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Égypte : La France accusée d’appuyer la répression depuis 2013

Par Adrien Filoche | Publié le 04/07/2018 à 17:30 | Mis à jour le 04/07/2018 à 17:30
Photo : Abdel Fattah Al-Sissi, président égyptien
France, Egypte, répression, armement

Dans un rapport publié en début de semaine, quatre ONG ont accusé l’État français ainsi que huit entreprises hexagonales d’avoir ‘’participé à la sanglante répression égyptienne des cinq dernières années’’. 

Le coup d’État de juillet 2013 orchestré par Abdel Fattah Al-Sissi marque pour la société civile égyptienne le début d’une vague de répression sans précédent. La Commission égyptienne pour les droits et les libertés a recensé plus de 2.800 disparitions forcées entre juillet 2013 et juin 2016. Depuis 2013, 60.000 prisonniers politiques ont terminé derrière les barreaux selon une étude de l’Arabic Network for Human Rights Information (AHNRI). Un durcissement de l’État égyptien dans lequel la France aurait sa part de responsabilité, selon les ONG.

Dans un rapport publié lundi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), le Cairo Institute for Human rights studies (CIHRS), la Ligue des droits de l’homme (LDH) et l’Observatoire des armements (OBSARM) ont dénoncé le rôle coupable de la France dans ‘’la répression sanglante et les violations constantes des droits humains menées par les autorités égyptiennes depuis 2013’’. 

 

La France, 1er exportateur européen d’armes lourdes vers l’Égypte

‘’Officiellement au nom de la lutte contre le terrorisme, ce soutien de la France à l’Égypte s’est renforcé au cours des dernières années, allant de pair avec des impératifs commerciaux’’, décortique le rapport. Logiciels informatiques permettant la mise en place d’une surveillance de masse ‘’orwellienne’’, armes et machines légères et lourdes : en cinq années, la France a livré un véritable arsenal responsable d’avoir ‘’écrasé le peuple égyptien’’. 

De 2010 à 2016, les exportations d’armes de guerre vers l’Égypte montent en flèche et passent de 39,6 millions à 1,3 milliards d’euros. Les ventes décollent en réalité dès 2013, avant qu’un partenariat stratégique France-Égypte ne soit relancé en 2015. L’Hexagone s’était alors engagée à fournir un large éventail de nouveaux équipements à la pointe de la technologie : 24 Rafale, un satellite de télécoms militaire ou encore quatre corvettes Gowind…

Somme totale des contrats pour l’industrie d’armement française entre 2014 et 2016 : 6,83 milliards d’euros. 

‘’Au moins huit entreprises françaises, encouragées par les gouvernements successifs, ont profité de cette répression pour engranger des profits records’’, dénoncent les ONG. Ainsi, malgré l’utilisation démontrée des Renault Trucks Défense à des fins de répression urbaine -impliqués notamment dans la dispersion sanglante de Rabaa Al Adawiya-, l’industriel a continué de livrer plus de 200 véhicules blindés à l’Égypte entre 2012 et 2014. 

 

Transparence et cessation des activités 

Les ONG réclament ‘’la cessation immédiate de ces exportations mortifères’’, accompagnée de ‘’la création d’une commission parlementaire permanente chargée du contrôle des exportations françaises de matériel militaire et de surveillance’’. Pour combler ces failles de transparence, les organisations demandent aussi ‘’la publication détaillée des données concernant les commandes, livraisons, refus de licences, montants et types de matériels, des informations sur la question des ventes d’armes’’. Quelques jours après la publication du rapport, une enquête judiciaire a été ouverte par le Parquet de Paris pour ‘’complicité dans des actes de torture et des disparitions forcées’’.  

D’un autre côté, les ONG ont aussi appelé les autorités égyptiennes à la cessation des arrestations arbitraires en masse, des exécutions extra-judiciaires, ou encore du recours à la torture. Reconduit au pouvoir en mars 2018 avec plus de 90% des voix, difficile d’imaginer le « général » Al Sissi desserrer l’étau sur son pays.  

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
1 Commentaire (s)Réagir
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Giel358 ven 06/07/2018 - 08:34

Je préfère une répression sanglante - même soutenue par la France ou n'importe quel autre pays - que de voir ces fous de Dieu lâchés dans le Monde civilisé. Les "frères musulmans" ne sont rien d'autres que des terroristes en devenir.

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