LE GÉNIE DE LA LANGUE - Ecole maternelle

Par Lepetitjournal Hambourg | Publié le 19/02/2013 à 00:00 | Mis à jour le 18/02/2013 à 11:26

 

Mère Michel et Père Fouettard, revenez, ils sont devenus fous ! Voilà une députée1 qui, tirant les conséquences logiques des débats sur "papa-maman" propose de débaptiser l'école maternelle, arguant du fait qu'elle n'a rien de maternel. Quant à la langue maternelle, n'a-t-elle pas déjà sombré dans un "globichon" déraciné, autant que la patrie, pays du père au profit d'un métissage indifférencié, contre lequel s'est élevé avec beaucoup de courage un autre député2, antillais et fier des croyances ancestrales, Bruno Nestor Azérot

Donc papa maman sont des parents et pour le code civil, dans certains cas, seulement "parents". Ce n'est pas une nouveauté.

Mais les mots se vident de leur sens. Parent  vient du mot "pario, parere" engendrer, mettre au monde. Or désormais, quand on s'apparie, on est souvent parent sans engendrer. Dans nombre de cas, le parent ne saurait être la parturiente ou celle qui met au monde. D'ailleurs on sera de moins en moins mis au monde ; comme disait Marguerite Yourcenar, "une mère, ça se traverse".

Bénie soit la modernité, car est apparu au XXème siècle, ce personnage nouveau, le géniteur qui confie son bien aux banques de sperme les bien nommées. Le petit spermatozoïde se fraiera un chemin à coup de flagelle - rien à voir avec le marquis de Sade - au sein d'une cellule microscopique, l'ovule.

Tout le monde pourra donc naître sous X. Ou XX+XX. Ou XY+ XY. Et ce n'est que le début de l'équation.  

Génération lambda ?
Car l'enfant, réduit aux chiffres et aux lettres, pourra aussi voir la tête qu'il aura un peu plus tard : une dame dénommée Heather Dewey-Hagborg n'a pas hésité à ramasser, dans une rue de Brooklyn,  crachats, cigarettes et chewing-gum pour restituer par électronique les traits du visage de chacun à partir de son ADN ; tout était codé, l'origine ethnique, l'âge, la couleur des yeux.3

Et l'âme dans tout ça ? Le mystère qui permet à tout homme de vivre, de rêver, d'aimer ?

Egalisons, égalisons, il en restera quelque chose, comme disait Procuste qui coupait les mains et pieds qui dépassaient ou étirait les trop petits pour que tous soient aux dimensions de son lit.

Pourquoi ne pas greffer tout de suite un phallus aux nouveaux nés filles, un utérus aux bébés garçons, pour que tout le monde ait enfin une égalité du choix de son genre ?

C.Q.F.D.

Elizabeth Antébi (www.lepetitjournal.com/cologne) Mardi 19 février 2013

1 Mme Sandrine Mazetier
2 cf. son intervention vidéo http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/31/les-deputes-d-outre-mer-boudent-le-mariage-pour-tous_878268?xtor=EPR-450206
3 http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/02/10/ne-laissez-pas-trainer-votre-adn-partout/

A relire :

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