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Attaque de Ouagadougou: la sécurité des Français expatriés à l'épreuve

Par Adrien Filoche | Publié le 06/03/2018 à 10:31 | Mis à jour le 06/03/2018 à 11:59
Photo : AFP
Burkina Faso, Attentat, Sécurité, Ouagadougou

Quatre jihadistes ont tenté de pénétrer dans l’ambassade de France lors de l’attaque survenue vendredi à Ouagadougou qui a fait 8 morts et plus de 80 blessés. Recueillement, douce reprise des activités, écoles encore fermées jusqu’à mercredi, la vie reprend lentement mais les tensions persistent au Burkina Faso et dans ses alentours 

Un maître mot : vigilance. Ressortissants, expatriés, entreprises, institutions et organismes diplomatiques dans la région et ses environs, tous sont soumis au régime strict de la prudence après l’attentat perpétré à Ouagadougou vendredi dernier par des hommes affilié à Al-Qaida. L’attaque contre l’ambassade de France, qui était peut-être une "diversion" avant l'attaque contre l'état-major de l’armée burkinabè, a montré que nos postes diplomatiques étaient des cibles potentielles. Située dans la zone des représentations diplomatiques, l'ambassade de France est heureusement très bien protégée. La tentative s'est d'ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n'ont pu pénétrer dans l'enceinte. 

Selon les dernières consignes de sécurité de l’ambassade de France au Burkina Faso datant du 4 mars, les activités peuvent reprendre dès aujourd’hui. ‘’Néanmoins, nous vous recommandons de redoubler de vigilance et de limiter vos déplacements, surtout en soirée. Il est également très important de vous plier scrupuleusement aux consignes des forces de l’ordre lors de vos déplacements.’’ 

Le consulat reste fermé au public ‘’durant les prochains jours.’’ Les établissements scolaires français et les Instituts français de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso sont quant à eux fermés jusqu’à mercredi inclus.
L’ambassade annonce aussi la mise en place d’une cellule de soutien psychologique pour la communauté française. Celle-ci doit être mise en place la semaine prochaine à Ouagadougou. Les demandes sont à adresser à cad.ouagadougou-fslt@diplomatie.gouv.fr.

Il est fortement recommandé à chacun de consulter régulièrement les mises à jour informatives des autorités françaises. Les zones frontalières avec le Mali, le Niger et le Bénin sont toujours extrêmement dangereuses. Dans les prochaines semaines, il est aussi conseillé d’éviter la zone de Fada-Ngourma.
    

 

Sécuriser la région et les lieux sensibles 

Dans cette zone parcourue par les tensions, les autorités françaises se sont données comme objectif de faire le maximum pour éviter ce genre d’événements dramatiques et protéger ses ressortissants. Même si le risque zéro n’existe jamais. Suivant les conseils d’experts -membres du GIGN ou du Raid-, plusieurs dispositions ont été prises. Les murs d'enceinte des institutions françaises ont été surélevés et renforcés, équipés de miradors et de postes de tir. Des sas ont été aménagés aux entrées et les rues y menant ont été fermées à la circulation. 

Une prise de conscience qui ‘’remonte quasiment au 11 septembre 2011’’, a déclaré Frédéric Gallois, ancien du GIGN à l’AFP’’. Il ajoute : ‘’Le Quai d'Orsay a pris conscience de la vulnérabilité des ambassades dans certaines régions et a créé une sous-direction de la sécurité des emprises diplomatiques, auprès de laquelle des membres du GIGN et du Raid sont détachés’’. 

Trois cent militaires ‘’spéciaux’’, Gardes de sécurités diplomatiques (GSD) ou Chefs de sécurité opérationnels (CSO) sont aujourd’hui affectés à la sécurité de 93 postes diplomatiques dans 85 pays. La sécurité des centres culturels, écoles, commerces, consulats ou autres institutions floquées de bleu, blanc, rouge ou des couleurs de l’Occident, a été par ailleurs renforcée. 

Afin d’assurer la protection des quelques 16.000 ressortissants français des pays du G5 Sahel (Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso et Mauritanie), l’Hexagone compte aussi sur les 4.000 soldats de l'opération Barkhane, l’opération qui vise à lutter contre les groupes armés dans toute la région du Sahel. 

 

Le Sahel et ses environs : tensions maximales 

‘’La menace d’attentat et d’enlèvement visant des Occidentaux demeure élevée dans la zone sahélienne mais aussi dans les pays limitrophes. Aucune zone ne peut plus désormais être considérée comme totalement sûre. Il est par conséquent formellement déconseillé de se rendre dans les zones rouges au Mali, au Niger, en Mauritanie mais aussi dans les pays frontaliers’’ peut-on lire dans le rapport de France Diplomatie datant du 13 novembre dernier. 
 

Burkina Faso, Attentat
France Diplomatie - 13 novembre 2017

 

Burkina Faso, Attentat
France Diplomatie - 13 novembre 2017

 

Dans les pays limitrophes au Burkina Faso, à l’instar de la Côte d’Ivoire et du Ghana, les conséquences de l’attentat forcent chacun à redoubler de prudence. Les ambassades françaises préviennent : ‘'Une vigilance accrue est nécessaire’’.

Pour les ressortissants et expatriés en Côte d’Ivoire, ‘’il est conseillé de rester à l’écart des rassemblements. Il convient en outre de demeurer vigilant à l’ouest du pays et dans les environs de Bouaké, en particulier dans la zone comprise entre Bouaké et Korhogo, où se produisent la plupart des attaques de coupeurs de route’’.

Au Bénin, la situation change peu et les grands axes de circulation et certains lieux dangereux comme le parc national du W sont toujours à éviter. 
 

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
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