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RETOUR D'EXPATRIATION – Le casse-tête de l'école

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 17/07/2014 à 23:28 | Mis à jour le 18/09/2014 à 06:37

 

Parmi les nombreux soucis à gérer lors d'un déménagement, l'inscription des enfants à l'école n'est pas le moindre. A qui s'adresser ?  Comment poursuivre un parcours bilingue, la pratique d'une langue "rare", ou réintégrer le système français après quelques années dans le système international ?

Après un séjour de longue durée à l'étranger, une réinstallation en France peut s'avérer difficile pour un enfant. Le choix d'un établissement scolaire est donc important pour que celui-ci puisse retrouver l'équilibre et s'adapter à sa nouvelle vie.  

Comment choisir ?
Constituez dès que possible le dossier scolaire de vos enfants et commencez les démarches administratives en amont, c'est-à-dire de préférence en début d'année civile. Si possible n'attendez pas l'été pour chercher une place quelque part. Tout ce que vous pouvez espérer à cette date, c'est un établissement où il reste des places. Inutile de vous dire que ce ne sera pas l'un de ceux que l'on vous recommande : on y aura fait le plein d'élèves. Jean rentre en région lyonnaise avec ses trois enfants. "J'ai eu l'impression désagréable de devoir 'vendre' mon fils, j'ai dû pleurer pour qu'on l'accepte dans le collège privé pas trop loin du lycée de sa s?ur ainée?"

Chloé rentre de Bangkok, avec deux enfants au primaire : "La sectorisation est contrairement à ce qu'on raconte très stricte à Paris donc la scolarisation d'enfants dépend avant tout du lieu d'habitation et tout le monde ne peut pas habiter près du Parc Monceau ! Pourtant, nous sommes privilégiés car nous avons la chance d'avoir notre appartement à Paris a priori bien situé, mais les écoles du quartier sont classées en zep. Un peu dur pour mes deux garçons de passer d'un lycée français doré à une zep... Du coup, nous nous sommes rabattus sur le privé en dépit de nos convictions. L'école choisie est une école moyenne mais qui garantit juste un bon environnement de travail?.
Nathalie, expatriée en Afrique du Sud, rentre en France fin août : "Ma fille devrait commencer cette année la 1ère année de maternelle. Je crois que les inscriptions doivent se faire avant fin juin. Seulement, nous ne savons pas encore où nous allons et connaissant l'entreprise de mon homme, on le saura, comme d'hab, à la dernière minute. Puis vu qu'on quitte l'Afrique du sud fin août, le temps de trouver un logement en France et de s'installer, je pense que ça va être difficile de la scolariser dans le public cette année?". Cette contrainte du justificatif de domicile explique le recours de nombreux expatriés à la domiciliation chez un proche, en attendant de trouver un logement.

photo AFP

Les problèmes d'équivalence et tests de niveau
En général, les enfants d'expatriés qui ont suivi leurs études dans un établissement français du pays d'accueil ou ont suivi les cours délivrés par le CNED classe complète, arrivent facilement à s'intégrer dans leur nouvelle école, de retour en France.? En revanche, à partir du CP, les élèves qui ne relèvent pas d'un établissement français public ou privé sous contrat, ni d'un établissement de l'étranger homologué, ni d'un établissement du réseau AEFE (conventionné ou en gestion directe), doivent subir des tests d'évaluation de leur niveau. C'est donc le cas d'élèves de lycées internationaux qui souhaitent réintégrer le système français. Ils devront passer un test de niveau organisé par l'inspection académique avant d'intégrer leur classe. C'est pourquoi il est conseillé à ces enfants de suivre des cours par correspondance (voir notre article Enseignement à distance: comment choisir ?) s'ils souhaitent réintégrer le système français.

Laure a passé deux années en Inde avant de rentrer en France. Ses deux enfants étaient dans une école internationale : "Pour celui qui est parti en CP, gros souci pour écrire en attaché et un peu pour comprendre les règles si rigides de l'école française. Pour le plus grand, pas de souci majeur, il a intégré sa classe avec enthousiasme".

L'inscription au lycée
Elle peut s'avérer plus complexe compte tenu de l'éventail des formations offertes. N'hésitez pas à vous renseigner sur les nombreuses filières qui sont ouvertes à vos enfants.
- Pour inscrire un enfant en lycée privé sous contrat, on commence par s'adresser directement à l'équipe de direction de l'établissement (ou des établissements) visés. Procurez vous leurs sites, vous y trouverez sans doute des renseignements très utiles. Les enfants de Christiane réussissent brillamment au Lycée Français de Hong Kong. Elle présente leur dossier aux meilleurs établissements parisiens : "Problème, une fois le dossier retenu, il faut passer un entretien. Certains établissements acceptent de le faire par skype. Mais pour Stanislas, par exemple, il faut se déplacer. Donc impossible d'espérer y entrer, sauf bien sûr si l'on fait un petit aller-retour !".

- Pour une admission dans un lycée public, il faut en passer par un dossier de demande d'affectation que vous téléchargerez sur le site de l'académie qui vous intéresse. Il faudra renseigner ce dossier, et le faire parvenir au service ad hoc de ce rectorat, dans les délais signalés. Pour choisir un lycée, tenez compte de son adresse par rapport à celle qui sera la votre, des options proposées en classe de première, assurez vous qu'on y répare bien au bac que vous visez? Certains lycées sont plus demandés que d'autres. Attendez-vous à ce qu'en cas de refus, l'affectation soit prononcée au profit d'un autre lycée? y compris un lycée que vous n'auriez pas demandé !

Les inscriptions dans les établissements scolaires parisiens sont particulièrement difficiles, en particulier pour l'entrée en seconde, compte tenu de la pression démographique très forte qui y règne, et de la concentration des premiers voeux des familles sur quelques dizaines d'établissements à bonne réputation.

Dans le public, seuls les lycées Henri IV et Louis le Grand sont autorisés à faire du ?recrutement en face à face?, et encore, sur un quota des places seulement. Vous pouvez donc demander à être reçu par les chefs d'établissements de ces deux lycées. Autres cas particuliers : les sections internationales (voir plus bas), sportives, danse, musique? Dans ce cas, il faut adresser une demande directe auprès de chaque établissement concerné.

A noter: ni le choix des enseignements d'exploration, ni celui des options facultatives, ne sont pris en compte comme critère d'affectation. La pratique d'une langue vivante "rare" ne permet pas d'échapper à la sectorisation. Toutefois on peut s'adresser soit au rectorat de votre académie, soit à l'inspection académique de votre département, service des inscriptions en lycée, pour demander une dérogation sur cette base.

L'enseignement des langues
Le fils cadet de Chloé était dans une classe bilingue français-anglais : ?J'ai envoyé des e-mails à la terre entière : académie de Paris, directeur d'école primaire, de collèges, inspecteurs d'académie, association de parents d'élèves... et rien, il n'y a pas de sections publiques bilingue en primaire à Paris. Notre seule option, l'école privée à un tarif exorbitant. Comme c'est hors de question, il nous reste le British council. Les garçons passent les test par téléphone. Si ça marche, ils auront deux heures de cours le mercredi, et si ça ne marche pas on essaiera de trouver un professeur privé."

Certains collèges proposent des ?classes européennes? ou des ?classes asiatiques?, qui sont des classes qui mettent l'accent sur une des deux langues étrangères apprises depuis la sixième. Ces filières sont sélectives. Pour placer son fils Arthur en 4e section européenne à Lyon, Pascale a constaté avec surprise que le principal du collège ne connaissait pas le niveau des examens de Cambridge effectués par l'élève : "Arthur a des notes autour de 12 en anglais, mais dans le niveau le plus avancé, quasi bilingue. D'ailleurs, il a réussi ses tests de Cambridge, par rapport au niveau moyen des 5e français, il n'y a pas photo ! Mais cela a été compliqué d'expliquer cela, sans notre insistance, des courriers de ses professeurs et du principal, il n'aurait pas été pris !"

Les sections internationales
Certains lycées français offrent des ?sections internationales? (franco-allemande, franco-anglaise, franco-espagnole  etc.) par lesquelles on peut préparer un double baccalauréat : celui de la France, et celui du pays étranger concerné. Ainsi, le ?bachibac? est un double bac : le bac (ES, L ou S) français, et le ?bachillerato? espagnol. Ce sont uniquement des bacs généraux. Quatre lycées publics parisiens (Louis le Grand, Gabriel Fauré, Jean de La Fontaine et Jacques Decour), proposent une section internationale chinois.

Ces filières commencent en classe de seconde. On ne peut donc y accéder qu'en sortant de troisième. Les contingents de places sont limités, il y règne une assez sévère sélection à l'entrée, notamment par le niveau acquis en langue étrangère (condition nécessaire, mais non suffisante : avoir acquis en langue étrangère le niveau B1 du ?cadre européen commun de référence pour les langues?). Il faut aussi un bon dossier général, témoigner d'une grande motivation et d'une importante capacité de travail. Attention : ces filières étant sélectives, vous avez intérêt à procéder par ailleurs à des voeux d'orientation de recours..

Attention aux langues "rares" en LV2
De nombreux élèves, chaque année, ayant opté pour une langue vivante 2 rarement enseignée (et non rare vu le nombre de locuteurs de mandarin dans le monde...), éprouvent des difficultés à trouver la possibilité de prolonger cet apprentissage lorsqu'ils sont amenés à déménager.

Depuis 5 ans en Asie, c'est tout naturellement que Louise a attaqué le chinois en LV2 à Singapour. Alors qu'elle s'apprête à déménager pour le Maroc, elle se demande comment elle va pouvoir  gérer l'apprentissage de cette langue qui n'est pas proposée dans son collège. "Ça m'inquiète un peu de suivre le CNED toute seule surtout pour la pratique d'une langue vivante". Heureusement, aujourd'hui, avec les technologies modernes de communication, le CNED a changé : quand on apprend le russe, on communique avec un vrai prof de russe, par écran et webcam. On retrouve des situations similaires avec le néerlandais, le japonais, le russe, l'hébreu?

"Nous sommes résidents depuis 3 ans à Hong Kong où nos enfants sont scolarisés au Lycée International, dit Camille. Notre fils est en 3e en section orientale et il étudie donc uniquement l'anglais et le chinois. Dans le cas de notre retour dans la région de Grenoble nous n'avons pas trouve d'établissement proposant le Chinois en LV2, uniquement en LV3".
La solution la plus fréquemment proposée par l'administration est celle du basculement de la LV2 en LV3, ce qui oblige à faire émerger une LV2 que l'on ne domine pas toujours. C'est souvent encore plus compliqué en province qu'en région parisienne où la concentration d'un très grand nombre d'établissements et d'élèves, et la présence de ?centres culturels? gérés par les ambassades (de Chine par exemple) rendent les choses moins difficile en la matière.

Pourtant, les élèves qui apprennent le chinois ont de la chance ! Il y a actuellement en France plus de 33.000 élèves qui apprennent le chinois dans 593 collèges et lycées. C'est 13% de plus qu'il y a un an et 400% de plus qu'il y a dix ans, selon une note de Joël Bellassen, inspecteur général de chinois au ministère de l'Education nationale. Avec l'ajout de la Corse, le mandarin sera enseigné dans toutes les académies de métropole à la rentrée 2013.

MPP (www.lepetitjournal.com) lundi 10 juin 2013

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