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L'INFO PRATIQUE DE LA SEMAINE – Bientôt le grand départ ? Deux familles d'Istanbul témoignent

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 23/06/2013 à 22:02 | Mis à jour le 24/06/2013 à 05:09

 

Pour certains de nos lecteurs, la fin de l'expatriation approche à grands pas. Outre la tristesse ou la joie de quitter Istanbul vers d'autres cieux, il y a toute l'organisation du déménagement à préparer. Comment envisagez-vous ce grand événement ? Dans la sérénité ou bien dans l'angoisse ? Comment vous y préparez-vous ? Nous avons interviewé deux familles françaises sur le départ. N'hésitez pas à apporter votre contribution dans les commentaires sous l'article.

Emmanuelle et Gilles Galludec

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Combien de temps avez-vous vécu à Istanbul ? Où partez-vous maintenant ?

Emmanuelle Galludec : Après des mois de négociations entre nous deux, mon mari a réussi à me persuader de le suivre en Turquie, ce dont je ne voulais pas entendre parler. Je ne voulais plus expérimenter de nouveaux tremblements de terre après le tsunami de 2004. Un poste s'offrait à lui. J'ai accepté de voir Istanbul trois jours pour qu'il me fiche la paix... et nous sommes restés 4 ans! C'est moi qui ai souhaité en partir, car je ne supporte que les très grosses chaleurs et restais enfermée tout l'hiver à Istanbul. Mon mari a obtenu un nouveau poste à Bangkok et nous nous y installons en septembre prochain. Nous envisageons même de passer notre retraite en Thaïlande. Je ne pourrai plus vivre en France, où la mentalité nous interpelle, après 25 ans passés à l'étranger, sur tous les continents.

Si vous avez déjà fait des déménagement dans le passé, comment se sont-ils passés ? Avez vous rencontré des difficultés particulières ?

Lors de notre premier départ (en Afrique), j'ai tout simplement failli mourir (ce n'est pas une façon de parler). Le pilote refusait de m'embarquer tant mon état était impressionnant. La police de l'air pensait que mon mari m'emmenait de force et me suivait partout pour me protéger (rires). Je faisais des crises de panique épouvantables, vomissant comme une bête en permanence. Elevée comme une fille unique et très fusionnelle avec ma famille (pour elle et moi, un voyage aventureux, c'était 50 km, une fois par an), je ne pouvais la quitter sans déchirement. Ajoutez à cela la phobie de l'avion et vous imaginez le tableau ! Aujourd'hui, c'est en avion que je suis la plus rassurée et je voyage en permanence dans tous les coins du globe avec la plus totale"zenitude". Ce prochain déménagement sera le 24ème depuis que je connais mon mari.

Pour ce déménagement, comment vous organisez-vous ?


La famille Galludec (photo personnelle)

Des mois à l'avance ! Plus vous vous y prenez tôt, mieux cela se passe. Déménager est considéré comme générant plus de stress qu'un divorce... Lorsque les enfants nous suivent, nous visitons le pays si cela est possible, nous visionnons des documentaires, contactons des gens sur place, apprenons la langue, parlons des craintes de chacun, rien n'est tabou... Sur le plan logistique, j'ai une liste de points à vérifier avec les déménageurs, un rétro-planning à 90 jours, puis une semaine, une liste de démarches à effectuer, de gens à prévenir... Le jour J, la maison est prête: les meubles restants sont recouverts de Post-It, chacun d'entre nous "gère" une équipe de déménageurs avec un inventaire très détaillé qu'il doit rédiger, ainsi que la pièce où le carton est destiné, à quoi il ressemble (plat, long, petit...) et son numéro (penser à noter le numéro sur chaque côté). Je tape cela sur informatique après, en surlignant ce dont on aura vite besoin (draps, machine à expresso...). Ainsi, je peux vous retrouver en une fraction de seconde un dictionnaire, une casserole ou une lampe torche (attention: penser à enlever les piles avant d'emballer). J'ai une grille avec plein de numéros et je coche celui des cartons au fur et à mesure qu'ils sont chargés dans le camion. Au Sri Lanka, les déménageurs avaient "mis de côté" six cartons... retrouvés grâce à ce système dans la chambre du chauffeur. Enfin, j'ai un tableau où figurent les numéros avec un espace à côté, où je recopie la pièce destinée: lorsque les pauvres gars déchargent ces poids énormes sous un soleil de plomb ou une pluie battante, il leur suffit de me crier le numéro du colis et je leur dis immédiatement dans quelle pièce le mettre. Evidemment, il y a un écriteau à l'entrée de chacune d'entre elles car, bien qu'adorables en général, ils ne lisent pas encore dans nos pensées et ignorent où nous comptons installer le bureau ou la salle de gym...

Êtes-vous heureuse de quitter Istanbul ou partez-vous avec des regrets ?

Les deux, mon capitaine ! Ce fut mon expatriation préférée car il y avait là tout ce que j'aimais. J'ai tant de mal à quitter mes amies que, pour la première fois, je n'ai pas voulu organiser de pot de départ, cela aurait été trop difficile émotionnellement. Mais nous aimons profondément l'Asie et je vois déjà tout le positif de ce changement, à commencer par le fait que je n'aurai plus jamais froid !! J'ai témoigné à une émission de Jean-Luc Delarue sur ceux qui avaient tout quitté par amour. Ce fut monstrueusement difficile les premières années. Mais aujourd'hui, nous sommes tous deux sidérés, lorsque nous nous retournons, de ce que cela nous a permis de construire sur le plan humain, de ce que nos enfants sont devenus grâce à ces expériences inouïes. Si moi j'ai pu le faire, alors tout le monde le peut ! Comme dans la chanson de Mannick, on peut rester, tels des bateaux, à clapoter dans le port, de peur que les courants nous entraînent trop fort. Je pense qu'on devient alors amer et empli de regrets. Mais si l'on prend la peine de risquer une voile au dehors, on revient plus grave, plus fort, étrangement pareils après avoir partagé des années de soleil. Si vous avez des gens qui vous contactent et qui craignent de "prendre le large", n'hésitez pas à leur donner mon adresse mail: je pourrai leur donner mon avis et surtout, les rassurer. Quant à ceux qui ont besoin de conseils logistiques, je leur enverrai mes fiches !

Agnès Sagot

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Combien de temps avez-vous vécu à Istanbul ? Où partez-vous maintenant ?

Nous sommes à Istanbul depuis cinq ans dans le cadre d'une mutation professionnelle de mon mari. Nous rentrons en France, sur Lyon où se situe le siège de la société de mon mari.

Si vous avez déjà fait des déménagement dans le passé, comment se sont-ils passés ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

La famille Sagot (photo personnelle)

Nous avons déménagé de nombreuses fois par le passé. La majorité des déménagements se sont bien passés mais celui qui nous a amené à Istanbul depuis Casablanca a été assez catastrophique car la société de déménagement avait sous estimé notre cubage de 100%... et oui, pas moins!! Le résultat a été qu'ils n'avaient pas suffisamment d'emballages et qu'un tiers du container a été très bien emballé, un autre tiers emballé à la "va très vite" avec très peu d'épaisseurs et le dernier tiers, pas du tout emballé. Nous avons également dû laisser environ 2 m3 sur place puisqu'il n'y avait plus de place dans le container... Evidemment, à l'arrivée, nos meubles étaient en partie dans un état proportionnel à l'emballage, ce qui veut dire bien abîmés et il a fallu beaucoup de restaurations ou de rachat pour certaines pièces. La partie douanière à l'arrivée en revanche, qui s'annonçait assez mal en raison des délais d'obtention de tous les permis de séjour et travail, a pu être réglée beaucoup plus rapidement que prévu grâce à l'assistante de mon mari, qui a géré toutes les formalités avec brio. Nous a obtenu la libération du container sous huit jours alors que nous nous attendions à un mois minimum.

Pour votre déménagement actuel, comment vous organisez-vous ?

Même si je vais m'installer en France avec notre fils pour la rentrée scolaire, mon mari devant encore travailler quelque temps sur Istanbul, notre déménagement n'interviendra pas avant l'automne, voir l'hiver, je n'ai donc pas encore préparé grand chose, si ce n'est commencé le tri des affaires que nous n'emmènerons pas.

Êtes-vous heureuse de quitter Istanbul ou partez-vous avec des regrets ?

Après avoir quitté la France depuis 12 ans, nous partirons à Lyon à la fois heureux de retrouver certaines facilités de vie notamment en matière de trafic routier et coût de la vie et de pouvoir de nouveau goûter à certaines délicatesses gastronomiques qui sont ici soit absentes soit trop luxueuses pour notre budget. Et bien sûr aussi avec des regrets, comme à chaque fois, de quitter des amis chers et une ville à l'atmosphère féerique dont les habitants nous ont souvent surpris par leur sens de l'accueil hors du commun pour des Européens.

Propos recueillis par Meriem Draman et Elisa Girard (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 24 juin 2013

Pour vous aider à faire votre choix de sociétés de déménagement, trois d'entre elles parmi les plus connues, Istanbul Ekspres, Bergen et Esen Déménagement communiquent actuellement sur lepetitjournal.com d'Istanbul. Retrouvez toutes leurs coordonnées dans la rubrique ?Bons plans?.

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