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MYRNA AYAD- Rencontre avec la directrice d’Art Dubai

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 17/03/2018 à 18:00 | Mis à jour le 17/03/2018 à 18:00
Art Dubai_Director_Myrna Ayad_Photography by Abbi Kemp (3)

Rendez-vous avec Myrna Ayad, éditrice et journaliste (notamment ancienne rédactrice en chef de la revue Canvas), aujourd’hui directrice d’Art Dubaï, elle porte en son coeur toute la multiculturalité du Moyen Orient qu’elle a vu- dubaïote depuis presque 40 ans – s’épanouir et se développer en ce qui est devenu aujourd’hui une véritable scène culturelle d’envergure internationale.

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Myrna, vous êtes vraiment une enfant de Dubaï, et c’est rare ! D’origine libanaise, et arrivée ici dans la petite enfance,  vous y vivez depuis 37 ans, et avez donc vécu aux premières loges toute l’émergence de la scène artistique locale…

 

Myrna Ayad: Oui, comme on le dit en anglais « I’ve seen it all » (j’ai tout vu, tout vécu), je suis malgré mon âge (rires) un vétéran de la scène artistique de Dubaï… et aujourd’hui avec le recul il est clair que la croissance exponentielle de ce milieux ces dernières 15 années est en fait le fruit d’une évolution organique vraiment unique. La scène artistique des Émirats s’est nourrie de toutes ces petites poches de diaspora orientales, mêlant iraniens, égyptiens, libanais… de tout ce tissage multiculturel extrêmement dense fait d’exilés qui trouvèrent aux EAU un havre de paix. Cette communauté où tout un chacun portait en son cœur la nostalgie d’un pays/paradis perdu, et où tout le monde portait en soi cette soif de quoi que ce soit qui pourrait rappeler son chez-soi, sa patrie… et c’est ce terreau unique qui selon moi a nourri cette scène aujourd’hui si particulière, dans la mesure où chaque acteur s’est senti investi d’une mission consistant à préserver sa propre culture, tout en ressentant la nécessité d’exprimer les émotions mêlées propres à tout expatrié. Et au fond, l’émotion ressentie devant une œuvre d’art n’est-elle pas rien d’autre que ce regard qui nous relie à nous-même, et nous touche dans ce que nous avons de plus intime ?

 

Lepetitjournal.com/dubaï : Qu’est-ce qui a changé aussi dans le regard des spectateurs, dans la perception que le monde peut avoir aujourd’hui de l’art moderne et contemporain du Moyen Orient ?

 

Plusieurs facteurs ont créé une synergie: toute une génération est partie étudier à l’étranger pour revenir par la suite s’installer au Moyen Orient, de grands mécènes ont émergé, se sont passionnés pour des territoires « inconnus » du grand public, en allant par exemple explorer il y a plus de dix ans la scène artistique iranienne, et se sont investis dans ce rôle de transmission et de divulgation, essayant différentes stratégies afin de modifier la perception du Moyen Orient et de ses artistes par le monde occidental. De nombreuses « capitales de l’art » se sont succédées dans la région, balayées parfois par les conflits, ou simplement suivant les variantes économiques ou politiques, Beyrouth, Bagdad, Le Caire, et aujourd’hui Jiddah, Doha et Dubaï. C’est une géographie mouvante et dynamique. Mais il y a encore tant à faire !

 

Par où débuteriez-vous par exemple ?

 

Eh bien quand on pense que par exemple aujourd’hui il n’existe pas encore  (à l’instant où je vous parle) de cursus universitaire dédié à l’art moderne au Moyen Orient… Certes il existe des classes,  mais pour l’instant aucun diplôme correspondant ne couvre cette tranche si riche de l’histoire de l’art. Pourtant les choses changent, comme avec par exemple l’exposition Modernités Plurielles que le Centre Georges Pompidou à Paris a consacré en 2015 à l’art moderne au Maghreb, en Afrique et au Moyen Orient, mais il reste tant à montrer et à faire découvrir… Art Dubaï est un bon moyen et une belle occasion : on y trouve aussi des pièces de cette période qui sont vraiment des pièces de musée, de par leur qualité, et très rarement accessibles au grand public, il ne faut pas les rater !

 

Justement dites-nous en plus sur la prochaine Edition d’Art Dubai !

 

Depuis la naissance de la foire j’ai couvert chacune de ses éditions et n’en ai raté aucune. C’est une foire que je connais par cœur même si elle ne cesse de me surprendre, et sa place est particulière sur la scène des grandes foires internationales parce qu’elle est vraiment destinée à tout le monde.  Une fois encore tous les acteurs autour de cette manifestation se sentent impliqués dans une sorte de mission: continuer à contribuer au développement, à l’engagement et à la promotion de la scène artistique de toute la région MENA. C’est vraiment une affaire de cœur… mais pas seulement: la foire a grandi, progressé, et  aujourd’hui elle va rassembler 105 galeries venues de 48 pays différents ! C’est vraiment le miroir de ce dynamisme propre aux pionniers, quels qu’ils soient. 

 

Quelle nouveauté vous tient à cœur justement ?

Oh oui, je suis enthousiasmée par cette nouvelle section de la foire qui va voir s’installer pour l’occasion de jeunes artistes internationaux émergents en résidence ! Concrètement ce sont donc onze artistes de tous les pays du monde dont le travail a été sélectionné pour cet événement. Ils vont venir s’installer dans les EAU pour un séjour de 4 à 8 semaines, et fournir à la fin de cette période de résidence artistique une pièce qui reflètera leur vécu de ces quelques semaines, une pièce à 100% « made in UAE » mais née aussi de la diversité de chacun de leur profil… J’ai vraiment hâte de voir leur travail ! N’oubliez pas aussi de venir assister aux conférences données à l’occasion du Symposium, ce sont des occasions de rencontres et d’apprentissage absolument uniques !

 

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