Caline Maaraoui : « Je partage le quotidien des Française et Français à l’étranger »

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 24/05/2022 à 02:00 | Mis à jour le 24/05/2022 à 13:52
Caline Maaraoui : « Je partage le quotidien des Française et Français à l’étranger »

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger.
Caline Maaraoui, candidate indépendante à la 10ème circonscription, a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Parce que la France m’a beaucoup donné - j’ai d’ailleurs mené une partie de mes études en France où j’ai pu exercer en tant qu’avocate dans un cabinet d'affaires internationales - et j’ai donc voulu m’engager en retour. Puis, le Liban, le pays dans lequel je vis actuellement, fait partie de cette circonscription. Alors ma démarche s’inscrit dans une sorte de réciprocité ; d’une part participer au rayonnement de la France à l’étranger ; et en même temps servir les compatriotes Français de la circonscription dans laquelle je vis.

 Enfin, par mon parcours professionnel et familial, la politique, le social et l’économique ont toujours été des sujets traités avec sérieux et engagement.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Je suis née au Liban ensuite j’ai intégré l’école des pères jésuites - Notre dame de Jamhour - avant de poursuivre mes études de droit à Paris. Aujourd’hui, j’exerce mon métier de juriste au Liban en tant que directrice juridique de l’Autorité de contrôle des marchés financiers et je traite avec une grande partie des pays francophones de la circonscription dans le cadre de L’INSTITUT FRANCOPHONE DE LA REGULATION FINANCIERE (IFREFI), qui rassemble 29 pays, mes 3 enfants sont scolarisés dans des collèges et lycées français. 

Tous ces éléments font que je suis confrontée au quotidien aux problèmes que rencontrent une grande majorité des Français vivant dans cette circonscription. 

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

D’abord, tout simplement parce que, comme déjà évoqué dans les précédentes réponses, je partage le quotidien des Française et Français à l’étranger. Je ne suis pas une parachutée ou la représentante des appareils politiques. Je ne suis pas une professionnelle de la politique. Et c’est ce qui fait ma force, en tout cas ma singularité. Ensuite, comme j’ai vécu et étudié en France, c’est mon pays, je l’aime. Mais je ne supporte pas que les Français à l’étranger soient des Français de deuxième zone. C’est donc pour réparer cette anomalie que je me présente aux législatives de 2022. 

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Intense… il n’y a pas un moment à perdre. La situation s’aggrave. Je veux remuer les cercles parisiens pour qu’ils s’intéressent à nous, à nos problèmes, à nos difficultés. D’abord, faire des Français de l’étranger des acteurs à part entière de la vie politique française. Ensuite, rétablir l’égalité entre les Français de l’hexagone et les Français de l’étranger. Enfin, faire comprendre à notre diplomatie que nous pouvons être des intercesseurs, en tout cas des connaisseurs et que nous pouvons être utile à la France.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Je dirai qu’ils affrontent plusieurs défis mais j’aimerais vous alerter sur celui qui va nous préoccuper toutes et tous durant les mois et les années à venir en raison de l’inflation et des conséquences de la guerre en Ukraine : le maintien du pouvoir d’achat. 

L’inflation ne s’arrête pas aux frontières.  Elle n’est pas réservée qu’à la France ou aux États-Unis. La hausse des prix est mondiale que ce soit au niveau de l’énergie ou des matières premières. Les prix des produits de premières nécessités s’envolent dans tous les marchés ou supermarchés des 49 pays qui composent la circonscription. Donc cela a un impact direct sur le pouvoir d’achat de tous les Français qu’ils soient à Paris ou à Madagascar ou à Beyrouth. 

Dans ce contexte, les Français de l’étranger ont-ils le soutien de la nation pour l’énergie, l’essence ou gaz-oil comme c’est actuellement le cas dans l’hexagone ? (voir la mesure de 1 euro) etc. non ! Ont-ils droit à des aides ponctuelles face aux difficultés de vie chère comme ce fut souvent le cas en France ? Non. Cette situation me préoccupe. Quand les Français de l’étranger rencontrent des difficultés, ils n’ont pas un traitement égal que les Français de l’hexagone. 

Le deuxième défi est celui de la protection sociale et médicale. Nous n’avons pas les mêmes droits à la sécurité sociale. Cette rupture d’égalité se pose également dans le domaine de l’éducation entre la gratuité en métropole et à l’étranger.

 

 Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Mes relations et mes amitiés dans les 49 pays de la circonscription m’ont permis de constituer un réseau important. Je dispose aujourd’hui d’un délégué dans chacun des 49 pays et qui lui-même est la tête d’un réseau dans le pays en question. Je m’appuie sur eux pour me remonter les doléances et les demandes de nos compatriotes de la circonscription. Cela m’a permis d’élaborer mon projet que vous découvrirez dans les prochains jours. 

Ensuite, je me déplace beaucoup dans la circonscription. Je suis déjà allé en Jordanie, je suis actuellement à Dubaï et à Abu Dhabi, et la semaine prochaine je serai en Afrique. 

Cette formidable équipe qui m’entoure constitue mon premier cercle. Nous sommes en contact à chaque instant via une boucle WhatsApp avec les 49 délégués des autres pays. 

Tous les lundis nous programmons une réunion zoom pour faire le point hebdomadaire et préparer les événements de la semaine à venir. 

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

J’ai de nombreuses propositions mais je crois qu’il est urgent de venir en aide à mes compatriotes qui vivent à l’étranger. C’est pour cela que j’ai mis en avant ma proposition de « prime de vie chère » pour tout le monde sans conditions. 

Je constate que cela n’était pas si idiot que cela ! Contrairement à ce qu’ont dit mes adversaires car je vois que la première ministre Elisabeth Borne a décidé de travailler en ce sens dès le début de la législature. Il faut que cette aide ait lieu et ne soit pas limitée aux seuls Français métropolitains.

Je sais que cette mesure fait débat. 

Tant mieux car chaque candidat se détermine par rapport à la seule mesure un peu innovante dans sa campagne alors que d’autres candidats sont enfermés dans les programmes et éléments de langage des Etats-majors parisiens. Je l’entends ici où là que « cela n’est pas réalisable, ou démagogique ». C’est bien mal connaître le budget de la nation ou le budget de la majorité des Français de l’étranger. 

Cette « prime de vie chère » dont on peut discuter le montant est la pierre angulaire de mes propositions. C’est cette prime qui distingue ceux qui défendent les Français de l’étranger dans la circonscription et ceux qui procèdent de Paris et des Etats-majors des partis politiques. Faites le calcul pour 150 euros par famille par exemple cela coûtera moins de 2 milliards d’Euros par an sur un budget qui dépasse les mille milliards. Combien de milliard ont été déversés aux Français de l’hexagone lors de la crise du Covid ? 

 

 Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

J’aurais aimé vous en dire le plus grand bien ; vous expliquer qu’elle a amélioré la vie quotidienne des Français de l’étranger mais malheureusement elle a été... comment dire ... transparente.

A-t-elle défendu un texte spécifique sur les Français de l’étranger ? Je ne le crois pas.

Elle a fait 5 interventions en 5 ans au sein de l’Assemblée nationale. Ce qui prouve que soit elle était peu présente - ce que le démontre la plateforme nos députés qui synthétise les activités des élus - soit elle pesait peu dans le groupe parlementaire qui ne lui donnait pas la parole. Il s’agit donc d’une députée fantôme qui ne rapporte rien à la 10ème circonscription mais qui tout simplement dépend plus de l’appareil politique que des citoyens de la circonscription. Ce n’est pas la conception que je me fais du mandat de députés !

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