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TELEVISION - Une vedette qui gêne...

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 08/07/2010 à 00:00 | Mis à jour le 13/11/2012 à 15:53

Hessa Hilal est une mère de famille saoudienne en passe de devenir une vedette de la poésie au grand dam des auteurs de ces fatwas surréalistes

Photo de l'émission - Hessa sur le plateau

Le poète d'un million, une émission de la télévision publique d'Abu Dhabi suivie avec passion dans les pays du Golfe, ainsi qu'un peu partout dans le monde arabe.
Le principe de l'émission est simple : donner la parole aux poètes en langue dialectale du Golfe, dans ce qui est connu sous le nom de poésie ?nabatie?, très appréciée par les Bédouins comme par les citadins.

Hessa Hilal, la quarantaine et portant le voile intégral, s'est attirée les foudres des milieux islamistes pour ses poèmes qui critiquent les religieux conservateurs et défendent la mixité.
Chose qui lui a causé, selon le quotidien saoudien Al-Watan, des menaces de mort sur des sites de la toile qui relaient parfois des messages d'Al-Qaïda.
Allant très loin, l'un des participants à un forum de discussion a même demandé qu'on lui procure son adresse, selon le journal.

Le combat de Hessa...
?Evidemment, mon mari, les membres de ma famille et moi même avons peur, mais je n'ai pas été directement menacée?, a affirmé la poétesse à l'AFP.
La femme téméraire qui n'a pas fait d'études universitaires, a affirmé vouloir par ses poèmes "combattre l'extrémisme qui est devenu un phénomène extrêmement inquiétant".
De même, dans un poème intitulé "le chaos des fatwas", qu'elle a récité lors du concours télévisé, elle clame que "le mal vient de ces fatwas" dont elle a comparé les auteurs à "des monstres portant des ceintures", dans une allusion aux ceintures explosives des kamikazes.

Certains ont estimé que la poétesse attaquait notamment le religieux saoudien Abdel Rahman al-Barrak, dont une des fatwas appelle à tuer toute personne encourageant la mixité.

Pourtant, cette Saoudienne a assuré à l'AFP qu'elle ne le visait pas en particulier, tout en affirmant qu'elle était pour la mixité sur les lieux de travail, ?car cela est nécessaire pour la vie quotidienne?.

Et de préciser, non sans inquiétude: "Nous n'entendons plus que le terme «Haram » dans les interventions des Cheikhs et cet extrémisme dangereux n'est plus limité à l'Arabie saoudite ou aux pays du Golfe, il a atteint d'autres pays comme l'Egypte, la Jordanie et la Syrie".


Houda BELABD (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) jeudi 8 juillet 2010

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