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SANTÉ – Les plantes médicinales bourgeonnent

Par Lepetitjournal Ho Chi Minh Ville | Publié le 04/10/2015 à 22:00 | Mis à jour le 05/10/2015 à 04:31

Le Vietnam possède une biodiversité très riche que le pays a utilisé à bon escient notamment pour sa médecine traditionnelle. Cette précieuse ressource pourrait, à terme, constituer un pilier de l'économie vietnamienne mais se pose alors la question de sa préservation.

Sâm Ngoc Linh, Tam thât hoang, Bach hop, ces noms de plantes ne vous disent rien et pourtant elles occupent une place de plus en plus importante sur le marché pharmaceutique vietnamien. La phytothérapie, connue et utilisée dans la médecine traditionnelle depuis des générations, a su fleurir au sein de la médecine moderne. En effet, de nombreux médicaments issu de remèdes vietnamiens sont confectionnés à base d'extraits de plantes et de produits purifiés. Désormais commercialisés et exportés, ces traitements se substituent aux médicaments occidentaux ainsi qu'aux nombreuses plantes chinoises, longtemps utilisées dans le secteur pharmaceutique vietnamien. Cet évolution permet alors au pays de réduire ses subventions en matière de santé.

Dans le but de garantir la pérennisation ainsi que la qualité et l'efficacité thérapeutique de ces traitements phytothérapiques, le Comité vietnamien de la pharmacopée a règlementé par des normes nationales les 215 végétaux utilisés dans la pratique médicale traditionnelle ainsi que les 27 médicaments indigènes issus de plantes médicinales (protocoles de contrôle qualité, méthodes de test et de stockage, efficacité thérapeutique, dosage, contre-indications, etc.).

Plan de développement

Parmi les 12.000 sortes de végétaux recensées au Vietnam, près de 4.000 ont des vertus médicinales. Ces 25 dernières années, le corps médical vietnamien a su mettre en avant 1 863 espèces de 238 familles de plantes couramment utilisées dans la médecine populaire. La plupart proviennent de plantes sauvages spécifiques à des régions et des zones du pays.

Dans certaines régions du Vietnam, la culture des plantes médicinales est une ressource économique notable pouvant rapporter jusqu'à 100 millions de dôngs par hectare. Toutefois, ce n'est pas le cas de toutes les espèces. L'exploitation des plantes sauvages les plus rares manque encore d'organisation et de démocratisation, entrainant alors un rendement et des prix instables.

C'est la raison pour laquelle, en 2013, le Premier ministre, Nguyên Tân Dung, a encouragé un plan d'aménagement global pour le développement des plantes médicinales d'ici 2020 et 2030. Ce plan vise à préserver et développer l'usage des plantes médicinales dans le secteur pharmaceutique. Huit zones de production regroupant 24 variétés de plantes vont être aménagées dans le Nord-Ouest, le Nord-Est, le fleuve Rouge, le Centre septentrional, le littoral du Centre méridional, les hauts plateaux du Centre, le Nam Bô oriental et le Nam Bô occidental. L'objectif étant de produire 2 500 tonnes de produits pharmaceutiques chaque année et de construire cinq parcs nationaux de préservation et de développement de plantes médicinales tout en respectant la biodiversité de chaque région.

À terme, ce plan d'aménagement envisage d'élargir son développement à la culture de 54 espèces végétales, permettant, selon un article publié dans le Courrier du Vietnam, de répondre « à 60% en 2020 et 80% en 2030 des besoins en plantes médicinales du pays et d'exporter des produits pharmaceutiques ».

Faiblesses

Toutefois, « la culture des plantes médicinales demandent des techniques particulières ainsi que des outils technologiques modernes pour leur transformation », rappelle Nguyên Van Hiêu, chercheur à l'Académie des sciences et des technologies du Vietnam. Or ce nouveau fleuron de l'économie vietnamienne souffre aujourd'hui d'un manque de personnel qualifié et d'experts en développement pharmaceutique pour mener à bien ces plans de sauvegarde et d'aménagement. Selon Nguyên Van Hiêu, il est alors primordiale d'encadrer ce secteur d'activité par le biais « d'une coopération entre scientifiques, gestionnaires, entreprises et agriculteurs ».

De plus, cette précieuse ressource se heurte peu à peu au problème de surexploitation. Plusieurs variétés de plantes médicinales sont d'ores et déjà menacées d'extinction. En effet, la protection et la préservation de certaines espèces rares, telles que le Sâm Ngoc Linh, le Tam thât hoang, le Bach hop, le Thông do et le Vang dang sont loin d'être optimales.

Alerté par ce phénomène, le gouvernement prévoit qu'en « 2020, 50% des espèces de plantes médicinales devraient être préservées et 70% en 2030. La priorité doit être mise sur la sauvegarde des variétés menacées d'extinction. Il est important d'empêcher le vol des variétés vietnamiennes et leur envoi illégal à l'étranger ».

Valérie Péré (lepetitjournal.com/hochiminhville) 5 octobre 2015

Crédit photo : Institut de Développement Vietnam Pacifique

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