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INSTITUT DU BOSPHORE – Compte-rendu du second séminaire

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 14/06/2010 à 00:02 | Mis à jour le 08/02/2018 à 12:52

 

 

Le second séminaire de l’Institut du Bosphore s’est tenu les 11 et 12 juin dernier à Istanbul sur le thème : « La Turquie et le monde : Nouvelles réalités, nouveaux enjeux » M. Pierre Lellouche, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes y a fait une intervention remarquée en présence de M. Egemen Bagis, ministre en charge des négociations avec l'UE et MM. Kemal Dervis et Henri de Castries, co-présidents de l’Institut du Bosphore. Lepetitjournal.com d’Istanbul vous propose quelques extraits.

Egemen Bagis, Pierre Lellouche et Bernard Emié lors d'une conférence au Palais de France en octobre dernier (photo BDB)

 « La création, en septembre dernier, de l’Institut du Bosphore » a d’abord rappelé Pierre Lellouche, «répond avant tout à un vrai besoin, que ne peuvent combler à eux seuls les contacts gouvernementaux : celui d’une meilleure connaissance mutuelle de nos sociétés, de nos milieux d’affaires, intellectuels, politiques et universitaires. »

L’intervention s’est poursuivie avec une citation de Mustafa Kemal Atatürk, en date du 6 septembre 1938, destinée à introduire le vif du sujet à savoir les relations entre la France et la Turquie et les domaines où les deux pays peuvent et doivent travailler davantage ensemble : « Tout dans ce monde évolue rapidement. La conception du bonheur et du malheur se modifie, au fil du temps, chez les peuples et les individus. Affirmer, dans ce contexte, que l'on a su inventer des recettes éternellement valables équivaudrait à renier l'incessante évolution des idées et de la science. »

Pierre Lellouche a ensuite longuement évoqué le contexte de récente crise économique et d’évolution de la politique européenne (« construire une Europe capable de peser sur le monde multipolaire qui émerge sous nos yeux ») pour ensuite aborder la situation actuelle de la Turquie.

Les nombreux atouts de la Turquie

« Disons le nettement : la Turquie qui se construit en ce début du XXIè siècle est en train de s’affirmer comme une puissance émergente régionale majeure au cœur de notre continent (…) résolue aujourd’hui à maximiser ses nombreux atouts.

L’atout démographique : la Turquie sera rapidement l’Etat le plus peuplé du continent (82 millions d’habitants à l’horizon 2015). Au milieu du XXIè siècle, elle sera à égalité avec la Russie, riche d’une population jeune travailleuse, entreprenante et patriote.

- Deuxième atout, son développement économique qui en a fait aujourd’hui la 15e puissance économique du monde. La Turquie n’est plus seulement l’atelier de l’Europe, mais un pays producteur de hautes technologies.

- Troisième atout, sa situation géographique qui fait d’elle un « hub » énergétique naturel. La Turquie joue un rôle stratégique dans la diversification des voies d’approvisionnement en hydrocarbures de l’Europe.

- Quatrième atout, des capacités militaires parmi les plus puissantes du continent qui en font, pour nous, grâce à sa place particulière au sein de l’OTAN, un grand allié, stable, de l’Occident et l’un des piliers du système de sécurité en Europe.

- Autre atout, tout aussi capital, la démocratie. La Turquie a vocation à s’imposer comme un modèle de développement stable et démocratique aux yeux de 1 milliard et demi de musulmans à travers la planète. Et c’est pour cela aussi que nous la soutenons.

Après ce double constat sur l’Europe et la Turquie, Pierre Lellouche aborde concrètement ce que l’auditoire était venu écouter : l’avenir des relations de la France avec la Turquie.

 La feuille de route des relations franco-turques

"Cette feuille de route s’articule autour de 3 points"  annonce le secrétaire d'Etat chargé des Affaires Européennes :

"- Nous sommes d’accord pour être en désaccord : la Turquie a son projet ; elle est candidate à l’adhésion à l’Union européenne. Quant à la position de la France, n’a pas varié : la France n’est pas favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

- Dans le même temps, et c’est le deuxième point, l’intérêt bien compris de la Turquie comme de la France est que le rapprochement de la Turquie avec l’Europe se poursuive.

Concrètement, cela signifie que la France est favorable à la poursuite des négociations, et à l’ouverture de nouveaux chapitres, dès lors qu'ils sont compatibles avec notre vision du résultat final de la négociation. En revanche, nous nous opposons à l’ouverture des 5 chapitres dont nous estimons qu’ils relèvent directement de la logique d’adhésion.

- Enfin, troisième point, nous, Français et Turcs, sommes d’accord pour développer une relation bilatérale dynamique et mutuellement profitable : nous sommes convenus d’enrichir au maximum nos relations bilatérales dans tous les domaines : économique, bien sûr, mais aussi stratégique, énergétique, diplomatique et même militaire. Il y a à l’évidence une grande complémentarité entre nos deux pays, qui autorise à envisager un partenariat du type de celui que nous avons noué avec le Brésil, avec d’importants transferts de technologie dans des domaines-clé. L’objectif clairement annoncé en matière économique est de « faire passer nos échanges commerciaux de 10 milliards d’Euros, aujourd’hui, à 15 milliards en 2012 ». Sujet qui sera concrètement abordé lors du Forum d'affaires qui sera inauguré mardi matin à Istanbul par Christine Lagarde.

Après avoir évoqué les grands dossiers pour lesquels la France et la Turquie, doivent travailler ensemble comme la gouvernance mondiale et le G20, l’immigration et la diplomatie régionale (dans les balkans notamment ainsi qu’au Proche-Orient),  il a dit quelques mots à propos de dynamique de l’Union pour la Méditerranée. « Ce processus initié par le Président Sarkozy qui vise à bâtir un espace de paix, de solidarité et de sécurité dans la zone euro-méditerranéenne et où la Turquie doit prendre toute sa place  » (un des six secrétaires généraux est turc, de même que le nouveau secrétaire général adjoint, en charge des transports).

Pour conclure, Pierre Lellouche cite le Général de Gaulle, qui en 1967, a salué son homologue turc en terminant par ces mots  «C'est aussi dans l’ordre politique que tout porte la Turquie et la France à resserrer leurs rapports (...) et (à propos de la Turquie) l’importance qu’elle a dans la région essentielle du monde où elle se trouve située, nous sommes tout disposés à rapprocher notre politique de la sienne ».

Bref, rien de très nouveau dans ce discours à l'Institut du Bosphore sinon la confirmation de la venue prochaine de Nicolas Sarkozy en Turquie.

Brigitte di Benedetto (www.lepetitjournal.com Istanbul). Lundi 14 juin 2010

Pour accéder au site internet de l'Institut du Bosphore, cliquez ici.

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