Candidat aux Trophées des Français de Hong Kong

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Ludovic
Jeanne
cat-education, Trophée Innovation
J’ai réalisé l’ensemble de mon parcours dans un milieu où l’innovation et le challenge technique sont notre quotidien et les clés de la réussite, ceci en France, en Afrique (Afrique du Sud, Maroc et Côte d’Ivoire) et en Asie (Hong Kong et Philippines). Mon travail est de préparer et d’imaginer les solutions techniques, de porter l’innovation au sein de nos chantiers et de notre groupe. La survie d’un groupe comme Bouygues, particulièrement à Hong Kong, face à une concurrence exacerbée et de pointe se joue notamment par sa capacité à constamment innover.
La difficulté dans le secteur des travaux publics est qu’il reste un secteur très traditionnel et particulièrement à Hong Kong ou l’on voit toujours ces échafaudages en bambou et des méthodes de travail qui restent souvent rudimentaires. De plus, c’est un secteur très concurrentiel avec peu de marge qui a parfois du mal à investir sans avoir un retour direct sur investissement. À chaque fois il faut batailler pour faire vivre ses innovations, convaincre les clients, les utilisateurs, les budget Holders, justifier de l’investissement initial, promouvoir leur développement afin que celle-ci ne reste pas une innovation mais devienne pérenne. Il faut également parfois réussir à innover à moindre cout au début pour démontrer l’intérêt de notre démarche.
Au début de ma carrière en Afrique du Sud, je me souviens que nous travaillions le soir et le week-end avec un ami dessinateur pour réaliser les premières procédures de construction en 3D, « en cachette » car notre manager local pensait que c’était inutile et chronophage… avant de voir le résultat et de changer d’avis, c’était gagné pour nous.

J’ai la chance de travailler dans un grand groupe international ou l’on me permet de faire de l’innovation en interne au sein de nos équipes à la fois avec un support du siège Français, des centres techniques à Paris et à Singapour mais également ici à Hong Kong. Souvent, nous nous appuyons sur des technologies d’autres secteurs afin d’innover et de créer de nouvelles solutions pour notre industrie. En 2017, nous avons ainsi réussi à créer un robot qui, prenant son inspiration de la filière automobile, a été adapté aux conditions de nos chantiers (voir CV page 7). Plus tôt, en 2013, c’était l’industrie du jeux vidéo qui nous avait inspirés pour les premiers simulateurs en realite virtuelle que j’ai pu tester et déployer à Abidjan.

Depuis 2018, un incubateur à start up est disponible au sein du groupe et nous permet d’aider les start up françaises à s’implanter à l’international, ce fut le cas des Parisiens d’Omniscient qui proposent de l’Internet of Things (IoT) adapté à nos besoins et que nous avons déployé sur le chantier de Central Kowloon Route (CKR) ; de Com’In, une start up de monitoring environnemental innovant et connecté, qui arrivera le mois prochain à Hong Kong dans nos bureaux ; ou encore Blaxtair, une Intelligence Artificielle au service de la sécurité de nos collaborateurs, mis en place sur CKR également. Comme mentionné plus haut, l’industrie du gaming nous apporte également. Avec la start up hongkongaise Kalotec, nous développons de simulations 4D nous permettant de comprendre nos phasages, d’améliorer nos postes de travail et d’optimiser nos séquençages.

Une partie de mon équipe travaille sur de la Recherche et Développement afin de tester les chantiers du futur, notamment grâce à l’usage extensif de la Data et de la Big Data, de l’Internet of Things (IoT) et de la digitalisation de nos process. Il s’agit par exemple de connaitre en temps réel la position de nos engins et collaborateurs et de pouvoir définir leur activité. Pour les engins, cela nous permet d’optimiser leur utilisation et de réduire notre impact carbone, et pour nos collaborateurs cela sera d’améliorer notre sécurité notamment sur des chantiers ou la manipulation d’explosif est quotidienne. Aujourd’hui nous regardons les technologies tel que des montres connectées nous permettant de détecter en temps réel un problème cardiaque sur un collaborateur, une alerte ou encore une chute ou un mouvement inhabituel afin d’organiser une assistance au plus vite.
La popularisation de la big Data qui a été développée par les GAFA ces 10 dernières années est essentielle pour tous nos métiers afin d’être plus efficace, de réduire nos émissions, de produire de manière plus verte et plus économique dans le futur.
Ce dont je suis le plus fier est certainement le défi humain que représente chaque projet. À chaque démarrage, il faut partir d’une page blanche ou presque, et parfois sans ressource initiale, dans un pays ou la culture m’est inconnue et de créer étape par étape une équipe qui imaginera les solutions innovatrices à venir. Cela passe par des recrutements ou partenariats judicieux, un travail d’équipe cosmopolite et ultra motivée à parvenir à achever ce que l’on pensait impossible au début. Les équipes sont très jeunes et internationales. Je suis toujours surpris par la capacité d’intégration, d’apprentissage et de développement des plus jeunes qui montrent une grande résilience, une forte motivation et une grande capacité à innover naturellement. Il n’y a pas de réelle innovation sans partage.