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HUGO, BAUDELAIRE… - “Les grands portraits de Nadar” à Istanbul

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 16/11/2017 à 19:06 | Mis à jour le 17/11/2017 à 09:14
Photo : Félix Nadar (vers 1865)
Les grands portraits de Nadar turquie

L’Institut français d’Istanbul a inauguré mercredi soir sa nouvelle exposition, “Les grands portraits de Nadar”, autour d’une quarantaine d’épreuves argentiques sur papier albuminé réalisées par Nadar, autrement dit Gaspard-Félix Tournachon. L’artiste est connu pour avoir été l’un des plus importants portraitistes français du Second Empire (1852 - 1870). L'exposition a été inaugurée par le directeur de l’Institut Matthieu Bardiaux et la commissaire Engin Özendes. Elle se tient jusqu’au 15 janvier 2018. 

Dans un bref discours, Matthieu Bardiaux a mis en avant l’”esprit novateur” de Nadar: il fait ses débuts à l’âge de 20 ans en tant qu’écrivain pour des chroniques et feuilletons, le tout dans un style journalistique, pour finalement s’adonner au dessin railleur et moqueur. Nadar réalise ensuite Le Panthéon Nadar (1854), une lithographie d’environ 300 caricatures, qui le rend célèbre et l’oriente vers la photographie. Il décide alors de tirer le portrait d’amis : Théophile Gautier, Gérard de Nerval ou encore Baudelaire. Leurs silhouettes se dégagent sur fond neutre, avec pour objectif la ressemblance intime et non des portraits satiriques. 

Engin Özendes (au centre) et Matthieu Bardiaux (à droite)
Engin Özendes (centre), Matthieu Bardiaux (droite)

Nadar et la “peopolisation” du Second Empire

Matthieu Bardiaux explique que le travail de caricaturiste a amené Nadar à s'intéresser à la photographie, offrant la possibilité à ses modèles de ne pas poser trop longtemps. L’artiste a ainsi pu immortaliser les grand hommes de son temps et fréquenter la société mondaine, “Les portraits de Nadar témoignent du tout début de ce que nous appelons aujourd’hui la ‘peopolisation’”, précise le directeur de l’Institut français d’Istanbul. Il ajoute que l’exposition constitue un témoignage historique unique tout en soulignant le poids de la technique dans la création photographique : les contraintes du temps imposent une certaine rigidité des attitudes, qui rend les portraits semblables à des statues. 

Ils se distinguent pourtant des portraits de l’époque par “leur simplicité, leur modernité et leur psychologie”, grâce notamment aux liens d’amitié que Nadar entretenait avec ces grands artistes. Les tirages de l’exposition respectent l’état de conservation des négatifs originaux, aucune retouche d’ordre esthétique n’a été effectuée. “Les accidents, l’allitération et l’usure due à l’exploitation des images à l’époque ont volontairement été conservés afin de préserver la nature des archives de Nadar”, précise Matthieu Bardiaux. 

Un artiste et un “monument”

Son ascension fulgurante au sein de la société mondaine n’empêche pas Nadar de monter en ballon pour prendre des vues aériennes ou encore de descendre pour photographier dans les égouts et catacombes de la capitale dans les années 1860. Qualifié de “monument” par le directeur de l’Institut, Nadar inspire le peintre Honoré de Daumier dans Nadar élevant la photographie à la hauteur de l’Art (1862), ou encore l’écrivain Jules Verne, qui fait de lui le héros de son roman De la terre à la lune, le qualifiant d’original et audacieux. 

Nadar connaît ensuite une période sombre pendant les années 1870 : il déménage de son grand studio parisien à cause de soucis financiers et se remet activement au portrait avec l’écrivain Alphonse Daudet ou encore l’actrice Sarah Bernhardt. Les visages restent graves et illustrent la difficile période d’après-guerre. Lors de l’exposition universelle de 1900 à Paris, la rétrospective de l’oeuvre du portraitiste rencontre un succès sans précédent et Flammarion lui rend hommage en publiant Quand j’étais photographe. Nadar meurt en 1910 à Paris, après avoir écrit Charles Baudelaire intime : le poète vierge

Aylin Doğan (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 17 novembre 2017 

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Pour en savoir plus sur l'exposition, cliquez ici

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