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SPÉCIAL TÊT 2017 – Témoignages des Vietnamiens de France

Par Lepetitjournal Ho Chi Minh Ville | Publié le 29/01/2017 à 23:00 | Mis à jour le 30/01/2017 à 15:57

Cette année nous avons voulu savoir comment les « Vietnamiens de l'étranger » faisaient pour célébrer Têt loin du Vietnam. Pour cela, nous avons interrogé quatre viet kieu vivant en France afin de recueillir leurs témoignages. Rencontres.

Nguyen Minh Tuan , 57 ans, Entrepreneur et Responsable des Relations Extérieures de l'Association du Business des Vietnamiens de France (ABVietFrance), vit à Paris depuis 16 ans.

Je ne suis pas retourné au Vietnam depuis plus de 10 ans, mais je tiens à fêter le Têt à Paris selon les traditions des Vietnamiens du Sud.

Le 23 décembre lunaire, j'ai préparé «Che xoi nuoc » - un dessert traditionnel fait de petits gâteaux de riz gluant fourrés à la purée de haricots, baignant dans une infusion de gingembre au sucre de canne, et qui symbolise le repas d' « au-revoir » fait au génie du Foyer. Selon les croyances du peuple vietnamien, le Génie du Foyer quitte l'autel du 23 au 30 décembre lunaire pour rendre compte au Dieu du Ciel de ce qu'il a observé dans les foyers.

Cette année, le 30 décembre lunaire, le dernier jour de l'année du singe ? le vendredi 27/01/2017 en calendrier occidental, j'invite quelques amis proches à fêter le « Giao thua » - réveillon avec la famille. Nous avons au repas des plats traditionnels du réveillon : les gâteaux de riz («banh chung », «banh tet »), le porc au caramel et la soupe au melon amer. A minuit, 18h de Paris, soit 0h00 de Hanoi, comme veut la tradition, nous faisons une petite cérémonie pour accueillir le Génie du Foyer de retour parmi nous après sa mission céleste : le repas d'accueil se compose d'une assiette de « theo leo cut chuot » (nougats d'arachides et de sésame) et du thé.

Je fête le premier jour de l'an souvent en famille chez moi, ou je me rends à la pagode pour faire des prières du bonheur. Le 2e jour de l'an est réservé aux visites des amis. Je serai aux festivités de Têt organisées par l'ambassade du Vietnam en France à l'Hôtel de ville à Paris au 8e jour de l'an lunaire cette année, et le 9e jour, je me rejoindrai au Tet organisé par l'UGVF (Union Générale des Vietnamiens de France).

Ici, on ne trouve pas de fleur traditionnelle «Hoa mai », «Hoa dao» pour décorer la maison comme au Vietnam, mais le fait de préparer des plats traditionnels et de maintenir les rituels de Têt me permet de recréer l'ambiance chaleureuse et festive des jours de fête au Vietnam.

 

Patrick Pham, 42 ans, Créateur Haute Couture, vivant à Paris

Je suis arrivé en France à l'âge de 8 ans, mais sous l'influence de mes parents, la famille reste très attachée à la pratique de la langue vietnamienne, et bien entendu, à la fête du Têt.

Ma mère nous réunissait tous les ans à la période du Têt pour nous faire des plats traditionnels comme Banh Chung (gâteau de riz gluant), Cha gio ou Nem, et des légumes, en desserts, nous avions droits aux pastèques, friandises vietnamiennes....Tout cela en plats végétariens car elle est bouddhiste.

Les plats sont également déposés sur l'autel des ancêtres avant d'être consommés. La maison est systématiquement décorée de fleurs "Hoa Mai" - Ochna serrulata, indispensables pour le Têt !...Sans oublier les petites enveloppes rouges 'li xi".

Le 1er jour, elle se rend à la pagode.

Aujourd'hui, la célébration du Têt continue même si parfois tous les membres de la famille ne peuvent pas être réunis à cause des contraintes professionnelles ou d'éloignement géographique. Les retrouvailles en famille au moment du Têt nous donnent un petit pincement au c?ur en pensant à notre vie au Vietnam il y a bien longtemps...

Cette année, pour la première fois, je vais célébrer le Têt à Ho Chi Minh Ville, quel enthousiasme et quelle circulation dans la rue ! Je hâte de vivre les premiers jours du Têt dans ma ville natale...

 

Nguyen Khoi Nguyen, 22 ans, jeune diplômé et consultant junior en transformation digitale dans une société de conseil à Paris. Khoi Nguyen est venu en France à l'âge de 14 ans.

Au Vietnam, il suffit d'être dehors pour sentir la «ferveur» du Têt dès l'approche des derniers jours de l'an : les petits commerces grouillent de monde qui remplissent leur panier de courses pour le nouvel an, les rues sont décorées et on croise des gens rentrer chez eux avec les fleurs fraîchement achetées aux marchés des fleurs. En France, le jour de l'an lunaire est souvent un jour de travail ou d'école, la journée se passe comme les autres jours de la semaine, il m'arrive même de travailler le soir du réveillon pour terminer un travail à faire.

Entre amis, nous nous retrouvons d'habitude autour d'un repas pendant le weekend pour fêter le Têt. On fait en sorte qu'il y ait des plats traditionnels au repas : Banh Chung, Pâté de Porc, les Nems. On regarde «Tao quan », l'émission culte qui passe traditionnellement à la télé avant le réveillon, puis on fait le compte à rebours jusqu'à minuit pour fêter le passage au nouvel an.

Même si on ne retrouve pas totalement l'ambiance du Têt du Vietnam, on passe de bons moments entre amis, et cela fait beaucoup de bien.

Cette année, je vais pouvoir également fêter le Têt avec la communauté vietnamienne à Paris : j'irai aux célébrations de Têt à l'Hôtel de Ville et celles organisées par l'UGVF au Pavillon Baltard à Nogent sur Marne.

 

Nguyen Minh Hanh, 26 ans, chef de projet en e-learning, vivant actuellement à Paris, et membre des Jeunes ambassadeurs de la région Rhône Alpes . Minh Hanh est venue en France à 18 ans.

Que de souvenirs mémorables des Têt célébrés loin de la famille et loin de son pays natal !

Le Têt signifie d'abord les préparations puis présentations des danses et chants traditionnels vietnamiens pour les festivités de Têt organisées par les Jeunes Ambassadeurs. Le spectacle se prépare quelques mois à l'avance, donc pendant quelques mois, nous faisons le choix du costume, du décor, de la chorée puis nous faisons des répétitions. Chaque année, j'apprends une nouvelle danse traditionnelle, et à chaque fois quand je monte sur scène, je me sens très fière et touchée : fière d'être vietnamienne et fière d'être ambassadrice de sa culture !

Le Têt signifie aussi des moments de partage entre amis autour du repas de nouvel an. Tout le monde se prête la main à la préparation du repas, on essaye de faire nous-même les gâteaux de riz gluant Banh Chung, Banh Tet avec des recettes qu'on trouve dans les livres de cuisine.

La période du Têt me rappelle également des moments de révision pour les partiels en France car elle tombe souvent entre fin janvier et mi-février. On s'était interdit d'écouter certaines chansons du Têt qui nous faisaient penser davantage au manque du pays, à nos parents que pour se concentrer aux révisions, mais je me souviens que nous, les étudiants vietnamiens, avions du mal à tenir notre auto-interdiction et que finalement chacun écoutait discrètement ces chansons dans sa chambre pour profiter de quelques instants du Têt! On s'était donné rendez-vous à minuit, le fameux « Giao thua » - passage de l'ancienne année à la nouvelle - entre deux moments de révision, pour faire le compte à rebours, s'embrasser et s'échanger des v?ux de bonheur.

Fêter le Têt loin de son pays, c'est vivre au fond de soi deux sentiments réciproques : la joie de fêter la nouvelle année et d'échanger des v?ux avec ses parents, mais aussi la frustration de ne pas être physiquement avec eux pour les avoir dans mes bras.

 

Découvrez dans notre article de demain toutes les célébrations du Têt qui auront lieu en France cette année!

 

 

Mai Hong Ngoc - ABVietFrance (lepetitjournal.com/Hochiminhville) 30 Janvier 2017

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