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Le cinéma français dans tous ses états, depuis votre canapé !

Par Justine Hugues | Publié le 23/01/2019 à 09:00 | Mis à jour le 25/01/2019 à 15:15
MyFrenchFilmFestival films français en ligne

MyFrenchFilmFestival, le premier festival de cinéma francophone en ligne, est de retour avec de grandes ambitions : démocratiser l’accès au cinéma français dans toute sa diversité. Rencontre avec ses directeurs et l'une des membres du jury.  

 

Le cinéma français vous manque ou vous est inconnu ? L’initiative menée par UniFrance devrait pouvoir rallier cinéphiles et néophytes. « A Paris, on oublie parfois qu’il peut être difficile d’accéder à une salle de cinéma et que la diffusion internationale des films est concentrée sur les grosses productions hollywoodiennes. Des opérations comme MyFrenchFilmFestival donnent accès à une cinématographie parfois méconnue », explique Quentin Deleau, co-directeur du premier festival de cinéma francophone en ligne. Au menu de sa 9ème édition : de nouveaux films et même une série (Le bureau des légendes), toujours plus de plateformes et des lancements en salles dans plusieurs territoires, dont la Russie, le Nigéria, l’Egypte, le Mexique ou encore le Brésil. 

 

Jusqu’au 18 février, les téléspectateurs du monde entier pourront visionner, via le site du festival ou une cinquantaine de plateformes partenaires, plus de vingt courts et longs métrages francophones. « Ce sont essentiellement des films jeunes, frais et différents, qui n’ont pas déjà été vendus partout » expose Simon Helloco, également co-directeur de l’opération. Plus de la moitié de la sélection est faite de premiers ou seconds films, mais il y a aussi des réalisateurs plus confirmés comme Noémie Lvosky et Erick Zonca ». 

 

Histoires de familles avec la catégorie Family Business, récits absurdes et décalés avec WTF…rench!?, femmes en guerre avec le monde qui les entoure avec Women at War, œuvres coup de poing avec In Your Face…Les films, sous-titrés en 11 langues, s’affronteront pour rafler l’une des trois récompenses : le prix des cinéastes, celui de la presse internationale et, enfin, celui du public. Mais si le festival est essentiellement hors salle, il ne manque pour autant pas d’ambition en matière d’interactivité. 

 

 

« Aller chercher ceux qui n’ont pas accès aux salles ni à ce genre de films »

 

« Pour moi, vouloir garder le cinéma dans les cinémas, c’est un problème de bourgeois. Dans le contexte socioéconomique actuel, qui a les moyens de payer 12 euros pour aller voir un film ? Si je n’avais pas eu ma petite télé où j’ai découvert des émissions pointues et de grands chefs d’œuvre, je n’en serais pas là aujourd’hui », raconte Houda Benyamina, réalisatrice et scénariste, qui a accepté de faire partie du jury des cinéastes. 

 

Pour les organisateurs du festival, le format numérique de la distribution permet non seulement la diffusion à grande échelle des films, mais elle encourage également les débats entre internautes. « Les gens peuvent voter, commenter, s’engueuler entre eux. Les échanges sont beaucoup plus nourris que lorsqu’on rentre chez soi après une séance et que l’on garde ses commentaires pour ses proches », argumente Quentin Deleau. Avec 12 millions de vues l’an dernier, le pari d’un cinéma français diffusé sur les smartphones et tablettes du monde entier est en passe d’être remporté. « Nous souhaitons aller chercher ceux qui n’ont pas accès aux salles ni à ce genre de films » ambitionne Simon Helloco. 

 

Le festival se veut également un tremplin pour les jeunes artistes qui peinent à percer sur la scène internationale. « Les réalisateurs de courts-métrages ont souvent des difficultés pour diffuser à l’étranger. Aussi, quand on est en mesure de leur dire qu’au bout d’un mois, leurs films ont été vus par 1 million de Chinois, 500 000 Mexicains, avec une flopée de commentaires à l’appui, c’est très valorisant pour eux, et ça peut les aider pour la suite », indique Quentin Deleau.

 

 

« Une photographie assez juste de la diversité du cinéma français »

 

En révélant un cinéma beaucoup plus éclectique et hétérogène que l’image qu’on en a depuis l’étranger, MyFrenchFilmFestival se veut résolument anti-clichés. « La sélection donne une photographie assez juste de la diversité du cinéma français d’aujourd’hui », analyse Simon Helloco. 

 

«  On a des tentatives inattendues avec des personnages très loufoques et une vraie ampleur comme Gaspard va au mariage. Ou encore d’incroyables bijoux comme Ni juge ni soumise, qui rappelle à la fois les tragédies grecques et les grandes comédies humaines de Molière, avec une liberté de ton et une jouissance de rire de choses très graves », illustre Houda Benyamina. Diversité dans les genres et les approches certes, mais pas dans les réalisateurs ni les acteurs, tempère celle qui a fondé l’association 1000 visages, pour insérer davantage de talents des quartiers défavorisés et zones rurales dans le cinéma français. « Je trouve dommage qu’il n’y ait pas un seul réalisateur ni acteur noir, alors que notre histoire a fait de nous une nation multiethnique. Cela pointe une problématique sur l’invisibilité des minorités mais aussi des femmes. Où sont toutes ces personnes ? » questionne t-elle.  

Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

FRANCK BOILEAU mer 23/01/2019 - 05:37

french film...franco...quoi!

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