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ISTANBUL EN MUSIQUE - Le Balfolk mène la danse !

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 01/03/2016 à 23:04 | Mis à jour le 02/03/2016 à 14:55

Taksim, 20h30. Sur la scène d'une salle de concert, un violon joue les premières notes. Bientôt, le rythme s'accélère et les jeunes danseurs enchaînent les pas parmi le public. Difficile, voire impossible de rester spectateur devant une démonstration de Balfolk : valse, bourrée ou mazurka, les erreurs des débutants ont peu d'importance, le mot d'ordre est de prendre du bon temps en musique. ?Les pas s'apprennent en un cours et reviennent très vite en mémoire ?, selon une élève. Car le Balfolk s'apprend à Istanbul, grâce à une rencontre franco-turque. Les deux professeurs, Anna Marquer-Passicot et Esra H?z?r, nous expliquent ce qui se qui se cache derrière ce nom.

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Qu'est-ce que le Balfolk, et comment est-il né à Istanbul ?

Anna (photo Facebook) : Le concept de ?bal folk? est né en France dans les années 1970. Sous ce nom, on retrouve de nombreuses danses traditionnelles : des danses régionales françaises, mais aussi d'autres pays européens comme la Pologne, l'Allemagne ou la Suède? Le Balfolk s'est rapidement répandu dans toute l'Europe et aujourd'hui de nombreux festivals sont organisés, comme Les Grands Bals de l'Europe de Gennetines et Saint-Gervais en France, Andanças au Portugal ou encore le Boombalfestival en Belgique.

Nous avons toutes les deux découvert le Balfolk loin de nos pays respectifs, Esra lors de son Erasmus en Slovénie et moi-même alors que je vivais au Portugal. Nous ne nous connaissions pas à cette époque et nous nous sommes rencontrées par la suite à Istanbul dans un groupe de Forró (une danse du nord du Brésil, ndlr). Cette passion commune pour le Balfolk et l'exemple du Forró nous ont poussées à donner des cours. J'y avais déjà pensé auparavant ; avec la rencontre d'Esra, c'est devenu possible.

Esra : Nous avons commencé par mettre en place quelques cours ?informels? dans le parc Gezi. Les gens ont tout de suite été intéressés, mais sans local les cours étaient difficiles à organiser. Nous avons trouvé des locaux en septembre, à Kad?köy et à Taksim, et nous avons pu commencer avec des groupes stables pour progresser plus vite.

Comment expliquez-vous l'intérêt pour ces danses traditionnelles ?

Esra : Les danses du Balfolk sont très diverses, certaines sont des danses de couples, d'autres se dansent en cercle ou en ligne? Beaucoup sont très joyeuses et d'autres, plus douces, comme la valse. Je crois que l'intérêt pour ces danses vient vraiment du fait qu'elles sont faciles à apprendre. Pour certaines, il suffit de connaitre 2 ou 3 pas et on peut tout de suite se lancer dans la ronde pour s'amuser et faire de nouvelles rencontres. Il suffit de suivre les autres. L'utilisation du corps est très différente des danses plus techniques, comme le tango, qui peuvent intimider les gens.

Anna : Il me semble également que les gens en Turquie ont une relation particulière avec la musique et la danse. D'après ce que j'ai pu voir ici les gens sont peut-être moins réticents à l'expression corporelle qu'en France, le Balfolk est donc une occasion de découvrir d'autres danses et de s'amuser, ce qui est de toute façon l'objectif principal.

Le Balfolk peut se danser partout? Même sur des bateaux ?

Esra : L'idée de danser sur les ferrys m'est venue un jour que je traversais le Bosphore pour donner des cours à Kad?köy. J'ai trouvé que le lieu manquait de ?joie de vivre? et je sais que parfois, des gens jouent de la musique sur les bateaux alors je me suis dit ?pourquoi pas nous ??. Depuis, nous avons dansé à bord des ferrys à 3 ou 4 reprises et nous voulons mettre en place ce genre d'événement une fois tous les mois.

Anna : Ce genre de rendez-vous est important, ils permettent aux élèves de pratiquer réellement les pas qu'ils ont appris et cela à nous fait mieux connaitre. Nous dansons sur les ferrys mais aussi pendant ou avant des concerts, cela aide les élèves à être plus confiants et tout le monde peut venir danser ! Nous pratiquons une fois par semaine, tous les mardis, au ?TheMekan? après les cours. Les élèves intègrent les pas durant les cours et ils peuvent ensuite les mettre en pratique sur de la musique ?live?, ce qui est une chance incroyable.

De la musique ?live? ? Un groupe est spécialement consacré à la musique de Balfolk à Istanbul ?

Anna : Oui, nous avons la chance de danser avec un groupe de musique, Deli Reçel. En réalité, les membres se sont rencontrés via les cours de danse, à commencer par deux violonistes, Valérie et Hassan (maintenant parti pour la France) auxquels se sont ajoutés une flutiste (Elif), un guitariste (Yannis) et un percussionniste (Erkan). La flutiste notamment connaissait le répertoire du Balfolk et elle a pu donner une vraie énergie à la formation du groupe. Pendant les cours, nous utilisons nos playlists et Deli Reçel mais nous accompagne pendant les premières parties des concerts ou sur les ferries.

Quelle est la suite pour Balfolk Istanbul ?

Esra : Nous aimerions encourager une tradition qui se fait beaucoup dans tout le milieu Balfolk: le b?uf à la fin des concerts. Les musiciens descendent de scène pour jouer avec ceux qui le souhaitent. En première partie des concerts, ça permettrait de partager le répertoire musical du Balfolk, en plus de la danse qui se partage naturellement avec le ?public? puisque tout le monde est invité à participer.

Nous aimerions aussi inclure des danses traditionnelles turques. Le Balfolk est un grand mélange de danses européennes dans lequel les danses turques auraient parfaitement leur place. On y retrouve beaucoup de gestes similaires. Un de nos élèves iranien nous a même récemment proposé d'ajouter quelques danses iraniennes !

Noémie Peycelon (www.lepetitjournal.com/Istanbul) mercredi 2 mars 2016 

* Contact: balfolkistanbul@gmail.com et facebook.com/balfolkistanbul

 

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