ENTRETIEN – Alexandre Fauvet, directeur du club V.I.E

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 05/11/2012 à 09:38 | Mis à jour le 21/11/2012 à 15:29

Alexandre Fauvet est l'actuel directeur du Club V.I.E. Créé en 2006, le club regroupe les anciens V.I.E et V.I.A sous le signe de la solidarité, de l'échange et de l'entraide. Lumière sur cette organisation, son fonctionnement et les avantages conférés

Lepetitjournal.com : Comment est né le projet ?

Alexandre Fauvet : Le Club V.I.E est né en 2006, d'une réflexion qui portait sur les problématiques de recrutement de responsables à l'international. J'étais alors directeur international chez Lacoste, une marque très exposée à l'international puisqu'elle y effectue 90% de son chiffre d'affaires. On avait identifié ce profil d'anciens VIE/VIA comme étant un profil intéressant, car il dénotait d'une adaptation à des cultures très différentes de la nôtre, avec un profil dynamique et autonome. Etant moi-même un ancien CSN en Corée du Sud (ndlr : ancienne formule du V.I.E), je connaissais les qualités propres à cette expérience. De cette réflexion, nous avons rencontré Ubifrance pour voir s'il était possible d'identifier les candidats en fonction des zones. A l'époque, Ubifrance n'avait rien structuré : pas de base de données, pas de listes. S'il y avait bien un suivi avant et pendant la mission, rien de permettait d'entretenir ce réseau a posteriori. Au même moment, Christine Lagarde, qui était alors ministre déléguée au commerce extérieur, cherchait à encourager le développement des entreprises françaises à l'international. Elle m'a demandé de créer ce club d'anciens. Elle est toujours marraine du club V.I.E

Aujourd'hui, combien le club V.I.E compte d'adhérents ? Quels avantages ont-ils à adhérer au Club V.I.E ?

On compte aujourd'hui plus de 10 000 membres dans la base de données, dont 4000 membres actifs. Le club est basé sur trois fondements :

-          La thématique communautaire : fédérer les anciens VI, quelle que soit leur expérience : contrairement à d'autres organisations, ils viennent de milieux sociaux et géographiques différents, et n'ont pas la même expérience professionnelle. Ils se retrouvent autour d'un seul point commun : le fait d'être parti juste après leurs études, dans un pays qu'ils ne connaissaient pas. Ils ont vécu au contact de cultures différentes, parfois avec des moyens limités. Pour autant, la grande majorité d'entre eux est parvenue à relever le défi. Ce point commun est presque émotionnel, puisqu'ils ont eu la même angoisse au départ, celle de partir loin de chez soi et de surmonter les difficultés quotidiennes. Tous disposent d'une véritable ouverture d'esprit. Aujourd'hui, quand j'ai en face de moi un ancien VI, je sais qu'il dispose d'une agilité et d'une flexibilité qui lui permettent de travailler n'importe où. Notre défi aujourd'hui est de faire adhérer davantage d'anciens dans le réseau, pour que les échanges d'expériences soient encore plus riches qu'ils ne le sont déjà aujourd'hui.

-          La solidarité intergénérationnelle : dans ce cadre, nous avons établi un partenariat avec les conseillers du commerce extérieur, pour qu'ils puissent partager leur expérience avec les plus jeunes dans le club VIE. Nous voulons faire en sorte que les membres actuels du club aident les plus jeunes, qui aspirent à un jour à partir à l'étranger, où leur donner l'envie de partir. Nous les aidons à savoir se vendre, à optimiser leurs points forts, leurs talents pour proposer un projet aux entreprises, aux PME, TPE. Pour ce faire, nous intervenons dans des écoles et universités pour les sensibiliser.

-          Axe plus professionnel: Le club V.I.E apporte à ses membres des outils concrets, comme la mise à disposition de son réseau mondial. 35 clubs V.I.E ont été ouverts dans le monde, et l'on continue à faire grandir ce réseau pour offrir à nos membres la perspective de pouvoir poursuivre leur carrière à l'international. Le partage d'expériences intergénérationnelles  est efficace en ce sens pour être meilleur à l'international. Je pense que les jeunes ne sont pas encore préparés dans un cadre académique  à être confrontés au contexte international. Le Club VIE veut y remédier.

Pour entretenir les liens entre les membres de la communauté, nous organisons des rencontres culturelles, sportives, mais aussi thématiques : par pays, par secteur professionnel (luxe, finance, métiers, informatique?) Au total, ce sont près de 20 événements qui sont organisés chaque année ; Récemment, nous avons organisé une soirée sous le thème de l'Italie, ainsi qu'un Afterwork sur les carrières dans les locaux d'Ubifrance.

Le V.I.A fait moins parler de lui. Comment l'expliquez-vous ? A-t-il sa place dans le club ?

Je tiens à rappeler que la "E" de "Club V.I.E" signifie entreprendre, et non entreprise. Nous voulons nous projeter avec une dynamique, et ces jeunes qui partent sont des entrepreneurs, qu'ils travaillent dans le secteur privé ou public.  Je suis moi-même un ancien V.I.A, et constitue la preuve que des passerelles entre le privé et le public existent bien. Les V.I.A sont moins nombreux que les V.I.E (ndlr : il y a moins de postes à pourvoir) mais sont très actifs au sein du Club V.I.E. Notre club est fait pour eux aussi, et leur est bien entendu ouvert.

www.clubvie.fr

Propos recueillis par Constance de Guernon (www.lepetitjournal.com) lundi 5 novembre 2012

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