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L'anesthésiste soupçonné d'empoisonnements sous contrôle judiciaire, le parquet fait appel

Par AFP | Publié le 16/05/2019 à 11:05 | Mis à jour le 18/05/2019 à 10:05

Satisfaction de la défense, choc des victimes présumées: l'anesthésiste Frédéric Péchier, mis en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnements de patients, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, une décision contestée par le parquet qui a fait appel vendredi.

L'annonce en plein milieu de la nuit de jeudi à vendredi, au terme de plusieurs heures d'audience à huis clos, a suscité l'étonnement: désormais mis en examen pour 24 cas d'empoisonnements - avec neuf personnes décédées - entre 2008 et 2016, le médecin de 47 ans a été laissé libre sous contrôle judiciaire par la juge des libertés et de la détention (JLD).

Les avocats de l'anesthésiste ont immédiatement affiché leur satisfaction: "C'est une décision juste et opportune", a réagi auprès de l'AFP l'un d'entre eux, Me Randall Schwerdorffer.

Déjà interdit de pratiquer sa profession depuis sa précédente mise en examen en 2017, le médecin qui reste présumé innocent a désormais également interdiction de se rendre à Besançon et dans la commune voisine où il réside.

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Selon une source proche du dossier, ce praticien originaire de la Vienne souhaite s'installer chez ses parents, près de Poitiers. Frédéric Péchier a suivi son cursus de médecine à Poitiers où son père exerce comme médecin réanimateur au CHU.

- "Profondément choqués" -

Quelques heures après l'annonce de son maintien en liberté, le procureur de la République à Besançon Etienne Manteaux, qui avait requis son placement en détention provisoire, a indiqué que le parquet allait "bien évidemment" faire appel de cette décision. Ce qu'il a effectivement fait vendredi, a indiqué le procureur dans la soirée.

Une date d'audience devrait désormais être fixée dans les jours qui viennent.

Du côté des victimes présumées du Dr Péchier, son maintien en liberté est difficile à accepter.

"Nous sommes profondément choqués (par) cette décision, compte tenu des charges qui pèsent aujourd'hui contre" le médecin, a déclaré lors d'une conférence de presse Sandra Simard, l'une des sept victimes présumées initialement identifiées de M. Péchier et vice-présidente de l'association Avapolvi, qui rassemble les victimes ou leurs proches.

La jeune femme de 38 ans est restée cinq jours dans le coma après un arrêt cardiaque survenu à l'occasion d'une opération du dos en janvier 2017. "Aujourd'hui, j'ai des lésions au cerveau, donc des séquelles cognitives, des problèmes de mémoire et de concentration", a-t-elle expliqué.

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Conseil des parents de la plus jeune victime présumée, un enfant de quatre ans en 2016, opéré des amygdales, qui a survécu à deux arrêts cardiaques, Me Jean-Michel Vernier a évoqué la "colère" de ses clients qui se sont constitués parties civiles "vendredi matin".

Mis en examen en 2017 pour sept premiers cas d'empoisonnement - dont deux mortels -, déjà laissé libre sous contrôle judiciaire, M. Péchier a été une nouvelle fois mis en examen jeudi pour "empoisonnements sur personnes vulnérables", sur 17 autres personnes, dont sept décédées.

Le médecin n'a été brièvement aperçu qu'au début de l'audience devant la JLD. Il est apparu l'air fatigué et les cheveux hirsutes. Son épouse, ses deux filles et ses parents étaient alors présents.

Pour le procureur de la République à Besançon, le médecin est "le dénominateur commun" des événements indésirables graves (EIG) relevés par le corps médical entre 2008 et 2016. L'anesthésiste, lui, nie en être responsable.

- "Equilibrismes intellectuels" -

"Le procureur veut dire que, au fond, Péchier ferait l'affaire comme coupable (mais) il ne suffit pas d'être un coupable possible", a rétorqué sur BFMTV l'un des avocats du médecin, Me Jean-Yves Le Borgne.

Les 17 nouveaux cas d'empoisonnements présumés, retenus parmi 66 "événements indésirables graves" (EIG) suspects signalés, concernent des patients âgés de 4 à 80 ans, alors qu'ils étaient opérés. Ils ont pour la plupart été victimes d'arrêts cardiaques au bloc.

Le mode opératoire, selon le procureur, consistait "à polluer des poches de soluté de réhydratation ou des poches de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium".

M. Péchier, jamais pris sur le fait, est au coeur d'"un faisceau d'éléments concordants", a assuré le magistrat. Selon lui, ces EIG s'inscrivaient "dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens" de la clinique Saint-Vincent de Besançon.

Cette nouvelle mise en examen intervient après une enquête préliminaire de deux ans, durant laquelle quatre corps ont été exhumés fin 2018.

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