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La Nasa n'est pas inquiète après l'échec de la fusée Soyouz

Par AFP | Publié le 12/10/2018 à 11:20 | Mis à jour le 13/10/2018 à 06:35

La Nasa se voulait apaisante vendredi au lendemain de l'échec du lancement d'une fusée Soyouz et du retour agité sur Terre de ses deux occupants, vantant ses "merveilleuses relations" avec la Russie, qui s'est dit de son côté persuadée que le prochain lancement ne sera pas retardé.

Au cours d'une conférence de presse à Moscou, l'administrateur général de la Nasa, Jim Bridenstine, a vanté les "merveilleuses relations" entre la Russie et les Etats-Unis en matière de coopération spatiale, ajoutant "tout à fait s'attendre" à ce que la Nasa continue d'utiliser les Soyouz russes pour envoyer ses astronautes sur l'ISS.

Jim Bridenstine, qui était à Baïkonour pour le lancement du Soyouz devant amener Nick Hague et Alexeï Ovtchinine sur la station orbitale, s'est également félicité de ce que "tout s'est bien passé après l'échec de la fusée", les deux hommes revenant indemnes sur Terre.

L'échec de ce lancement à cause d'un problème de moteur, deux minutes après le décollage, pose toutefois de nombreuses questions quant au planning de l'ISS alors que les fusées russes Soyouz sont, depuis l'arrêt des vols des navettes spatiales américaines en 2011, le seul moyen d'y acheminer et de rapatrier des spationautes.

Le directeur exécutif de l'agence spatiale Roskosmos, Sergueï Krikaliov, a certifié que l'ISS pouvait fonctionner en étant inoccupée mais a prévenu que les Russes feraient "tout ce qui est possible pour que ça n'arrive pas".

"Nous allons essayer d'avancer légèrement le départ du prochain vaisseau habité", normalement prévu pour le 20 décembre, a-t-il ajouté. Sergueï Krikaliov a précisé que le prochain décollage d'un vaisseau-cargo de ravitaillement Progress, prévu le 31 octobre, pourrait en revanche être retardé.

Nick Hague et Alexeï Ovtchinine devaient s'envoler pour une mission de six mois dans la Station spatiale internationale mais l'incident les a contraints à un atterrissage d'urgence.

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Ils en ont été quittes pour quelques émotions et des sensations fortes: les deux hommes ont été soumis à une pression de plus de 6-g après l'éjection de leur capsule et avant d'atterrir dans les steppes du Kazakhstan, plus de 400 kilomètres à l'est de Baïkonour, où ils ont été récupérés.

"Les gars vont voler à nouveau, obligatoirement", a affirmé sur son compte Twitter Dmitri Rogozine, le directeur de Roskosmos, évoquant un vol "pour le printemps prochain". Vendredi, les deux hommes ont rejoint la Cité des Etoiles, le centre d'entraînement des cosmonautes près de Moscou.

Suite à cet échec, tous les lancements ont été suspendus et une enquête criminelle a été ouverte par les autorités russes.

En attendant, les trois occupants actuels de l'ISS -- l'Allemand Alexander Gerst, l'Américaine Serena Aunon-Chancellor et le Russe Sergueï Prokopiev -- resteront seuls sur l'ISS plus longtemps que prévu.

Il n'est pas exclu que la mission des trois occupants actuels, qui devait s'achever en décembre, soit prolongée, a indiqué jeudi l'Agence spatiale européenne (ESA).

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Un problème potentiel est que les batteries du vaisseau Soyouz devant les ramener sur Terre, déjà amarré à l'ISS, ont une limite d'environ 200 jours: cela repousse à janvier la date limite pour un retour sur Terre. Depuis novembre 2000, l'ISS a toujours été habité.

Les premiers résultats de la commission d'enquête créée par Roskosmos sont attendus pour le 20 octobre, a précisé vendredi l'agence spatiale russe.

- Série d'échecs -

L'échec du lancement, dernier épisode d'une longue série de déboires pour l'industrie spatiale russe, a eu lieu en présence de Jim Bridenstine, présent à Baïkonour où il avait rencontré pour la première fois Dmitri Rogozine.

Après leur retour mouvementé sur Terre, Nick Hague et Alexeï Ovtchinine ont été rapatriés en avion sur Baïkonour, d'où l'agence Roskosmos avait publié des photographies des deux hommes embrassant leurs proches sur le tarmac puis prenant un repas.

Vendredi, le président américain Donald Trump s'est dit "pas du tout inquiet" par le fait que Washington ait besoin de la Russie pour acheminer des hommes dans l'espace.

Si les incidents sur des vols habités sont rarissimes, le dernier remontant à 1983, cet échec reste embarrassant pour la Russie qui a connu plusieurs revers retentissants ces dernières années. En décembre 2016, un vaisseau-cargo Progress devant ravitailler l'ISS s'était ainsi consumé dans l'atmosphère suite à un problème de moteur de sa fusée Soyouz.

Vendredi, la presse russe s'inquiétait d'ailleurs des conséquences de ce nouvel échec. "L'image de l'industrie a subi un dommage important", relève ainsi le quotidien économique Vedomosti, qui titre en une sur "l'effondrement du Soyouz".

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Jeudi, la Nasa et l'ESA avaient eux aussi exprimé leur confiance dans les fusées Soyouz, dont la conception remonte à l'ère soviétique. Johann-Dietrich Wörner, le directeur général de l'Agence spatiale européenne, a d'ailleurs souligné "l'extrême fiabilité" du Soyouz dans une lettre envoyée à Roskosmos.

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Le Mag

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