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CHRISTIAN KAMTCHUENG - Une course contre le temps

Par Lepetitjournal Londres | Publié le 23/01/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

Analyste quantitatif le jour, écrivain la nuit, Christian Kamtchueng est un jeune français débarqué à Londres en 2007 qui ne s'arrête jamais. Il y a quelques mois, il sortait son deuxième roman : Les Errances Affectives - L'âme soeur. Portrait


Qui n'a jamais rêvé un jour d'avoir plusieurs vies ? Sans être un super-héros et sans super pouvoir, Christian Kamtchueng s'y attèle déjà depuis quelques années. C'est d'ailleurs presque "maladif", avoue-t-il. "C'est vrai que j'ai du mal à ne rien faire. Cela énerve souvent ma mère et ma femme. On m'a souvent dit que j'avais plusieurs vies", explique le jeune homme de 28 ans. Pas étonnant que les gens le lui rappellent?Christian est analyste quantitatif dans une grande banque anglaise, professeur à l'école de commerce ESSEC, vient de créer sa société et a sorti en septembre dernier son deuxième roman. Il vit pourtant sur la même planète que vous et moi. Ses heures font bien 60 minutes, ses journées durent 24 heures et ses semaines comportent bien sept jours.

Un écrivain compulsif


Même s'il reconnait que ce n'est pas toujours facile, il n'arrêterai pour rien au monde. "C'est dur, je travaille beaucoup, je dors peu mais c'est un vrai plaisir. J'ai toujours eu tendance à faire plusieurs choses à la fois", raconte-t-il. Pour rien au monde ? peut être pas. Il reconnait qu'il adorerait pouvoir vivre uniquement de l'écriture. "Quand j'étais à la fac, j'écrivais tout le temps et partout", se souvient Christian. Dans les transports, aux intercours et même pendant les cours, le jeune matheux est inarrêtable. C'est d'ailleurs pendant cette période qu'il écrit le premier tome des Errances Affectives, sorti il y a trois ans. Des centaines de feuilles volantes qui petit à petit ont fait corps pour donner un roman qui offre à ses lecteurs un narrateur perdu qui subit le hasard et les circonstances plus qu'il ne fait de choix. Dans le deuxième volet, L'âme Soeur, le jeune auteur a choisi de placer son narrateur face à un amour qu'il aurait aimer enterrer. "C'est une histoire qu'on a tous connu un jour. L'histoire d'un amour oublié qui ressurgit avec ses doutes, ses interrogations et son goût d'inachevé", décrit Christian.


Une passion pour le dessin et les matières scientifiques

Une question se pose. Comment un romancier est-il amené à travailler à la City ? À moins que ce ne soit l'inverse?Comment un banquier se met-il à la littérature ? Peu importe. Tout commence à Brétigny dans l'Essonne. C'est là que Christian grandi, avec sa mère et son petit frère. Brillant à l'école, le jeune garçon a un imaginaire débordant. Il dévore les Asterix et commence à dessiner avec un certain talent. Il met en scène ses camarades de classe dans ses dessins. Pourtant, ceux sont les matières scientifiques qui le passionnent : les maths, la physique, la chimie. À la fin du collège, il arrête le dessin et commence à écrire. "Je ne pouvais plus dessiner toutes les histoires que j'imaginais. J'étais limité. Avec les mots par contre, tu peux tout raconter", explique-t-il. Après un bac scientifique acquis en 2001, Christian aurait pu aller en classe préparatoire et suivre la voie royale mais il décide d'aller à la fac. "Je voulais vivre. J'avais d'autres passions comme le dessin, l'écriture, le sport?" explique -t-il. À l'époque, il veut travailler dans les télécoms et réussit à être accepté dans la deuxième meilleure école d'ingénieur. Mais Christian ne comprend pas. "J'étais le meilleur à la fac. Pourquoi ne pas avoir été accepté dans la première?", se souvient-il. Pas satisfait, le jeune homme décide de rejoindre un master de probabilités et finance. "Ce n'était pas du tout dans mes plans de m'orienter vers la finance. J'ai subi les circonstances, comme le narrateur de mon premier roman", s'amuse-t-il. Il travaille ensuite 9 mois dans une banque française à Paris puis reçoit une offre "difficile à refuser" pour rejoindre une banque allemande installée à Londres. Il débarque dans la capitale britannique en 2007. Entre temps, son premier roman est déjà écrit?Cinq ans plus tard, Christian travaille dans une grande banque anglaise, a créé sa propre société dans le milieu de la finance, est le plus jeune professeur à dispenser des cours à l'ESSEC et court après le titre d'"analyste quantitatif de l'année 2012"?Rien ne semble pouvoir l'arrêter.


Son imaginaire, la base de tout

Mais on ne voit pourtant toujours pas très bien le lien, entre jongler avec les chiffres la journée et se plonger dans les lettres la nuit. Pour Christian, c'est pourtant évident. Le lien, c'est son imaginaire. "En finance comme en littérature, l'innovation et la créativité sont importants. Dans mon quotidien, dans mes papiers de recherche ou dans ma nouvelle société, je cherche en permanence un nouveau moyen de résoudre un problème concret. J'ai donc besoin de cette créativité autant que dans mes romans", décrit Christian. D'imagination c'est certain, il n'en manque pas. "J'ai au moins dix livres qui sont finis dans ma tête, explique-t-il. J'ai le début, la fin et le squelette. Mon seul problème, c'est que je n'ai pas le temps de les écrire. Du coup, je n'ai plus assez de place dans ma tête pour stocker mes nouvelles idées. Ça m'embête, je n'ai pas envie d'arriver à 40 ans et d'avoir des regrets".

Il finira d'ailleurs pas l'avouer. Ce qui le fait courir contre le temps, ce qui le fait avancer si vite, dans toute les directions, c'est cette peur de ne pas réussir à tout accomplir. Cette peur de ressentir ce goût d'inachevé?

Simon Gleize (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 23 janvier 2012

Le blog de Christian Kamtchueng : http://ckamtchueng.canalblog.com/


Liens commerciaux vers les ouvrages de Christian Kamtchueng :


Les Errances Affectives La Fin d'un Don Juan

http://www.amazon.fr/Errances-Affectives-Kamtchueng/dp/275630834X

Les Errances Affectives l'Ame Soeur
http://www.amazon.fr/gp/product/2756319163/ref=pd_lpo_k2_dp_sr_1?pf_rd_p=471061593&pf_rd_s=lpo-top-stripe&pf_rd_t=201&pf_rd_i=275630834X&pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&pf_rd_r=1CCFNZE80TJP374HATYA

Les voeux de Monsieur Dockins
http://www.thebookedition.com/les-voeux-de-monsieur-dockins-christian-kamtchueng-p-39959.html

Retrouvez l'interview de Christian Kamtchueng :

LONDRES ET VOUS- Christian Kamtchueng: "Londres, une agréable surprise"
Christian Kamtchueng, c'est un peu les chiffres et les lettres: d'un côté sa vie d'analyste quantitatif dans les tours de la City, de l'autre une passion pour l'écriture qui remonte à l'adolescence. Il y a quelques mois, il a publié Les Errances affectives, son premier roman. Londres est donc autant un tremplin professionnel qu'une source d'inspiration pour son imagination romantique

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