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Grèce: procès de jeunes Afghans, accusés d'avoir mis le feu au camp de Moria à Lesbos

Par AFP | Publié le 11/06/2021 à 13:05 | Mis à jour le 12/06/2021 à 09:50

Quatre jeunes Afghans ont commencé à comparaître vendredi devant un tribunal de l'île grecque de Chios, accusés d'avoir mis le feu au tentaculaire camp de Moria, à Lesbos, en septembre 2020, alors le plus grand de réfugiés d'Europe dont il n'était resté que des cendres.

Arrivés menottés et encadrés par des policiers, les accusés encourent jusqu'à 15 ans de prison pour incendie criminel et appartenance à une organisation criminelle, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Le méga-camp sordide de Moria, mis en place en 2005 au pic de la crise migratoire, avait été entièrement détruit par les flammes, dans deux feux consécutifs, les 8 et 9 septembre 2020, qui n'avaient pas fait de victime.

Mais près de 13.000 migrants laissés sans abri étaient restés en errance plusieurs jours sur l'île de Lesbos, parmi lesquels enfants, femmes enceintes et handicapés, avant qu'un camp d'urgence ne soit ouvert à la hâte.

Lors d'un procès distinct, deux autres jeunes Afghans, mineurs au moment des faits, ont été condamnés à 5 ans de prison, en mars dernier, par un tribunal de Lesbos, qui les a reconnus coupables de figurer parmi les incendiaires.

Sur l'île voisine de Chios, où se tient le deuxième procès, les avocats des quatre Afghans devaient d'abord soulever la question de la minorité, en l'absence des journalistes qui n'ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal pour des raisons sanitaires.

L'ONG qui les défend, le Legal Centre Lesbos, dénonce le fait que trois d'entre eux n'aient pas été reconnus comme mineurs au moment des faits, alors qu'ils avaient présenté des documents prouvant qu'ils avaient moins de 18 ans lors de leur arrestation.

- Le témoin-clé absent -

L'essentiel de l'accusation repose sur le témoignage d'un demandeur d'asile afghan qui vivait également dans le camp de Moria et a désigné les six accusés comme auteurs de l'incendie, selon une source judiciaire.

Ce témoin-clé n'était pas présent à l'audience vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP. Selon la défense, il était également absent du procès des deux mineurs afghans à Lesbos en mars, car n'avait pas pu être localisé.

afp

"Ce n’est pas nous qui l’avons fait, nous sommes innocents", avaient crié les quatre suspects, selon leur interprète, lors de leur comparution à la mi-septembre devant un juge d'instruction à Lesbos.

Ils accusent ce témoin, d'origine pachtoune pratiquant l'islam sunnite, de les avoir désignés comme les incendiaires car ils sont Hazaras, une minorité chiite souvent persécutée en Afghanistan.

Les autres témoins de l'accusation sont des policiers, des pompiers appelés sur les lieux de l'incendie et des membres du Service européen d'asile et d'ONG qui travaillaient dans le camp.

Les violences entre groupes rivaux étaient fréquentes dans le camp de Moria, le plus grand d'Europe, dont la capacité d'accueil avait triplé au fil des ans, dépassant les 20.000 personnes en mars 2020.

Au moment de l'incendie, la situation était explosive dans le camp surpeuplé, où les migrants vivaient dans des conditions d'hygiène déplorables et frappés depuis des mois par un confinement strict en raison de la pandémie de coronavirus.

Comme le reste du pays, Moria avait été confiné en mars 2020 mais n'avait pas bénéficié des déconfinements successifs en Grèce. Car à la différence du reste de la population, les camps de migrants de Grèce sont toujours restés soumis aux mêmes restrictions de circulation strictes. Les ONG y étaient également interdites en raison des risques de contamination.

Mais le 2 septembre 2020, un premier cas de coronavirus a été détecté chez un réfugié de retour à Moria après un séjour sur le continent.

Selon des témoignages obtenus par l'AFP, des tensions avaient explosé, la nuit du 8 au 9 septembre, quand le premier feu s'est déclaré, impliquant quelque 200 migrants qui refusaient d'être placés en quarantaine dans une section du camp placé à l'isolement. Ces migrants avaient été en contact avec le cas de coronavirus.

La plupart des résidents de Moria ont été relogés dans un camp d'urgence où ils se trouvent toujours aujourd'hui dans des conditions de vie décriées par plusieurs ONG.

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