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AEROMORNING - Eurocopter fête 20 ans de succès franco-allemands.

Par Lepetitjournal Hambourg | Publié le 17/09/2012 à 00:00 | Mis à jour le 21/11/2012 à 11:37

 

La fin de la semaine a été occupée par n'annonce de négociation de fusion entre EADS et BAE System. On en aurait presque oublié le salon aéronautique de Berlin ... Quant au 20ème anniversaire d'Eurocopter, Pierre Sparaco revient pour nos lecteurs sur les 20 ans de cet exemple de réussite franco-allemande.

Marignane n'avait jamais rien connu de tel : 80.000 personnes envahissant le site d'Eurocopter, en bordure des pistes de l'aéroport de Marseille-Provence, pour fêter les 20 ans de l'entreprise. Une réussite exemplaire qui a permis à la société franco-allemande de se hisser au rang enviable de numéro 1 mondial des voilures tournantes. Et, mieux encore, de confirmer qu'elle a brillamment réussi à mettre en place une bi-nationalité profondément ancrée dans ses m?urs en même temps qu'une culture d'entreprise que l'on ressent exceptionnellement forte. D'où cette image d'immense fête de famille joyeuse, dimanche, ponctuée par des présentations en vol soigneusement millimétrées. Et ponctuées d'applaudissements nourris : ils et elles sont visiblement fiers de leur entreprise.
Certes, Eurocopter n'a que 20 ans mais sa véritable histoire est sensiblement plus longue. L'ex-division hélicoptères de Sud-Aviation et les artisans des voilures tournantes de Messerschmitt-Bölkow-Blohm, Henri Ziegler et Ludwig Bölkow en tête, se sont inscrit très tôt dans l'axe tracé par le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, il y aura bientôt un demi-siècle. Marignane et Donauwörth ont marié des savoir-faire largement complémentaires pour en arriver à concevoir l'inimaginable, une fusion par-dessus le Rhin, une opération d'une folle audace.

Marignane et Donauwörth: les deux villes d'Europcopter
Jean-François Bigay, qui fut le premier président de l'entreprise unique, venu à Marignane humer l'air des 20 bougies de la réussite, l'avait bien expliqué, à l'époque : malgré l'absence de droit européen, des cultures d'entreprises différentes, de régimes sociaux sans dénominateur commun, Eurocopter avait réussi à conduire la notion de fusion binationale aux limites extrêmes de ce qui était pratiquement possible. Ce fut plus qu'une réussite, un exemple à suivre, la preuve de la force que permet l'union. Aujourd'hui, l'actuel président de la société, Lutz Bertling, évoque le plus naturellement du monde «notre histoire franco-allemande», Allemand francophone qui confirme implicitement le bien-fondé du cours de l'histoire. C'est, en quelque sorte, naturel. Ou, tout au moins, ce n'est devenu.
En voyant voler l'impressionnant X3, démonstrateur technologique hybride récemment revenu d'une tournée très remarquée aux Etats-Unis, en observant les évolutions du redoutable Tigre, en entendant parler de nouveaux projets prometteurs, on comprend qu'Eurocopter bénéficie de la très grande motivation de son personnel. Dans le même temps, tandis que la Bavière peut s'appuyer sur un sentiment d'appartenance similaire, parallèle, cette réunion de famille a permis de rappeler qu'il s'agit du plus gros employeur des Bouches-du-Rhône : 8.375 personnes (au moins 12.000 avec les sous-traitants français), un chiffre d'affaires annuel de plus de 5 milliards d'euros, 132 bâtiments à Marignane sur un site de 80 hectares, 20.000 personnes en additionnant France, Allemagne et implantations à l'étranger, à commencer par American Eurocopter, au Texas.

Avant les hélicoptères, les hydravions ...
Marignane a connu une première vie industrielle, avant les voilures tournantes. La saga s'est construite à partir de 1938, avec le LeO 45, l'imposant hydravion SE 200, l'autogire novateur SE 700 (déjà !), les Vampire, Mistral et autres Aquilon. Fort heureusement, le souvenir de ces grandes heures est soigneusement entretenu, ce précieux patrimoine historique dûment préservé, comme l'a rappelé la belle exposition de documents anciens mise en place à l'occasion de cet anniversaire.

Jean-François Bigay a avoué à nos confrères du quotidien «La Provence» (édition datée du dimanche 9 septembre) ce qu'il a appelé une frustration, qui mériterait être précisée à l'intention des historiens : «en 2003, tout était prêt pour le rachat de l'américain Sikorsky. Mais la Maison Blanche a dit non. Dommage !» Quoi qu'il en soit, un bel anniversaire?


Pierre Sparaco - AeroMorning pour lepetitjournal.com de Hambourg (www.lepetitjournal.com/hambourg.html) Septembre 2012
Retrouvez sur Aeromorning les autres chroniques de la semaine: http://www.aeromorning.com/index2_chronique.php - Crédit photo: Aeromorning (sauf mention contraire)

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