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VIVALING – "Tous les enfants sont des génies linguistiques"

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 17/02/2016 à 20:02 | Mis à jour le 18/02/2016 à 01:07


Citoyen du monde et polyglotte, Bernard Golstein a monté la première académie de langues en ligne pour les 3 à 15 ans sur un constat : seul l'enfant peut vraiment acquérir une langue étrangère. Grâce à une méthodologie fondée sur les dernières avancées des neurosciences et une approche ludique, VivaLing a l'ambition secrète de changer la vie des enfants en leur permettant de communiquer avec aisance en plusieurs langues. Mais aussi de faire avancer la linguistique.

De son enfance nomade, Bernard Golstein a gardé un attachement profond aux langues étrangères. Au gré des expatriations de ses parents et de ses brillantes études, il apprend à maîtriser une demi-douzaine d'idiomes, "un cercle vertueux" dit-il.  Pour son premier poste en Turquie, il réalise rien de moins qu'une "grammaire du turc". "Le turc est une langue d'une logique extrême, explique en souriant cet ingénieur de formation. Je me suis amusé à faire une grammaire très scientifique avec des formules mathématiques, qui a eu son lot de détracteurs et de fans".
Avec son épouse sud-africaine, il s'installe ensuite en Inde, toujours pour  une multinationale française dans le secteur de l'énergie. Là, tout change, son aptitude à apprendre diminue. "J'ai eu la révélation lorsque j'ai fait du hindi : problèmes de prononciation, d'accent, de grammaire, de vocabulaire..." Pourquoi ? "Deux facteurs : la plasticité du cerveau diminue avec l'âge, mais il y a aussi une raison psychologique : on n'a pas envie de faire des erreurs à un certain âge, d'être évalué négativement. Ce phénomène s'appelle l'anxiété langagière et touche beaucoup moins les enfants."

"Le cerveau d'un enfant est un processeur statistique"
L'enfance est donc le moment où la langue doit être apprise pour se rapprocher du niveau d'un locuteur natif. Un enjeu d'autant plus important qu'une récente étude montre que 23% des Français affirment avoir raté un emploi faute de parler correctement l'anglais. "Alors que les moyens dévolus à l'enseignement aux adultes sont considérables, avec des résultats variables (certains adultes peuvent apprendre, d'autres se heurtent très vite à un plafond), j'ai pris conscience de l'importance de l'âge pour l'apprentissage. Or, il n'existait pas d'offre homogène, accessible partout sur la planète et à un coût raisonnable".
C'est ainsi qu'installé à Singapour, Bernard Golstein s'associe à Wang Zihan, une Chinoise également passée par l'école des Mines de Paris, et fonde VivaLing avec une démarche très différente de sa "grammaire turque",  où il traquait l'exactitude des expressions et des accords. "Notre approche pour les enfants est fondée sur une logique de communication, un apprentissage plus implicite qu'explicite. Le cerveau d'un enfant est un processeur statistique. On l'expose à une grande quantité de langage, et en lui le modèle s'affine en fonction du feedback qu'on lui donne. Son cerveau fait des hypothèses et il les teste".
Avec Abbie Adeyeri, sa responsable pédagogique américaine, sur la base de travaux de l'université de Nottingham ou du professeur Patricia Kuhl de l'université de Washington, VivaLing crée sa propre méthode, spécifique pour les enfants et l'apprentissage en ligne. "Elle est basée sur l'enseignement de langue communicatif (où la communication est à la fois un objectif et un moyen d'apprentissage), et est renforcée par une approche structuréeOn apporte aussi une dimension ludique, tout en étant très sérieux, nous veillons à l'épanouissement de l'enfant."
Les professeurs de VivaLing, tous locuteurs natifs et hautement qualifiés, enseignent l'anglais, le chinois, l'espagnol et le francais aux enfants en ligne, par vidéo en temps réel, en utilisant une technologie de pointe. Ils sont formés à avoir un contact visuel avec leurs élèves, à regarder à travers l'écran. La durée des cours est très variable (15, 25, 40 et 55 minutes), afin de s'adapter au mieux à l'âge et à la concentration de l'enfant. Tout est personnalisé. "On enregistre toutes les séances et on va ainsi pourvoir déterminer ce qui est efficace et ce qui ne l'est pas. On a l'ambition secrète de contribuer à faire avancer la didactique des langues, on en a l'envie et les moyens."

                                                               
Bernard Golstein, co-fondateur de VivaLing

Les bébés, auditeurs universels
VivaLing a été sollicité pour établir des partenariats notamment avec l'une des plus prestigieuses universités singapouriennes. "Nous réfléchissons d'ailleurs à une offre pour les nourrissons, nous avons déjà des parents volontaires, des personnes qui nous connaissent déjà et qui ont compris notre approche. Quand les bébés naissent, ils sont auditeurs universels. Vers un an, ils perdent la faculté de percevoir les sons qui ne leur sont pas utiles. Prenons l'exemple des Japonais. Ils ne font pas la différence entre le « l » et « r », car il existe un son intermédiaire dans leur langue. Si on parvient à immerger le bébé dans ces contrastes, le cerveau conservera la faculté de les entendre. Ce qui est très intéressant, c'est que les bébés ont besoin d'interaction sociale pour que ça marche. Leur faire entendre des sons ne suffit pas, il faut le regard, l'attention de l'autre."
La période sensible, l'âge où l'apprentissage se fait le mieux, prend fin juste avant la puberté. "Les enfants, contrairement à une idée reçue, apprennent plus lentement, mais vont aller plus loin. Si elle est pratiquée à la puberté, une langue a plus de chances de rester. Sinon, c'est ce qu'on appelle l'attrition, l'oubli conscient de la langue peut être fulgurant et quasi total" (en savoir plus sur l'attrition ici).

"Jeter des ponts entre les adultes de demain"
Aujourd'hui Vivaling a des étudiants dans une trentaine de pays et s'implante en Chine. La société entend être un fil rouge pour les expatriés qui voyagent mais aussi plus largement un "facilitateur" dans ce monde global. "Le comité de direction de VivaLing ressemble au conseil de sécurité de l'ONU par les nations qui y sont representées ? tout en fonctionnant très bien ! explique Bernard Golstein. Nous sommes nés digitaux et globaux. L'accès internet est dans certains pays comme l'Inde plus développé que celui à l'école. Avec nos méthodes, nous pouvons avoir un impact social fort en nous dirigeant vers les plus défavorisés. Internet est une façon d'amener des enseignants à des enfants. Lorsqu'on communique, les préjugés diminuent considérablement. En apprenant les langues aux enfants, nous souhaitons jeter des ponts entre les adultes de demain".  
MPP (www.lepetitjournal.com) jeudi 18 février 2016

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