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DECOUVERTE - Malacca aux vingt villages 3/3

Par Lepetitjournal Kuala Lumpur | Publié le 08/12/2015 à 20:30 | Mis à jour le 08/12/2015 à 00:20

Et ainsi se finit notre promenade dans Malacca... 

Kampung Johol  

Au XXème siècle, le c?ur de ce quartier était le Nouveau Marché Municipal, à l'architecture de brique et de fer, construit en 1924 pour remplacer le vieux marché du XIXème siècle situé au début de Jalan Bunga Raya). Dans les années 80, il a été à son tour démoli et déplacé de l'autre côté de la rivière avec la nouvelle station de bus et de taxi de Malacca. La passerelle piétonne en fer qui mène à Kampung Ulu est toujours utilisée. Les nombreux magasins qui vendent des vêtements, des sarongs en batik et des tissus sont encore une réminiscence du passé. Aujourd'hui, un nouveau centre commercial est en construction à la place du Vieux Marché.

 

Kampung Morten 

Les habitants obligés de céder la place au Nouveau Marché Municipal ont été en 1922 relogés en amont de la rivière dans un nouveau village nommé d'après F.J. Morten, le percepteur britannique de la taxe foncière qui fut chargé de l'opération. Le Kampong Baru ou Nouveau Village qui compte une centaine de parcelles est toujours aujourd'hui un quartier vivant, avec un surau (petit lieu de culte musulman), une école coranique, une aire de jeux pour les enfants, un terrain pour jouer au sepak takraw (qui se joue avec une balle de rotin)... La plupart des habitants sont des fonctionnaires. C'est un ensemble harmonieux dans un méandre de la rivière, avec la Villa Sentosa à la proue, accueillant des visiteurs du monde entier.

 

Kampung Bunga Raya 

Le nom de Bunga Raya apparaît sur les plans de la ville de l'époque hollandaise, allant du Bastion Victoria (récemment mis à jour en face de l'église Saint François-Xavier) à l'église Saint Pierre. C'est l'église de la communauté catholique eurasienne depuis 1710. Plus anciennes, au bord de la rivière, se trouvent les ruines de l'Hermitage du Rosaire, construit vers 1700.

De l'autre côté de la rue, le Majestic, qui fut la demeure d'un riche marchand chinois, est redevenu un des grands hôtels de la ville, mais en face, City Park, un ancien parc d'attractions, est en pleine phase de destruction et de transformation.

Depuis le début du XXème siècle, Bunga Raya est la véritable « Chinatown » de Melaka. Les activités commerciales continuent à l'animer: tissus et chaussures, médecine traditionnelle et liqueurs, bijouteries, hôtels et magasins d'alimentation ... On peut encore admirer la façade Art déco du Malacca Bazaar, ce fut le premier centre commercial de la ville.

 

Little India

L'épicier est indien par excellence, comme le magasin « trou dans le mur » où l'on achète les magazines de Bollywood, la chique de bétel et le bindi (petit point pour le front), comme les magasins qui vendent des guirlandes de fleurs pour les dieux, et les sari (une longue bande de tissu). Les couleurs, les musiques et les odeurs d'épices sont, sans doute possible, indiennes. Little India (La petite Inde) est une zone commerciale située à l'extrémité, respectivement de Jalan Bendahara et de Jalan Temengong.

Mais il faut regarder au delà pour découvrir la diversité de la diaspora indienne. La majorité de la communauté vient de l'Inde du Sud. Ils sont tamouls, malayalam et telugu. Du Sri Lanka sont venus les Cinghalais. Le plus grand temple de la ville, Sri Subramaniam Thuropathai Amman Alayam à Gajah Berang a été construit par les Tamouls. Du Nord, vinrent les Gujarati, leur  temple est à Ujong Pasir. Certains sont jaïns et se réunissent à Banda Kaba. Les Sikhs du Pendjab prient dans leur gurdwara (temple) sur Jalan Temengong. Et les musulmans indiens ont un surau sur Jalan Banda Kaba, où une prédicatrice, Hawa Beewi est enterrée.

 

Kampung Bukit China 

L'élément dominant ici est bien sûr une colline (Bukit). Le nom suggère également une connexion chinoise. D'après Sejarah Melayu ou les Annales malaises, c'est l'endroit choisi pour loger la suite de la princesse Hang Liu qui venait épouser le Sultan Mansur Shah au XVème siècle. C'est pour elle qu'un puits fut creusé.

Au XVII siècle, la colline devint le cimetière de la communauté chinoise. Avec plus de 12 000 tombes, c'est une véritable Cité des Morts, avec quelques pierres tombales malaises aussi et au nord, un cimetière chrétien (Bukit Serindit).

Au nord de Jalan Munshi Abdullah s'étale le Kampung malais, autour de la mosquée Al-Hamideen datant du XIXème siècle et de son cimetière.

Au sud se trouve le village chinois entourant le marché Seng Eng qui contribue à garder cette partie de la ville très animée.

 

Kampung Bandar Hilir  

De Kampung Banda Kaba à Kampung Sanjuang, au pied de la colline Saint Jean (Bukit Pipit), s'étend une succession de villages, hier, au bord de mer, mais qui s'en trouvent aujourd'hui séparés par de nouveaux développements.

Si le Padang (Esplanade) a été remplacé par un centre commercial (Dataran Palhawan), Bandar Hillir est toujours occupé par les étudiants. C'est le Quartier latin de Melaka, avec la plus forte concentration d'écoles: École du Sacré-C?ur, Ecole primaire de Bandar Hilir, Institution Saint Francis, le Lycée de Melaka (High School), l'Ecole du Couvent et Pay Fong, une école primaire chinoise.

Lorong Praya (la ruelle de la Plage) témoigne encore, même si la mer a disparu, avec sa petite chapelle de l'Assomption, de la présence des pêcheurs portugais.

Ensuite, on arrive au Kampung Bandar Hilir, autour de la mosquée An-nur Hilir, construite par un javanais en 1820. Plus loin se trouve le marché et la prison Henry Gurney, qui vient de rouvrir ses portes comme un musée, digne d'une visite. 

Finalement, sur la colline Saint Jean, les Hollandais ont construit un fort à l'emplacement d'une église portugaise pour défendre le flanc sud de la ville. 

 

Kampung Ujong Pasir 

Ujong Pasir est à l'extrémité sud de la ville. C'est là où se trouve aujourd'hui le village portugais. Ce village est né à la fin des années 20, des efforts de deux prêtres catholiques, un Français et un Portugais. Ils réussirent à obtenir de l'administration britannique, un lopin de terre. Leur but était de fournir des logements abordables aux membres les plus modestes de la communauté. On peut encore y voir un certain nombre des modestes maisons d'origine.

Aujourd'hui, la plupart des enfants d'Albuquerque ont abandonné leur activité halieutique pour des entreprises plus rémunératrices, leur langue, le Cristang est en train de disparaître, mais la vitalité de leur foi catholique est encore visible avec l'ouverture d'une nouvelle chapelle. Sur la place, au milieu des restaurants, se trouve un petit musée. C'est pendant les fêtes du calendrier catholique qu'il faut rendre visite à cette communauté unique de Melaka.

L'anglais est en train de devenir la nouvelle lingua franca du monde moderne, le bahasa malaysia (langue malaisienne) est la langue nationale d'un pays jeune, et les  chinois abandonnent leurs dialectes pour parler le mandarin... Mais après plusieurs siècles de déclin, on parle encore trente-cinq langues aujourd'hui à Melaka.

Le commerce, l'histoire, les migrations, les langues, les religions... ont donné naissance à une mosaïque culturelle, qui rend Melaka unique. Plus que pour tout monument, il est probable que c'est pour ce patrimoine immatériel, intangible que Melaka mérite la visite et que l'UNESCO a jugé Melaka digne de devenir un site du patrimoine mondial.

 

Article et photos Serge Jardin - Du même auteur, à découvrir ou redécouvrir Malacca Style 

(www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) mercredi 9 décembre 2015

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1 Commentaire (s)Réagir
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Alice sam 21/12/2019 - 06:33

Bonjour. Je regarde votre journal depuis que je suis en Malaisie. J aimerai savoir si il y a 1 messe de Noel à Melaka?

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