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COMMUNAUTE LGBTQ - Rencontre avec des militants des villes jumelles de Mannheim

Par Lepetitjournal Heidelberg Mannheim | Publié le 24/08/2017 à 22:00 | Mis à jour le 28/08/2017 à 00:06

Ils sont venus de Moldavie, de Turquie, d'Israël ou encore d'Angleterre pour célébrer la Christopher Street Day à Mannheim, partager leurs combats et faire entendre leurs droits. Lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim a pu interviewer entre autres Hasan Metehan Özkan d'Istanbul, Anastasia Danilova de Moldavie mais aussi Uwe Hörner, membre du bureau de l'ONG CSD Rhein-Neckar lors d'une réception au musée REM et les suivre tout au long des festivités les jours suivants.

 

 

La communauté LGBTQ a célébré du vendredi 11 août au dimanche 13 août la Christopher Street Day. Avec ses défilés, ses chars et ses concerts, c'est l'équivalent de la gay pride, en Allemagne et en Suisse. À cette occasion, des représentants d'associations LGBTQ de quatre villes jumelées à Mannheim ont fait le déplacement. Revenons sur cet événement phare et les témoignages des représentants des villes jumelées présents.

Un pin's queer accroché à un T-shirt noir, une jupe de tulle arc-en-ciel et les paupières maquillées de ces mêmes couleurs. Samedi 12 août 2017, des bulles de savon virevoltent au dessus de la foule, rassemblée devant le château de Mannheim pour supporter la cause LGBTQ (lesbienne-gay-bisexuel.le-transgenre-queer) lors de la Christopher Street Day (CSD), un équivalent de la gay pride pendant laquelle une minute de silence a été demandée pour les victimes des massacres contre les personnes LGBTQ en Tchétchénie. La veille, les militants étaient à Heidelberg. Cette année, les deux villes ont co-organisé l'évènement, avec des festivités étalées du vendredi 11 au dimanche 13 août 2017. Environ 70 000 personnes se sont déplacées pour le défilé. Une foule colorée et enthousiaste, malgré les averses. Quinze bénévoles de l'organisation non-gouvernementale CSD Rhein-Neckar ont assuré le bon déroulement des trois jours de festivités.

Une réception internationale

De gauuche à droite lors de la CSD : Les militants Hasan Metehan Özkan d'Istanbul, Daffydd Turner et Cath Elms de Sanswea, Arnon Allouche et  Yoav Zaritsky d'Haifa, Veaceslav Mulear et Anastasia Danilova de Chi?in?u et Uwe Hörner, membre du bureau de l'ONG CSD Rhein-Neckar

Cette année, l'ONG CSD Rhein-Neckar, organisatrice de la CSD, et la mairie ont invité les douze villes jumelles de Mannheim, mais seulement quatre ont répondu à l'appel : Chi?in?u en République de Moldavie, Haifa en Israël, Swansea au Royaume-Uni et Istanbul en Turquie. Pour chacune de ces villes, des représentants d'organisations LGBTQ sont venus jusqu'en Allemagne. Jeudi 10 août au soir, avant les festivités de rue, ils ont pu évoquer leur militantisme lors d'une réception « Regenbogenempfang » et d'un débat à la Zeughaus du musée REM de Mannheim. « L'idée était de travailler ensemble et de partager des expériences », résume Uwe Hörner, du bureau de l'ONG CSD Rhein-Neckar.
Dans la bouche des invités internationaux, le slogan 2017,#lovewins, prend une dimension différente. Pour Hasan Metehan Özkan de l'association Listag (Familles et ami.e.s des LGBTQ en Turquie), Anastasia Danilova et Veaceslav Mulear, du centre d'information Genderdoc-M en République de Moldavie, Yoav Zaritsky de l'association Haifa Rainbow et Arnon Allouche, membre du centre LGBT+ d'Haifa, ce slogan sonne comme une réalité à ne pas perdre de vue, pour garder espoir. De leur côté, Cath Elms et Daffydd Turner, membres du réseau LGBT de l'université de Swansea, #lovewins résonne comme un combat gagné, celui du mariage pour personnes de mêmes sexes. Mais Cath Elms le rappelle bien : « Il y a cette idée selon laquelle la lutte est terminée lorsque le mariage pour tous est adopté. C'est faux, il y a d'autres combats. »

#lovewins

Dr. Ulrike Freundlieb, maire adjoint de Mannheim chargée de l'éducation, de la jeunesse, de la santé et des sports

Après I want en 2016, cette année, ce sera donc #lovewins, en référence notamment à la loi adoptée par le parlement allemand le 30 juin 2017en faveur du mariage homosexuel. Lors de la réception « Regenbogenempfang » du jeudi 10 août avec les représentants d'organisations LGBTQ des villes jumelles, Dr. Ulrike Freundlieb, maire adjoint de Mannheim chargée de l'éducation, de la jeunesse, de la santé et des sports, s'est réjouie de ce slogan. « Nous devons remercier les militants qui se battent pour les droits LGBTQ. Sans eux, le mariage pour tous ne serait pas une réalité aujourd'hui », a-t-elle déclaré.
Uwe Hörner insiste lui aussi sur l'importance du rôle des associations LGBTQ, sans lesquelles la CSD n'aurait pas lieu. Avec le mariage pour tous voté en Allemagne presque deux mois plus tôt, l'édition 2017 a un goût de victoire. Mais comme le rappelle Dr. Ulrike Freundlieb : « Il y a beaucoup de bonnes raisons de se réjouir, mais continuons à combattre pour les droits LGBTQ. »

La lutte pour l'égalité, un combat permanent

Anastasia Danilova

À 34 ans, Anastasia Danilova, est directrice exécutive de Genderdoc-M. Cette organisation est la seule de République de Moldavie à offrir un soutien légal, et surtout humain, aux personnes LGBTQ. Il existe un énorme paradoxe en Moldavie. Depuis 2012, la loi dispose que personne ne peut être victime de discriminations à cause de son orientation sexuelle. En parallèle, deux projets de loi sont en cours, dont l'un définit l'homosexualité comme une maladie. Les LGBTQ sont toujours vus comme des ennemis de la nation dans ce pays. Selon Anastasia Danilova, le combat doit se tenir au niveau international. « Les gens en Moldavie ne sont pas au courant de ces projets de loi. Mais si nous commençons à manifester contre, la population, très conservatrice et traditionnelle, va largement soutenir cette mesure et le gouvernement se sentira d'autant plus légitime. La pression doit être internationale si l'on veut des résultats », soutient celle qui préfère se définir comme une militante pour les droits de l'humain.

Hasan Metehan Özkan

En Turquie, une grande partie du travail de l'association d'Hasan Metehan Özkan est d'aider les familles à accepter leurs enfants. « Ce ne sont pas les enfants LGBTQ qui ont besoin d'être traités, mais leurs parents », affirme-t-il. Son association, apolitique, travaille sur l'acceptation. La Turquie recule depuis plusieurs années sur les libertés LGBTQ. C'est la troisième année d'affilée que la gay pride est interdite en Turquie. Mais les militants sont toujours actifs. Pour Hasan Metehan Özkan, le changement doit avoir lieu dans les mentalités. « Mais la législation est importante bien sûr, sans quoi les gens sont discriminés, battus, tués », ajoute-il.
En Allemagne, le mariage pour tous est une victoire, mais le combat ne doit pas s'arrêter pour autant : soutenir la communauté internationale, changer la Constitution? Il y a toujours des batailles à mener pour l'égalité. Uwe Hörner aimerait voir inscrit dans la Constitution que chacun est protégé et libre quelque soit son orientation sexuelle. Il insiste aussi sur les nombreux progrès à faire pour les personnes transgenres et intersexes.

Toutes ces raisons d'être fier.e.s

Uwe Hörner

En Allemagne comme ailleurs, la communauté LGBTQ continue de se battre pour ses droits, mais elle n'oublie pas d'être fière de ce qu'elle est et de ce qu'elle a accompli. Uwe Hörner est fier de superviser la gay pride pour la 9e fois d'affilée depuis 2008 et fier du bon travail des quinze bénévoles qui l'organisent.
La plus grande fierté d'Hasan Metehan Özkan, c'est de toucher les gens droit au c?ur grâce au travail de son association.
Anastasia Danilova a toujours peur de recevoir un appel de son meilleur ami gay lui disant qu'il s'est fait tabasser. Les possibilités d'agressions lors des manifestations restent dans sa tête, mais elle est fière de continuer à militer et de pouvoir surmonter ces peurs-là. En tant que directrice exécutive de Genderdoc-M, les personnes avec qui elle travaille la rendent fière. « Et surtout, je suis fière de pouvoir aider des gens et sauver des vies. »

(Photos VK lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)
(Photos MG lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim)

Maëva Gros (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), vendredi 25 août 2017

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