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BOROBUDUR – La magie, le mystère, la magnificence et la majesté !

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 13/08/2017 à 22:10 | Mis à jour le 17/08/2017 à 09:21

Borobudur est un lieu incontournable à visiter en Indonésie, se situant à 40 km de Yogyakarta sur l'ile de Java. Le mieux pour le découvrir étant de l'approcher doucement, nous vous proposons de partir à sa rencontre comme nous l'avons fait cet après midi de novembre avec un groupe de 18 guides bénévoles des musées de Kuala Lumpur, Singapour et Jakarta, en commençant par un thé sur la terrasse du luxueux hôtel Amanjiwo, caché dans la nature et surplombant Borobudur.

La vue est à couper le souffle, Borobudur au loin, la brume, les rizières, la jungle, tout vous prépare au chemin qui vous mènera à la dernière terrasse de Borobudur car oui Borobudur est avant tout un chemin spirituel que tout bouddhiste cherche à accomplir.

Borobudur est un ensemble bouddhique situé à proximité du volcan Merapi dans la plaine fertile du Kedu surnommée le jardin de Java. Le temple a été construit en alignement avec deux autres petits temples Candi Pawon et Mendut. C'est là, d'ailleurs que chaque année, lors d'une nuit de pleine lune - cette année le 11 mai 2017 - que se déroule  le pèlerinage appelé Waisak commémorant la naissance, la mort mais surtout l'éveil de Siddharta Gautama (bouddha historique) qui atteint la plus haute sagesse pour devenir Bouddha Shakyamuni.

Construit entre 760 et 830, Borobudur a vu le jour sous la dynastie des Sailendra (branche issue de la puissante dynastie Sriwijaya, basée à Palembang  Sumatra, 9ème -14ème) pratiquant le bouddhisme. Les Sailendra ont remplacé sur Java centre les Sanjaya qui eux étaient hindouistes. Néanmoins la religion n'était pas une source de conflit à l'époque. Le pouvoir et la souveraineté de ces familles reposaient avant tout sur des convictions politiques et sociales. Ces sociétés étaient d'ailleurs très organisées et développées.

La colline naturelle qui accueille le temple, construit avec de la roche volcanique appelée andésite, a été agrandie artificiellement. Borobudur, c'est plus d'un million de blocs de pierre laborieusement apportés sur la colline, puis taillés et sculptés par de grands artistes. Il s'agit en fait d'un sanctuaire dédié à bouddha mais aussi un lieu de pèlerinage.  Ce n'est pas un temple au sens propre mais un mandala géant en 3 dimensions. Le mandala est un support de méditation bouddhiste, de plan carré sur lequel s'inscrit un cercle. Il représente la cosmologie bouddhiste appelée le Grand véhicule (Mahayana), la terre par la forme carrée et le ciel par la forme circulaire.

Borobudur est divisé en 5 terrasses. Sur ces terrasses on trouve 2670 bas-reliefs, 1460 sont narratifs et 1212 sont décoratifs. La surface totale des bas-reliefs est de 2500 m2. Le pèlerin doit parcourir 5 km afin de les lire tous. La première terrasse appelée le Kamadhatu, le monde des désirs, est cachée, et fût découverte en 1885. Une partie seulement est visible sur le coté sud-est. Ces panneaux illustrent le monde des désirs, des rétributions et les turpitudes de la vie terrestre. Pourquoi la base a-t-elle été recouverte ? Pour des raisons de doctrine ou simplement pour renforcer la structure de l'édifice, le mystère reste entier.

En accédant au premier étage par l'escalier situé à l'est, comme le pèlerin, on tourne à gauche, et on découvre de chaque coté 2 séries de reliefs, on est au Rupadhatu, le mode des formes. Sur le coté droit, partie haute, les reliefs représentent la vie de Bouddha appelée lalitavistara. La lecture des panneaux se fait de droite à gauche en circulant dans les sens des aiguilles d'une montre. Les reliefs de la partie basse ainsi que sur les garde-corps racontent les vies antérieures de Bouddha. Ces reliefs sont les plus aboutis et les mieux conservés.

Le pèlerin s'achemine graduellement jusqu'à la cinquième terrasse, en marchant le long de toutes ces terrasses, les murs des garde-corps sont hauts, créant ainsi un sentiment d'isolement dans ce parcours.

Sur chaque face du temple, nous trouvons des bouddhas, au nombre de 432. En fonction de l'orientation, les différentes positions des mains des bouddhas (mudra) illustrent les enseignements de la vie de Bouddha ; ils ont une valeur mystique et servent de rituels.

Coté est : Bhumisparsa Mudra : geste de prise de la terre à témoin.

Coté sud : Varada Mudra : geste de don.

Coté ouest : Dhyana mudra : geste de méditation.

Coté nord : Abhaya mudra : geste d'absence de crainte.

Enfin, l'arrivée aux terrasses circulaires symbolise le monde sans forme l'Arupdhatu. On y trouve des stupas, forme de cloche avec à l'intérieur des statues de bouddha. Puis l'ultime stupa, point ultime du cheminement, mesure 11 m de haut. Lors de la restauration en 1907, le stupa a été trouvé vide et éventré, y  avait-il quelque chose à l'intérieur ? Encore un mystère de Borobudur.

La symbolique des nombres 

La cohérence de Borobudur apparaît dans son ordonnancement (différents niveaux, différents mondes) mais l'un des aspects les plus fascinants se trouve dans la correspondance des chiffres.

8 est le chiffre sacré, il symbolise l'éternité :

 -5 plates-formes carrées et 3 circulaires 8 au total.

-108 bouddhas par face

- les terrasses rondes contiennent 32, 24,16 stupas multiple de 8.

- lorsque le méditant accède au pied de la grande stupa il est passe devant 504 bouddhas et lorsqu'il sera redescendu 1008, il aura récité les mantras (prières) à l'aide de son rosaire 2 fois qui contient 54 perles?

La redécouverte de Borobudur 

A-t-il été abandonné 1000 ans ? On ne connaît pas la raison, mais on sait qu'avant l'an 1000 le pouvoir local s'est déplacé vers l'est probablement en raison d'irruptions volcaniques.

Borobudur est resté endormi et protégé sous une importante végétation et des cendres volcaniques jusqu'en 1814 lorsque Thomas Stamford Raffles alors gouverneur de Java (1811-1816) le découvre et le met à jour. 200 hommes seront nécessaires pendant 2 mois afin de nettoyer le temple de la végétation et d'y avoir accès. Borobudur n'a en fait jamais été oublié, la population locale connaissait le temple, de nombreuses histoires et légendes l'entouraient?

La première restauration de Borobudur a eu lieu entre 1907 et 1911 sous l'égide du gouvernement hollandais. Une deuxième grande restauration eut lieu de 1975 à 1982 sous l'égide du gouvernement indonésien et de l'UNESCO. En 1991, Borobudur fut déclaré patrimoine mondial par l'UNESCO.

Borobudur nous plonge dans un univers spirituel comme par magie. C'est sans aucun doute la 8ème merveille du monde? Nous vous invitons à y venir tôt le matin (en semaine si possible), loin du tumulte, de la foule et de la chaleur afin de ressentir le cheminant du pèlerin et cette sensation de sérénité.

Borobudur se découvre et se redécouvre?

Colette Felenbok, Brigitte Crosnier-Bernard, Valérie Pivon pour l'Indonesian Heritage Society (www.lepetitjournal.com/jakarta) lundi 14 août 2017

(Première diffusion mardi 17 janvier 2017)

Photos prises par les guides bénévoles francophones

Détails pratiques :

Première étape de la découverte : le levé du soleil sur Borobudur, le plus simple étant de dormir à l'hôtel Manohara situé sur le complexe du site avec un accès direct et privé. Vous pourrez apprécier la magie et la beauté du lieu.

Hôtel Manohara situé sur le site, tél 293 788 131 (il vaut mieux téléphoner, ils ne sont pas très fiables pour une réservation en ligne)

Hotel Amanjiwo pour le thé au moins- tél : 293 788 333 ? amanjiwo@aman.com

Hôtel Plataran : situé magnifiquement sur un autre versant avec une très belle vue sur Borobudur, y déjeuner dans une vielle maison coloniale ou sous le pendopo vous ravira. Tél : 293 788 888 ? info@plataranborobudur.com

 

 

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