LA DAME DE HONG KONG – Un classique pour les débutants

Par Lepetitjournal Hong Kong | Publié le 13/09/2012 à 00:00 | Mis à jour le 19/10/2013 à 04:35

 

Votre nouvelle équipe de rédaction lepetitjournal.com Hong Kong vous propose d'enrichir sa rubrique "livres" en faisant (re)découvrir  à ses lecteurs des ouvrages qui ont pour toile de fond Hong Kong. Pour cette première évocation du Hong Kong des livres, nous vous proposons un ?classique?, La Dame de Hong-Kong? de Mary Holmes.

Traduit de l'anglais, publié en 1999, ce policier n'est plus tout à fait d'actualité mais il plonge le lecteur à l'époque où Hong Kong vient tout juste d'être rétrocédé à la Chine. Une lecture facile qui n'est pas sans rappeler Agatha Christie, dont la célèbre Miss Marple est plusieurs fois évoquée, en guise de reproche envers une Dame de Hong Kong qui joue au détective amateur.

L'histoire
L'héroine, la dame de Hong Kong, Lady Jane Connelly, vit à Hong Kong depuis plus de vingt ans. Veuve de l'ancien dirigeant de la Commission indépendante contre la corruption, dessinatrice et auteur de livres populaires pour enfants, elle vit confortablement au très célèbre hôtel Peninsula.
Sa vie tranquille est chamboulée lorsque le fils de son vieil ami banquier lui annonce ses fiançailles avec la fille de l'homme qu'elle soupçonne être à l'origine de la mort de son mari. Obligée de se rendre à la soirée de fiançailles, elle est le témoin d'un drame terrible : la mort du jeune fiancé, qui tombe d'un échafaudage. Ce décès a toutes les apparences d'un accident; théorie est toutefois remise en cause par les croquis dessinés au cours de la soirée par la vieille dame. Elle sera alors entrainée sur la piste du meurtrier avec une évocation du monde du crime et des jeux. Une enquête pleine de rebondissements ?

Hong Kong dans le livre ? Suivez le guide

Outre l'évocation d'une époque et d'un milieu, le livre donne des descriptions très justes et bien senties de lieux de Hong Kong :

Le Peninsula Hotel ? Situé à Kowloon, cet hôtel est un lieu emblématique du Hong Kong colonial et le reste malgré sa modernisation et la modification du front de mer à son abord. Dans le livre, la modernisation de l'hôtel est récente mais elle n'a pas modifié les traditions et le rythme très orchestré de cette institution que nous découvrons par la lecture, de l'intérieur avec un rythme, des bruits et des odeurs. Lieu central du roman, le Peninsula est introduit dès la phrase d'ouverture : "Comme tous les matins, deux employés en livrée blanche immaculée traversent le grand hall du Peninsula. Ils s'avancnt l'un de l'est, l'autre de l'ouest, assénant sur chaque siège un coup de torchon roulé. Pour les habitués matinaux, ce petit bruit particulier est une indication aussi fiable que les six coups cadencés de Big Ben : il est six heures précises".

Lei Yue Mun - Ce village de restaurants de poissons de Kowloon semble immuable et la description qu'en fait l'auteur reste très juste même si sa fréquentation par les étrangers est sans doute un peu moins confidentielle.
"Lei Yue Mun est un village de Kowloon, à l?entrée occidentale du port. Après dix-neuf heures, la rue principale, qui longe la baie, s'anime atour de boutique où l'on choisit son poisson ou ses crustacés vivant dans d'énormes aquarium (?) Lady Jane aime cet endroit, fréquenté essentiellement par les habitants de Hong-Kong et curieusement ignoré des touristes ".

Les sampans de Yaumatei ? Les sampans. barques typiques de Hong Kong,formaient à une époque de véritables villages flottants dont le plus célèbres était à Aberdeen. Elles existent toujours à différents endroits du territoire. Les sampans du roman évoquent un monde de misère, du jeu et de la prostitution.
"L'embarcation traverse à cet instant l'un des lieux les plus mal famés de Hong Kong. Un véritable bordel au fil de l'eau. Une fille par sampan. Les débordements passionnés des clients provoquent des vagues qui impriment un mouvement lancinant aux sampans voisins, dans lesquels de vieux chinois jouent au ma-jong ou regardent le télévision en famille

Le Peak et le Peak Tower ? « must-see » incontournable de Hong Kong, Mary Holmes démontre qu'elle connait bien son sujet : la vue, le funiculaire mythique ou les randonnées nature sur Lugard Road, tout y est, hormis les hordes de touristes qui envahissent quotidiennement le Pic. 
"L'endroit offre une vue somptueuse sur Hong Kong, pour autant que la vue soit dégagée et que les nuages ne tendent pas un voile de brume masquant la perspective."  

Tsim Sha tsui ? Le quartier tel qu'il est décrit dans le livre change mais les noms de rues, les ambiances et les bâtiments évoqués n'ont pas complètement disparu.

En guise de conclusion, deux citations pour le lecteur averti qui ne manquera pas de noter certaines pratiques ou coutumes chinoises savamment introduites dans le livre :

La sortie des oiseaux en cage ? "Les propriétaires de ces petits animaux estiment que leurs amis à plumes ont besoin de prendre l'air aussi régulièrement qu'eus et ils les sortent, comme les Occidentaux promènent leurs chiens."

Le mariage posthume ? "certains de nos compatriotes (?) achètent pour quelques milliers de dollars de Hong Kong, des jeunes filles décédées à leur parents  dans le but de procurer à leur fils, mort prématurément, une compagne pour l'éternité"

Sophie Mabru (www.lepetitjournal.com/hongkong.html), jeudi 13 septembre 2012

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Didier Pujol

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