CINEMA – Diane Kruger et Fatih Akin récompensés à Cannes

Par Lepetitjournal Heidelberg Mannheim | Publié le 31/05/2017 à 22:00 | Mis à jour le 01/06/2017 à 15:15

Lauréate du prix d'interprétation féminine pour son rôle dans In the Fade, Diane Kruger permet également à Fatih Akin de voir à nouveau son nom associé à un grand festival international.

(Photo © Getty images)

Dimanche soir, le jury du 70e festival de Cannes a décidé d'attribuer le prix d'interprétation féminine à Diane Kruger pour son premier grand rôle dans sa langue maternelle. Dans In the Fade, elle interprète une mère qui se bat après avoir perdu son mari d'origine turque et leur fils de 6 ans dans un attentat à la bombe commis par des néo-nazis. Le film se base sur une série d'attentats attribués au groupuscule NSU (le Parti national-socialiste souterrain) entre 2000 et 2008, en particulier contre la communauté turque.  

Fatih Akin, un habitué des festivals

Fraichement accueilli par la critique, In the Fade permet néanmoins à Fatih Akin d'être à nouveau récompensé, bien qu'indirectement. Le réalisateur germano-turc est en effet un habitué des prix prestigieux. Nommé dans différents festivals pour quasiment chaque film qu'il réalise, Fatih Akin s'est fait connaître internationalement en 2004 avec Gegen die Wand, qu a travers une histoire d'amour entre deux personnes que la vie n'a pas épargnée, montre la réalité à laquelle sont confrontés les Turcs en Allemagne. Il obtient pour ce film l'Ours d'Or lors de la Berlinale. Avec De l'autre côté il remporte trois prix, notamment celui du Prix du Jury Œcuménique à Cannes en 2007. Enfin, Soul Kitchen, qui raconte la descente aux enfers d'un propriétaire de restaurant d'Hambourg joué par Adam Bousdokos, est récompensé du Grand prix du jury à la Mostra de Venise en 2009. 

Un réalisateur engagé

On retrouve dans les films d'Akin les thèmes du déracinement, de l'immigration et des tragédies qui viennent avec. Apprécié en Allemagne pour porter à l'écran des thèmes souvent sensibles, son cinéma est aussi influencé par sa propre histoire. Fils d'immigré turcs arrivés à Hambourg dans les années 1960, Akin, né en 1973, commence très jeune à se placer derrière l'écran en tournant des petits films en caméra Super 8. En 1998 il réalise son premier long métrage, L'Engrenage, qui raconte l'existence d'un gang de petits malfrats originaires de Grèce, Turquie et Serbie, agissant dans sa ville d'Hambourg. Akin y tient également un rôle d'acteur.  

Fatih Akin est aussi un réalisateur fidèle capable de nouer des liens très forts avec ses acteurs. Ainsi, Adam Bousdokos, Moritz Bleibtreu et Ünel Birol ont fini par faire partie du cinéma du réalisateur germano-turc en jouant dans plusieurs de ses films comme The Cut, Soul Kitchen, Im Juli ou encore Gegen die Wand. Un élément que Diane Kruger, émue à l'occasion de la remise de son prix le week-end a tenu à souligner en qualifiant Fatih Akin de « frère ». 

La consécration pour Diane Kruger

L'actrice francophone née en Basse-Saxe, en jouant enfin un grand rôle en allemand, obtient également sa première grande récompense personnelle. Après avoir beaucoup tourné en France et aux Etats-Unis (Un plan parfait, ou encore Inglorious Basterds), elle connaît enfin la consécration. Apparue très émue au moment de son discours sur la scène du Palais du festival, elle a adressé un message de soutien aux victimes d'attentats aux quatre coins du monde. 

C.G (www.lepetitjournal.com/heidelberg-mannheim), jeudi 1er juin 2017

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