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RENCONTRE - Oskar Mahler présente le plus petit musée de Francfort

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 08/08/2018 à 00:57 | Mis à jour le 08/08/2018 à 23:39
Photo : © Photo AB lepetitjournal.com/francfort
MARTEAU OSKAR MAHLER Francfort musée

À 66 ans, Oskar Mahler a beaucoup voyagé. Paris, Londres, Belfast et même San Francisco… Il a finalement décidé de revenir dans la région où il a grandi et d’ouvrir un musée du marteau. Concept original mais très significatif, le musée est classé parmi les 11 plus curieux du monde et offre même la possibilité d’y prendre son petit-déjeuner ! Très engagé, Oskar Mahler est également impliqué dans l’organisation de la Banhofsviertelnacht (nuit de la gare) et se bat contre l’excision des femmes dans le monde. Rencontre avec cet Allemand hors du commun qui fête des 66 ans ce jour.

Lepetitjournal.com/francfort : pourquoi collectionnez-vous les marteaux ? D’où vous vient cette passion ?

Oskar Malher : ce qui me fascine dans les marteaux, c’est le fait que les personnes sont capables d'assembler plusieurs choses pour en faire un nouvel objet avec une toute autre vocation. Tout d’abord, l’homme a commencé à travailler la pierre, puis le bois, et ensuite, il a eu l’idée de combiner les deux. L’homme a inventé le marteau de cette manière, c’était le début de l’artisanat. Cette capacité d’assembler des matériaux ou des objets pour obtenir un autre objet m’a toujours fasciné. Le marteau a d’ailleurs toujours fasciné les gens, ce n’est pas pour rien qu’en allemand on a l’expression « Das ist hammer ! » qui signifie « c’est génial ! ». (marteau se dit Hammer en allemand, ndlr)

Comment vous y êtes-vous pris pour ouvrir votre musée consacré aux marteaux ?

Je suis sculpteur de formation et j’avais de nombreux marteaux dans mon atelier. Je ne voulais pas que mes outils restent privés et que je sois le seul à en profiter. Je ne voulais pas non plus m’en débarrasser… Alors, j’ai décidé d'ouvrir un musée pour les montrer au public et en faire des objets de valeur. J’ai ainsi commencé à acheter des marteaux, à en rapporter de mes voyages et à les collectionner ! Au musée, il y a des marteaux du monde entier : certains viennent de Sibérie, d’autres d’Afrique… Je m'apprêtais à aller à Belfast monter mon musée lorsque j'ai vu une annonce parue dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung :  un cordonnier du quartier de la gare de Francfort recherchait un artiste avec un projet particulier pour son 1er étage. J’ai pensé que des milliers d’artistes poseraient leur candidature et finalement j’étais le seul ! Forcément, j’ai obtenu la place sans trop de difficultés… Le musée a ouvert ses portes en 2005 et c’est aujourd’hui le musée du marteau le plus connu au monde.

Votre musée n’est pas sans rappeler le Hammering Mann, sculpture monumentale de la ville de Francfort qui représente le travail. Votre musée a-t-il une symbolique particulière que vous souhaitez transmettre aux visiteurs ?

Ce que je fais avec les marteaux, c’est de la culture, au même titre que la musique ou la peinture, et à travers le musée, ce n’est pas l’histoire du marteau que je souhaite raconter, mais l’idée du marteau, expliquer ce qu’est un marteau. Pour ce qui est du lien entre le Hammering Mann et le musée, je pense que la symbolique n’est pas tout à fait la même. Jonathan Borofsky, l’artiste qui a offert la sculpture à la ville de Francfort, voulait absolument que le Hammering Mann soit installé en bas de la Messeturm. J’ai beaucoup échangé avec Borofsky. Il a souhaité par son œuvre montrer que l’argent vient du travail physique et non pas du commerce.

A qui s’adressent les visites au musée du marteau ? 

Mes visites s’adressent à tous ! Toutes sortes de personnes viennent me voir, des touristes de passage, des professionnels, des habitants de Francfort… Je reçois aussi bien des individuels que des groupes. J’organise aussi des visites du quartier de la gare en français, en anglais ou en allemand. La visite dure environ 1h30 et il est même possible de prendre son petit-déjeuner au musée !

 

Musée du marteau Francfort
(Photos AB lepetitjournal.com/francfort)

 

Vous avez vécu à Paris et dites avoir trouvé l’amour là bas. Qu’est-ce qui vous a fait revenir en Allemagne ?

Je suis parti d’Hofheim, petite ville située près de Francfort, après mon bac, quand j’avais 17 ans. J’ai vécu quatre mois à Paris où j’étais distributeur publicitaire, un job étudiant pour gagner un peu d’argent. Initialement, je viens d’une petite ville de Bavière, et c’était la première fois que j’allais dans une grande métropole. Je n’ai jamais pu revivre dans une petite ville après  mon expérience parisienne ! Après la France, j’ai vécu à San Fransisco, Londres, Belfast et enfin Francfort… Concernant le grand amour, il est préférable que certaines choses restent dans l’ombre(Rires). Mais ça m’a permis de découvrir la ville de l’amour et une autre vie. J’y ai grandi et je suis devenu un homme nouveau.

Vous avez écrit le livre Pas de deux sur la gare de Francfort et son quartier. Qu’est-ce que ce quartier a de si particulier ?

Après que la gare a été érigée en 1888, les riches habitants de Francfort ont réclamé la construction d’un nouveau quartier autour de celle-ci doté d’une architecture selon les préceptes du baron Haussmann, comme à Paris. Ainsi, le quartier a pris forme avec de grandes avenues, des façades opulentes, c’était la première fois qu’on pouvait élever des immeubles de 5 étages. Si la ville n’avait pas lancé ce nouveau plan d’urbanisme, Francfort ne serait jamais devenue une métropole. Ce qui est intéressant, c’est que la gare de Francfort, qui est construite dans le même style que la Tour Eiffel, a été bâtie un an auparavant, le 18 août 1888. Les Allemands ont donc été plus rapides que les Français ! (Rires).

Vous jouez également un rôle dans la Bahnhofsviertelnacht : quel est ce rôle et en quoi consiste cet événement ?

Chaque année, le quartier fête l’anniversaire de la gare en août et organise la Bahnhofsviertelnacht ou nuit de la gare. Cette année elle aura lieu le 16 août.  Au fil des ans, l’événement s’est agrandi, et il accueille aujourd’hui plus de 40 000 visiteurs. Pour les habitants d’ici, c’est un peu comme notre fête nationale, le 18 août c’est notre 14 juillet, et je me sens très patriote envers mon quartier à ce moment-là de l’année.

Par ailleurs, j’ai créé le projet Making Friends qui a pour but de dénoncer l’excision des femmes dans le monde. Un jour, j’ai lu un peu par hasard un article sur le sujet, et ça m’a révolté… Je me suis dit qu’il fallait agir et faire en sorte que cela cesse. J’aurai un stand lors de la Bahnhofsviertelnacht le 16 août pour parler de mon projet. Dans cette aventure, je suis la seule personne de plus de 30 ans ! (Rires). J’envisage d’ailleurs de partir 6 mois en Afrique afin de mettre en place des actions concrètes avec Making Friends.

Agathe Bossard (www.lepetitjournal.com/francfort), mercredi 8 août 2018

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