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Le Sénégal ouvre un Musée des civilisations noires, idée lancée il y a 50 ans

Par AFP | Publié le 05/12/2018 à 00:50 | Mis à jour le 05/12/2018 à 09:54
musee civilisations noires Dakar

Le Sénégal inaugure jeudi à Dakar un musée consacré aux "civilisations noires" depuis l'aube de l'humanité, un projet "panafricain" concrétisé un demi-siècle après son lancement par Léopold Sédar Senghor, au moment où progresse l'idée d'une restitution au continent de son patrimoine culturel.

A l'image de ce Musée des Civilisations noires (MCN), la réhabilitation ou la construction de musées modernes à travers l'Afrique bat en brèche l'argument du manque d'infrastructures adaptées, souvent opposé aux demandes de restitution, que des pays comme la France affirment vouloir faciliter.

Sept ans après le début des travaux sous le président Abdoulaye Wade (2000-2012), le ruban sera coupé vers 10H00 (GMT et locales) par son successeur Macky Sall.

D'une architecture monumentale inspirée notamment de la case ronde de Casamance, une région du sud du Sénégal, le MCN fait face au Grand Théâtre, aux portes du quartier administratif et des affaires de Dakar.

D'une surface de 14.000 m2, il pourra accueillir 18.000 pièces, allant de vestiges des premiers hominidés, apparus en Afrique il y a plusieurs millions d'années, aux créations artistiques actuelles, selon son directeur, Hamady Bocoum.

Sa construction et son aménagement ont été financés par la Chine pour plus de 30 millions d'euros.

Sans dévoiler précisément les objets qui seront exposés lors de l'ouverture, M. Bocoum a évoqué la présence de crânes, d'outils en pierre, de peintures, sculptures et autres masques.

"C'est un projet panafricain. Il y aura une facette de chaque partie de l'Afrique", a-t-il souligné, en assurant que le musée pourra accueillir des oeuvres d'autres pays du continent moins bien dotés.

afp

L'ouverture du MCN est une "contribution importante au tissu des musées en Afrique de l'Ouest", a abondé le Béninois Alain Godonou, responsable du patrimoine pour la nouvelle Agence de promotion du tourisme de son pays, interrogé par l'AFP.

Cette inauguration intervient alors qu'un rapport remis le 23 novembre au président français Emmanuel Macron, rédigé par deux universitaires, la Française Bénédicte Savoy et le Sénégalais Felwine Sarr, préconise de faciliter les restitutions d'oeuvres aux anciennes colonies.

- Capacité de conservation -

Une évolution saluée par le ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly. Si les responsables français décident "de restituer définitivement, nous trouverons des moyens pour récupérer ces œuvres", a-t-il dit la semaine dernière.

"S'ils ont décidé une autre forme de restitution, dépôt ou prêt, nous sommes disposés à trouver des solutions avec la France", a ajouté M. Coulibaly, se disant prêt à en récupérer le plus grand nombre possible, sans pouvoir l'estimer.

Le MCN "revendique le statut de musée moderne" où "l'on peut maîtriser le température et l'humidité dans chacune des salles", a précisé M. Bocoum.

"Le Bénin arrive aussi", avec l'ouverture prévue en 2020 de quatre musées modernes dans des villes historiques, a souligné Ousmane Aledji, chargé de mission auprès de la présidence de son pays, auquel M. Macron a annoncé dès la remise du rapport la restitution de 26 oeuvres réclamées par Cotonou.

Ce type de projets "vient aussi vider de leur contenu un certain nombre de petits débats sur l'Afrique", a estimé M. Aledji, en référence aux doutes exprimés par certains experts sur les conditions d'accueil de ces oeuvres.

"Si ces biens appartiennent aux Africains, de quoi les Occidentaux se mêlent de savoir si l'Afrique sait les garder ou non?", s'est interrogé avec véhémence le recteur de l'Université Cheikh Anta-Diop de Dakar, tenant son nom d'un intellectuel sénégalais qui a contribué à réhabiliter l'apport des populations noires à la culture mondiale.

afp

"La question est fausse, puisque la réponse est déjà donnée par les Africains qui les ont produits et gardés pendant des siècles dans d'excellentes conditions hors des musées", a ajouté la semaine dernière le recteur de la principale université du Sénégal, Ibrahima Thioub.

L'idée d'un musée des civilisations noires avait été lancée par le poète Senghor, premier président sénégalais (1960-1980), lors du premier Festival mondial des arts nègres en 1966 à Dakar.

Un demi-siècle plus tard, le MCN voit le jour et "tout le monde y sera, pour démontrer notre ouverture et notre capacité à dire aux autres: +Nous existons, mais nous existons avec vous et en compagnie de vous+", a affirmé le ministre de la Culture.

Le MCN veut mettre en exergue "la contribution de l'Afrique au patrimoine culturel et scientifique", souligne M. Bocoum. Mais son objectif est "surtout de se projeter" vers l'avenir. "Nous n'allons pas rester dans la contemplation", a-t-il promis.

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Kriss mer 05/12/2018 - 15:47

"Si ces biens appartiennent aux Africains, de quoi les Occidentaux se mêlent de savoir si l'Afrique sait les garder ou non?", …. recteur de l'Université Cheikh Anta-Diop de Dakar, Les faits rien que les faits SVP ! Léopold Sédar Senghor, sénégalais français premier Africain à siéger à l'Académie française, homme de double culture dont la française a été l’instigateur d’une décision aussi formidable pour exposer aux yeux de l’humanité le fantastique patrimoine de l’Afrique ! C’est un fait ! Depuis plus d’un demi siècle que les pays d’Afrique ont gagné leurs indépendances, pourquoi une initiative de SENGHOR un sénégalais français et non tous les despotes enrichis et autres politiciens passés au pouvoir ou même honnêtes fortunés hommes d’affaires africains ? SENGHOR mais pas un seul riche autochtone n’a donc engagé un centime pour une telle action internationale en faveur de son continent ! Et aujourd’hui les Chinois sont ici les seuls investisseurs ! Mais où vont les fortunes d’Afrique alors ? Dans les musées en Suisse? C’est un fait ! Pour qui connait l’Afrique et en a parcouru ses territoires aux phénoménales identités culturelles, tous avons ressenti une profonde amertume en se voyant proposer pour quelques sous des œuvres d’art ou autres objets du patrimoine ! Or aujourd’hui comme hier tout reste inchangé tout est à vendre du haut en bas de la société civile africaine. La faute a qui ? C’est un fait ! Seule culpabilité des Africains ? Loin de là bien sur, mais cela se passe sur son territoire, ses lois, ses juridictions etc..! Ainsi ce continent est toujours pauvre aujourd’hui et donc encore loin d’être sûr ! Qui est alors coupable de cet état de choses? Les Africains sont pourtant fortement inclus dans toutes les Instances internationales qui nous dirigent et tiennent de grands discours mais bras croisés ! N’ont-ils démontré qu’il leur avait été impossible de protéger une ethnie de génocide et on voudrait nous faire croire qu’un patrimoine le sera ? Tant qu’il existera des acheteurs à l’extérieur et des escrocs à l’intérieur en parallèle d’inefficaces Instances Internationales « diplomatiquement » mafieuses par omission, les œuvres seront plus en sécurité en Occident ! C’est un fait ! Aujourd’hui encore toutes ces Instances internationales font du business politique de budgets diplomatiques donnant-donnant bien matériels et toujours sonnants, pas de l’humanitaire et moins encore donc de protection d’un patrimoine culturel de l’humain qui demande une haute estime de l’idée humaine et de l’éthique qui s’y greffe ! Tout le système international en est bien loin et la pauvre Afrique pillée par elle-même aujourd'hui! C’est un fait ! Pourquoi est-ce ainsi ? Toutes ces Organisations ferment les yeux sur tous les trafics en Afrique et l’Unesco en charge de patrimoine est la pire organisation ! Elle ne distribue que des énormes budgets en prébendes diplomatiques rien de plus ! Elle a ainsi souvent l’outrance de maintenir « patrimoine de l’Humanité » des monuments qui ont été pillés, voire les œuvres anciennes esquivées mais ne peut pas par diplomatie, intervenir ! Ainsi des babioles dignes de supermarchés sont partout exploitées d’un juteux commerce de « fake art » sous estampille « patrimoine de l’humanité » ainsi avalisées Unesco organisme ainsi payé par l’humanité gogo pour touristes bobo . C’est un fait Ainsi bien ou mal et sur le principe c’est mal on peut en convenir, mais par les faits aujourd’hui malheureusement c’est encore irréfutable ! La gangue internationale diplomatique en place participe au système par omission donc corruption morale et il est fort heureux que les musées occidentaux aient collectés, réunis, répertoriés, analysés, étudiés par des personnes de l'énorme qualité humaine d’un Senghor qui seules sont au-dessus des bassesses de l’humanité pour maintenir « à l’abri » son patrimoine et participer à valoriser l’Afrique. Non seulement elle n’en est malheureusement encore incapable elle-même mais pires sont les Instances Internationales qui nous disent l’inverse des faits. Les millions de visiteurs des musées européens chaque année sont un fait bienfaisant pour l'Afrique d’une part et d’autre part demandez-donc tout simplement aux rhinos ce qu’ils en pensent avant qu’ils ne disparaissent car ils ne vivent pas en Occident me semble-t-il? Voilà de quoi les Occidentaux se mêlent car simplement et malheureusement les faits sont là !

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