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AGRICULTURE : Barahona lutte pour sauver son café

Par Lepetitjournal Haiti | Publié le 17/11/2017 à 12:38 | Mis à jour le 17/11/2017 à 17:25
Photo : Feuilles de caféier atteint de rouille
Feuilles de caféier atteint de rouille

Les producteurs de Barahona font de grands efforts pour sauver les plantations de café des dommages causés par la rouille, maladie qui a dévasté les plantations de café et ceci depuis de nombreuses années. Cette maladie, par exemple, est responsable de la disparition du café en Ethiopie, son lieu d'origine.

Dans la péninsule de Barahona où se trouve la Sierra de Bahoruco, région montagneuse et privilégiée, regroupant des conditions exceptionnelles pour produire le « Café Barahona » appellation reconnue et récompensée par des prix pour ses qualités exceptionnelles. Il est demandé dans tous les marchés de café du monde.

Vers la fin de 2009, au début de la récolte les plantations ont été décimées, en laissant les producteurs en plein désarroi, sans la possibilité de remédier à cette situation. Cette calamité a conduit les plantations à l'abandon et forcé les planteurs, dans certains cas, à un changement radical d'activité, sans espoir de sauver leurs plantations.

Incompréhension des autorités

Deux envois de semences qui auraient pu sauver notre café ont été perdu.

José del Carmen Acosta, ancien ambassadeur dominicain en Haïti et actuel ambassadeur au Honduras, obtint des autorités agricoles de ce pays des semences d'une variété de café tolérant la rouille et obtenue grâce à des programmes d’ hybridation ou de croisements de différentes variétés de café . L’Ambassadeur Acosta, dont les ancêtres étaient des caféiculteurs de notre région, voue une éternellement reconnaissance aux autorités honduriennes pour 25 quintaux de semences fournis en guise de donation, mais savez vous ce qui arriva, les autorités douanières de notre pays interdirent leur dédouanement et Barahona n’a pas pu en profiter. Ces deux cargaisons de semences auraient pu aidées à restaurer nos plantations de café.

Le plus triste est que malgré les demandes d'aide constantes que nous avons faites de différentes manières, journaux de circulation nationale, programmes télévisés et efforts personnels pour motiver les autorités à venir en aide à la région, il n'y a jamais eu de réponse. En 2012, trois ans plus tard, lorsque de nouvelles autorités nous ont rendu une visite dans la région de Chene où avaient  commencé la maladie, leur réponse pour contrer le mal fut très pauvre, lente, avec très peu de ressources, sans même fournir les techniciens qualifiés pour ce travail. Les ressources économiques aux producteurs, pour les aider à régénérer leurs  plantations qui constituent leurs vies, leurs seuls moyens de subsistance, leur économie ancestrale et la culture de toute cette région, leur furent refusées.

La « Coopérative appellation d'origine Barahona »

Aujourd'hui Barahona fait des efforts pour former les producteurs de café membres de la « Coopérative appellation d'origine Barahona ». Son but est d’unir leurs efforts et leurs ressources afin de financer les opérations de chacun de ces producteurs afin qu'ils puissent continuer à travailler sur leurs fermes et arriver à récolter leurs cafés sans prendre des avances de fonds des spéculateurs qui achètent à vil prix et vendent le café à des prix beaucoup plus élevés. Ils pourront ainsi sortir de cette situation précaire.

Le café et notre environnement

Nous croyons qu’il est important de signaler l’importance de la culture du café dans la lutte pour la sauvegarde de l’environnement. Les plantations de café ont un rôle régulateur de la température et du climat, ainsi que dans la préservation de l'eau, du sol et d'autres ressources naturelles. Les plantations, situées au niveau immédiatement en dessous de la forêt tropicale, régulent et contrôlent le ruissellement des eaux de pluie sur les pentes des forêts humides, contribuant ainsi à faciliter la pénétration de l’eau dans le sol.

CerisesCerises de caféier sain

Les plantations de café   sont formées d’une diversité d’arbres qui donne de l’ombre aux caféiers. Ces arbres produisent aussi du bois précieux, des fruits tropicaux, des arbres aromatiques dont les fleurs, feuilles, racines rentrent dans la fabrication des parfums. C’est une interaction symbiotique diversifiée d’organismes et de microorganismes, végétales et animales, qui composent un habitat unique.

Barahona, fille cadette de la France

C’est sous la demande de la France que le General Toussaint Louverture, gouverneur de toute l’ile de Saint-Domingue, procéda à la fondation de la ville de Barahona. La France introduisit le café dans la partie de l’ile qui deviendra haïtienne et les haïtiens l’introduisirent à Barahona par l’entremise des Corses qui y résidaient et du dominicain Damasco Suero.

Nous nous en voudrons de ne pas rappeler aussi les liens de notre icône  Maria Montez, la reine du technicolor à Hollywood, avec la France. Elle épousa l’acteur Jean-Pierre Aumont et leur fille Tina Aumont, épousa de Christian Marquant.

maria montez.jpg 

Maria Montez, son époux Jean-Pierre Aumont et leur fille Tina

 

C’est pour ces, raisons que la « Cooperativa De Caficultores Denominación De Origen Barahona» souhaiterait que ce soit la France, ce grand pays protecteur et amoureux des ressources naturelles, qui lui vienne en aide pour sauver, développer et maintenir la culture du café « Barahona ».  

 

CAMILO CURY

Camilo Cury

Agronome

 

Vendredi 17 novembre 2017

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