce qui me différencie est peut-être ce soupçon d’humanité supplémentaire que j’investis dans chaque relation avec mes patients, qui en outre de rechercher d’excellents soins techniques ont besoin d’être accompagnés et rassurés. A ce titre la relation médecin-malade est enrichissante pour les deux parties.

J’ajouterais également qu’au Royaume-Uni, nous sommes soumis à des évaluations annuelles pour notre formation continue, qui traitent de la réalisation de nos objectifs mais vérifient aussi notre santé physique et mentale. Je trouve ça intéressant dans la mesure où ces critères sont en effet essentiels à notre pratique et permettent aussi de nous motiver davantage ! « Ai-je réalisé mes objectifs cette année ? Suis-je moi-même en assez bonne santé pour prodiguer les meilleurs soins possibles ? ». J’estime qu’il s’agit d’une démarche très pertinente.

 

Au sein même de l’ophtalmologie, existe-t-il des sous-spécialités ? Que préférez-vous ?

Oui, dans mon cas les pathologies médicales et chirurgicales de la rétine, mais aussi l’ophtalmologie générale et l’ophtalmologie pédiatrique. Il est essentiel de donner une facilité d’accès aux enfants dans le sens où entre 3 et 6 ans, la maturation visuelle est très sensible et sert au développement de tous les apprentissages. Savoir examiner un enfant requiert une expertise toute particulière que j’apprécie apporter. Ainsi, je suis présente à la Maison Médicale deux samedis par mois, sur rendez-vous au secrétariat ou via le site internet.

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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