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Les anciens élèves du lycée français se retrouvent et témoignent

Par Lucie Pech | Publié le 21/11/2017 à 23:15 | Mis à jour le 21/11/2017 à 23:15
Photo : ©Véronique O.
alumni école française jakarta

Dans le cadre de la semaine des Lycées français du monde, le LFJ a réuni le temps d’une soirée-débat une dizaine d’anciens élèves qui sont venus témoigner et raconter leurs années lycées à Jakarta devant un public nombreux d’élèves et de parents.

Mauvaise circulation oblige, ils arrivent en ordre dispersé : Nicolas, François, Myriam, Charlotte, Charles, Isabelle…sont tous des alumni, comme on dit maintenant. Ils se saluent d'une accolade ou d'un signe de la tête pour ceux qui sont déjà installés et l'on sent qu’ils ont un réel plaisir à se retrouver pour un soir sur les bancs de leur école. Pendant plus d'une heure ils vont répondre aux questions préparées par deux lycéennes en charge de l'animation du débat. 

"Le plus dur c'est le retour en France"

Les plus anciens se souviennent des déménagements successifs de l’établissement qui fut d’abord à Kemang dans les années 70 puis à Warung Buncit et enfin dans les locaux actuels de Cipete à partir de 1991. 
Nous n’avions pas de piscine et les classes étaient ouvertes dans le style balinais pour laisser passer l’air car nous n’avions pas de climatisation non plus” raconte Isabelle qui après avoir été mannequin, animatrice dans une radio FM, éditrice en chef du magazine Harper’s Bazar est maintenant Master of Ceremony grâce à sa parfaite maitrise de trois langues :  le français, l’anglais et le bahasa indonésien. “On utilisait même le bureau du proviseur le jour des contrôles car il n’y avait pas assez de place dans les classes” continue-t-elle amusée. 

lycée francais jakarta_alumni
©Véronique O.

Tous gardent un très bon souvenir de leurs années au LFJ qui s’appelait alors le LIF, sa taille humaine et surtout le mélange des langues et des nationalités en faisait un établissement familial où il faisait bon vivre. Pour Sébastien spécialiste en agro-foresterie : “le plus dur c’est le retour en France. Mon expérience au lycée de Jakarta m’avait transformé alors que mes anciens amis en Europe n’avaient pas bougé. Du coup je n’ai pas pu repartir après mon Bac en 2002 et j’ai même fait une 2e terminale au lycée allemand de Jakarta le temps pour moi de réfléchir à mon avenir.

Plusieurs d’entre eux témoignent de ce douloureux retour en France quand, le bac en poche, il faut s’intégrer à nouveau dans un pays où les repères ne sont plus les mêmes, où il fait froid et où il faut faire face à une certaine solitude sans parler des tâches domestiques... Alex avoue avec beaucoup de sincérité: “Le retour en France a été un véritable échec pour moi. Je n’étais plus apte à vivre entouré uniquement de Français. Après un an difficile j’ai choisi de repartir pour étudier en Australie, à Perth plus précisément car c’était la seule ville australienne proposant un vol direct pour Jakarta !“ S’en suivent des études de graphic designer et web developper, il est aujourd’hui chef d’entreprise à Jakarta. 

Myriam, elle, est restée plus longtemps en France. Elle a tout d’abord étudié le droit à Bordeaux pendant un an avant de se tourner vers la communication. Après 2 ans en tant que chargée de communication pour une société en France elle est également de retour. “La petite taille de notre lycée était socialement un réel avantage par contre nous n’avions pas beaucoup de ressources pour choisir notre orientation. J’ai finalement trouvé ma voie mais je pense que je n’ai pas été suffisamment conseillée pendant ma terminale. Aujourd’hui je reviens avec le souhait de développer un projet hôtelier à Sumbawa.

“Le lycée français est une ouverture sur le monde”

Durant la soirée les anciens élèves ont aussi souvent évoqué la qualité du système scolaire français. “Nous recevons une bonne formation au lycée français car nous avons l’obligation d’étudier plusieurs disciplines et sommes ainsi moins spécialisés que les étudiants qui sortent des écoles anglophones.” explique François diplômé des Arts et Métiers qui travaille pour SAIPEM Construction à Jakarta et est papa d’une petite fille élève au LFJ. 
Pour Etienne de la promotion 2008 qui a fait une école de commerce à Paris et est aujourd’hui le manager du restaurant Die Stube à Jakarta, “le lycée français est une ouverture sur le monde.” Certains alumni sont même tellement satisfaits de ce système scolaire qu'ils sont aujourd'hui parents d'élèves inscrits au LFJ. Alors nous laisserons le mot de la fin à Isabelle qui est également l'épouse de David rencontré au Lycée français dans les années 90 "Nous avons reçu une très bonne formation ici ainsi qu'une expérience internationale qui nous a ouvert les portes des universités du monde entier. Nous voulons offrir la même chance à notre fille qui est aujourd'hui élève en CE1au LFJ"

Et c’est ainsi que le temps d’une soirée un groupe d’anciens élèves a pu exprimer son attachement à  la langue française, à son ancien établissement scolaire et à Jakarta. La bonne humeur n’était pas feinte à les voir se retrouver pour un verre de l’amitié à l'issue du débat autour du buffet dressé en leur honneur. 
 

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Lucie pech

Lucie Pech

De Casablanca à Jakarta en passant par Alger, Istanbul, Phnom Penh, Colombo ou Nairobi, l’expatriation est ma 2e nature. Passionnée de voyages et de rencontres. J'aime partager mes découvertes sur notre gigantesque et trépidante ville de Jakarta
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