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ZOHR - Le miracle énergétique égyptien

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 07/09/2015 à 13:00 | Mis à jour le 07/09/2015 à 16:45

L'annonce la semaine dernière de la découverte d'un gigantesque gisement au large de l'Egypte par la compagnie pétrolière italienne ENI a secoué les investisseurs, traditionnellement friands de bonnes nouvelles concernant les hydrocarbures. Le gisement qui couvre près de 100 km2, permettrait l'exploitation de quelque mille milliards de mètres cubes de gaz naturel, soit le deuxième plus grand site méditerranéen après celui d'Hassi R'Mel en Algérie.

Cette découverte doit permettre théoriquement l'autonomie en gaz de l'Egypte pour plusieurs décennies, ainsi si l'on compare avec le site d'Hassi R'Mel, près de trois fois plus important et exploité depuis 1961, cela représente près de 50 ans de consommation domestique. 

Vers l'autosuffisance énergétique

Concrètement, qu'est-ce que cela change pour l'Egypte ? Il faut bien se rendre compte que le gisement ne sera pas exploité immédiatement et la mise en production des milliards de mètres cubes devrait n'être effective que d'ici 2018 voire 2020. Durant ce laps de temps, l'Egypte continuera à importer son énergie, et son gaz en particulier, l'Egypte ayant notamment signé un contrat d'approvisionnement avec la société russe Gazprom sur 5 ans. 

Mais c'est un pas supplémentaire dans la stratégie de diversification et d'autonomie menée par le gouvernement de Sisi pour la consommation énergétique égyptienne.

La signature récente, toujours avec la Russie, d'un contrat d'équipement pour une centrale nucléaire, ainsi que les projets de champs photovoltaïques à Alexandrie et en Haute-Egypte sont les témoignages directs et concrets d'une volonté de sortir l'Egypte de sa dépendance aux importations pour sa consommation d'énergie (Russie, Norvège, Emirats notamment), alors que le pays exploite lui-même déjà des ressources gazières et pétrolifères.

 Tanker GNL - (c) WikiCommons

Une bonne nouvelle aussi pour les finances publiques, puisque les importations en gaz représentent près de 3 milliards de dollars annuels, soit 1% du PIB égyptien, et que les cours du pétrole, en baisse, oblige l'Etat égyptien à rembourser près de 50% des redevances d'exploitations négociées avec les compagnies pétrolières, sans compter le coût des importations (1 milliard de dollars pour le seul mois de mars 2015).

 

L'attrait d'investissements nouveaux

"Oil refinery at lake Mariout" by Tungsten - (c) WikiCommons

Alors que la conférence de Sharm El Sheikh avait déjà permis à l'Egypte de lever près de 21 milliards de dollars de contrats d'investissements en prospection d'hydrocarbures, la nouvelle de la découverte du gisement de Zohr devrait attirer de nouveaux investissements de la part des grandes firmes pétrolières mondiales, alors que l'on estime à encore près de 1300 milliards de mètres cubes les gisements non identifiés, essentiellement en offshore.

De nouveaux investissements devraient également porter sur la distribution et la transformation de ce gaz, via la construction de pipelines et de raffineries.

C'est en tout cas ce que laisse penser Patrick Allman-Ward, PDG de Dana Gas, une compagnie pétrolière/gazière émiratie : « Ce genre de nouvelles a tendance a susciter une certaine frénésie chez les industries des hydrocarbures, et rien que cette découverte devrait suffire à générer de nouveaux investissements directs. D'autant que le gouvernement a récemment montré sa bonne foi en réglant ses arriérés vis-à-vis des concessions pétrolières. »

Quentin Boissard (www.lepetitjournal.com/le-caire) - Lundi 7 septembre 2015

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