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FRASSA – "Le ras le bol fiscal, marqueur de la présidence Hollande"

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 21/10/2015 à 22:00 | Mis à jour le 22/10/2015 à 07:33
Photo :  (Photo : M.J Sobral)

Christophe-André Frassa, sénateur, représentant les Français établis hors de France depuis 2008 est depuis toujours un homme politique proche du RPR auquel il adhère en 2002, puis de l´UMP et aujourd´hui des "Républicains". Il est venu au Portugal  à la rencontre des Français résidant à Lisbonne et en Algarve ce 16 et 17 octobre afin de présenter «Les Républicains» et de lancer les "Républicains-Portugal".

Christophe-André Frassal a occupé au long de ces dernières années plusieurs fonctions, entre autres, celle de membre de la Commission des finances et des affaires économiques de 1994 à 2000 au sein de l´Assemblée des Français de l´Étranger. Il a également participé activement aux travaux de réforme du Conseil supérieur des Français de l'étranger jusqu'à sa transformation en Assemblée des Français de l'étranger en 2004. Il est président du groupe interparlementaire France-Monaco, président délégué pour le Cameroun du groupe interparlementaire France-Afrique centrale, vice-président du groupe interparlementaire France-Russie et vice-président du groupe interparlementaire France-Bulgarie.
Lepetitjournal/Lisbonne a été à sa rencontre lors de sa venue afin de lui poser quelques questions sur ce déplacement.
 (Photo : M.J Sobral)

Lepetitjournal/Lisbonne : Pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes politiques qui sont à l´origine  du parti les "Républicains" et nous dire pourquoi ce récent changement d´appellation?
Christophe-André Frassa : C'était une décision nécessaire et une façon de tourner la page, d'injecter de la cohérence. Cela a permis également de changer nos statuts. La création de l'UMP marquait la fusion entre l'UDF et le RPR. Nous cherchons avec ce changement à créer une nouvelle formation qui rassemblera de la droite jusqu'au centre tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la République.
Mais au-delà de l'impression recherchée du changement, l'adoption d'un nouveau nom permet de rassembler une équipe.
Les Républicains, ce n'est pas seulement le nouveau nom d'un parti. C'est le cri de ralliement de toutes celles et de tous ceux qui souffrent de voir la République et ses valeurs reculer tous les jours et qui veulent opposer à ce recul un refus déterminé.
 
En quoi les Français, selon vous, sont-ils intéressés par les idées et causes portées par les Républicains?
"Les Républicains", c'est le nom de celles et de ceux qui refusent d'abandonner à d'autres la maîtrise de leur propre destin, et qui veulent vivre de leur intelligence, de leur travail, de leur mérite sans être redevables à personne.
La stigmatisation par François Hollande et son gouvernement des Français établis hors de France, accusés d'être des privilégiés et des exilés fiscaux a fait beaucoup de mal à l'image de nos compatriotes qui en ont beaucoup souffert. Cette confusion a accru la défiance de nos concitoyens à l'égard de l'exécutif.
Le changement promis par les socialistes en 2012 s'est révélé être une saignée fiscale qui a tué la croissance, a fait exploser le chômage à un niveau record et a anéanti nos engagements européens en matière de comptes publics. Les Français de l'étranger ressentent les effets néfastes de cette politique.
Le mouvement Les Républicains lancera une grande consultation pour que chacun puisse contribuer au programme que nous présenterons en 2017. Je veux que le maximum de citoyens Français qui vivent à l'étranger participe à l'élaboration de notre projet. Mon souhait est que nous puissions proposer au futur Président de la République un programme à mettre en ?uvre dans les 100 premiers jours du quinquennat et qui réponde spécifiquement aux attentes de nos compatriotes de l'étranger.
 
La section UMP Portugal est donc maintenant devenue celle des "Républicains"?
Oui, il existait déjà au Portugal une section de l'UMP à Lisbonne représentée par Laurent Goater qui fait un travail remarquable et qui est aussi conseiller consulaire depuis 2014. Cette section est devenue celle des Républicains bien entendu. Par ailleurs, des élections internes auront lieu d'ici quelques mois pour élire les nouveaux responsables des sections de la Fédération des Français de l'étranger. Nous sommes en train, avec l'ensemble des délégués et chargés de mission de la Fédération d'établir les modalités de ces élections internes.
 
Quels sont les projets dans le cadre des élections 2017 ?
J'ai été nommé Délégué national des Républicains chargé des Français de l'étranger en juin dernier avec comme feuille de route de préparer la levée en masse de nos compatriotes partout dans le monde pour préparer l'alternance de 2017.
Mon ambition est de rendre fier nos compatriotes qui font rayonner la France partout dans le monde et qui sont une source de richesse et de diversité inestimable pour la France et pour nos concitoyens de métropole.
J'ai pris la tête d'une Fédération qui compte 12 parlementaires, plusieurs milliers d'adhérents et des centaines d'élus partout dans le monde qui sont autant de relais sur le terrain que je compte solliciter activement pour préparer l'alternance et arriver en 2017 avec une liste concrète des réformes à mener pour nos compatriotes qui se trouvent à l'étranger.
Pour l'élection présidentielle, des élections primaires de la droite et du centre sont inscrites dans les nouveaux statuts des Républicains. Elles auront lieu les 20 et 27 novembre 2016 et je m'emploie à ce que tous les Français de l'étranger qui se reconnaissent dans nos valeurs puissent y prendre part.
 
Vous avez fait des déplacements auparavant à Lisbonne et à Porto ?
Depuis mon élection en 2008, je me suis rendu deux fois au Portugal en janvier 2011 et en mars 2012. Je me suis à chaque fois rendu à Lisbonne et à Porto.
 
Après Lisbonne pourquoi avoir choisi l'Algarve pour faire ce lancement des "Républicains" ?
Des Français ont choisi de s'installer en Algarve et j'ai souhaité connaître leurs attentes et leurs motivations, car il me semble qu'elles sont un peu distinctes de celles des Français installés ailleurs au Portugal. Et puis cela fait plusieurs fois qu'ils me sollicitent pour que je me rende auprès d'eux. C´est enfin chose faite.
 
Comment voyez-vous l'arrivée massive de Français depuis un an et demi environ, qui viennent chercher une résidence fiscale au Portugal ?
Je ne sais pas si ces Français dont vous parlez viennent chercher une résidence fiscale au Portugal. Une très petite minorité des Français s'exile pour des raisons économiques et fiscales. Je pense surtout qu'ils y viennent pour le climat et la qualité de vie.
Mais en effet, la fiscalité incitative du Portugal et les prix de l'immobilier en sont certainement pour quelque chose.
Quoi qu'il en soit, les Français sont très appréciés au Portugal, ils se sentent bien accueillis et cette communauté peut contribuer à maintenir au Portugal l'importance de notre langue, qui avait beaucoup souffert notamment face à l'anglais.
 
Comme représentant de la Nation, quel est votre avis sur ce phénomène?
Le ras le bol fiscal sera le marqueur de la présidence Hollande. Parmi ces nombreux français qui viennent au Portugal, beaucoup sont des retraités. Ces mêmes retraités qui subissent depuis 2012 un véritable matraquage en matière de fiscalité et des ponctions sur l'épargne. Mais beaucoup d'autres sont aussi des entrepreneurs, c'est d'ailleurs ceci qui a fait que le Lycée Français à Lisbonne a gagné plus d'une centaine de nouveaux élèves cette année, ce ne sont pas les enfants des retraités !
 
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Propos recueillis par Custódia Domingues et Maria Sobral (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) jeudi 22 octobre

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