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ISABELLE VAN DEN EYNDE nous présente HASSAN SHARIF

Par Marie-Jeanne Acquaviva | Publié le 13/12/2017 à 18:05 | Mis à jour le 20/12/2017 à 21:14
Isabelle van den Eynde

Depuis novembre, la Sharjah Art Foundation présente une rétrospective historique du travail d'Hassan Sharif : artiste émirien conceptuel, pionnier en son genre, qui constitue l'étude la plus vaste et la plus complète sur son travail rassemblée à ce jour.

Des œuvres inédites et l'intégralité du studio de Sharif sont également visibles. Organisée par Sheikha Hoor Al Qasimi, présidente et directrice de la Sharjah Art Foundation , Hassan Sharif: I am the single work artist  est à l'affiche jusqu'au 3 février 2018.  

Le Petit Journal a rencontré à cette occasion Isabelle van den Eynde, galeriste d’Hassan Sharif, qui représente et défend son travail avec passion.

Hassan Sharif

 

 

Lepetitjournal.com/dubaï : À quand remonte votre première rencontre avec l’artiste et quels souvenirs en gardez-vous, quelles ont été vos premières impressions ? 

 

Isabelle van den Eynde: En 2005 je pense : en fait j’ai rencontré les oeuvres d’Hassan Sharif grâce à son frère Abdul Raheem Sharif qui m’a fait visiter l’exposition d’Hassan à DIFC. Ses oeuvres étaient parsemées un peu partout dans les bâtiments, directement à même le sol. Il s’agissait de bouts de tissus, cartons, ficelles, jutes, papiers mâchés et autres matériaux pauvres mariés avec des objets nés de l’industrialisation, qui avaient subi des transformations simples (découper, coller, tisser, ligoter…) dans un processus répétitif pour former des modestes tas. C’était certainement une forme d’expression inattendue et qui interpellait sans aucun doute le spectateur, en ayant recours à la ‘réalité’ elle-même et à ses infinis produits de consommation, dans un contexte culturel essentiellement traditionnel et théologique. 

 

On s’accorde aujourd’hui à donner de Hassan Sharif l’image d’un pionnier, diriez vous qu’aujourd’hui il existe une « école Sharif », a-t-il laissé derrière lui des artistes dont il a été ou est l’inspiration, tant dans son travail que dans ses sujets de prédilection ou dans sa pratique ?

 

Hassan Sharif a joué de nombreux rôles. En 1979, Il décroche une bourse qui lui permet d’étudier à Londres. Lorsqu’il revient dans les Emirats, il traduit de nombreux textes et essais fondamentaux de l’histoire de l’art afin que ceux ci soient publiés et accessibles aux lecteurs des Emirats. Il a été le fondateur du Al Marijah Atelier à Sharjah qui réunissait des artistes et autres intellectuels de disciplines variées telles que la musique, la poésie, la philosophie, liés par une approche expérimentale et critique.

Il a participé à la fondation de la Emirates Fine Art Society, enseignait l’art, tout en réalisant les premiers exemples de performance dans la région du Golf.

En 2005, La Flying House fut érigée pour accueillir les artistes de la scène Emirienne. Aujourd’hui nous pouvons voir au Louvre d’Abu Dhabi les photographies noir et blanc documentant une de ses performances les plus emblématique, Walking. On l’y voit marcher dans le désert Hatta à Dubaï, montré de dos sur quatre images, avec les traces de ses pas dans le sable au fur et à mesure que son corps s’éloigne vers l’horizon, jusqu’à disparaître.

C’est un véritable pionnier, et c’est en effet toute une filiation d’artistes, Emirati ou non, qui s’est engouffrée dans la brèche ouverte par Hassan Sharif, tous se sont sentis appelés à exprimer une vision du monde jusqu’alors inaccessible et indicible dans le contexte religieux et politique du temps. Une très belle exposition à la New York University d’Abu Dhabi (qui dispose d’une galerie d’art) a été consacrée à ce mouvement instigué par Hassan Sharif où sont mis en valeur le travail des artistes de son entourage et des générations suivantes qui se réclament de son influence : But We Cannot See Them : Tracing A UAE Art Community, 1988-2008 (du 02 mars au 26 août 2017). Aujourd’hui l’oeuvre d’Hassan Sharif est enseignée dans les curriculums des universités d’art, notamment dans les études d’art du Moyen Orient. 

hassan sharif

 

 

 

Quelle est votre période ou votre pièce favorite ?

 

J’aime la cohérence de son oeuvre, que ce soit ses Objets, ses peintures, ses dessins géométriques les 'Semi-System’, ou ses performances et expérimentations, les corrélations philosophiques entre les différentes expressions de son travail sont fascinantes. 

 

 

En quoi selon vous Hassan Sharif était-il profondément Émirien dans son travail ?

 

 

Hassan Sharif est probablement l’artiste le plus important de la scène contemporaine des Emirats et du Golfe Persique. Il utilisait et s’inspirait de ce qui était disponible dans son environnement immédiat. Toutefois Hassan Sharif se proclame libre, libre de toutes racines, il se définissait symboliquement comme un bédouin, se refusant à la société civile et à toute forme de système.

 

 

La rétrospective donne aussi à voir l’atelier de l’artiste : quelles perspectives cela ouvre-t-il sur la compréhension de son œuvre ?

 

Son atelier est reproduit à l’identique. Pour le visiteur cela donne une dimension plus intime à l’exposition, et l’on peut vraiment ressentir l’intensité de ce qui se passait dans ce lieu. 

 

hassan sharif

 

Pour plus d'informations sur l'exposition Hassan Sharif - I am the Single Work Artist -  Sharjah Art Foundation 

Pour plus d'infos sur la Galerie Isabelle van den Eynde

 

 

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