Mardi 11 août 2020

NUMÉRIQUE - Les écrans, un danger pour les enfants?

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 20/06/2017 à 22:00 | Mis à jour le 21/06/2017 à 14:46

 Amis ou ennemis? Les smartphones, tablettes, ordinateurs et autres écrans sont devenu une partie intégrante de notre quotidien et pas seulement du nôtre. Les enfants se retrouvent également exposé de plus en plus jeunes à ce foisonnement d’écran et de stimulation numérique. Si on peut y voir le signe d’une génération toujours plus connectée, des chercheurs sonnent l’alerte quant aux conséquences de ce mode de vie, parfois préjudiciable notamment pour les plus jeunes. Des conclusions qui appellent avant tout à la modération et à la vigilance quant à la consommation numérique de nos chères têtes blondes. 

 

 

Il est devenu courant de voir des enfants de plus en plus jeunes pianoter sur un smartphone ou un jeune tromper l’ennui en faisant défiler son fil Facebook. Ces scènes sont devenues familières et cette génération d’enfants hyperconnectés passe de plus en plus de temps devant les écrans mais y sont aussi exposés de plus en plus jeunes. Ce constat semble être dans l’air du temps et suivre la logique d’une modernité galopante où les contenus deviennent infinis et les compétences numériques de plus en plus valorisées. Pourtant, cette exposition permanente n’est pas sans conséquence sur leur santé. Elle pourrait même se révéler néfaste à leur développement et leur santé, notamment pour les plus jeunes.

Toujours plus connectés, toujours plus jeunes

En France, l’âge moyen du premier smartphone est de 10 ans, et 50% des moins de 12 ans sont inscrits sur au moins un réseau social, même si la plupart d’entre eux (76%) détiennent un portefeuille de réseaux, dont le plus populaire est Facebook. Mais Snapchat, Instagram, Twitter et bien d’autres sont autant d’applications qui accaparent leur attention tout au long de la journée. Et les temps morts sont de plus en plus rares. Allumer son smartphone est bien souvent le premier geste du matin pour la plupart des adultes mais aussi pour les adolescents. Les supports à la connectivité sont de plus en plus nombreux et suivent un enfant dans son quotidien : télévision, portable, tablette, ordinateur, console… calmer son enfants en mettant un jeu sur la tablette est devenu une astuce connue.

La télévision a déjà été accusée pour ses effets nuisibles sur la santé des enfants. Deux études supplémentaires tirent la sonnette d’alarme concernant les conséquences de la multiplicité des écrans sur la santé psychique et physique des enfants, exposés trop souvent et trop tôt. Ces équipes de chercheurs soulignent que la connectivité croissante et permanente est corrélée avec des troubles du sommeil, de l’apprentissage, du déficit de l’attention.

L’académie américaine de la pédiatrie en 2016

L’étude "Children and adolescent and digital media" de 2016 produite par l’American Academy of Pediatrics (APP) avait déjà démontré les risques du "tout numérique". L’étude se focalisait notamment sur les facteurs de la bonne santé d’un enfant : l’activité physique, une alimentation saine, une bonne hygiène du sommeil et un environnement stimulant. Selon l’académie, ces éléments étaient entravés par l’utilisation excessive des écrans. La télévision est remplacée d’autres supports :  les ordinateurs, tablettes et smartphones. Ces derniers sont équipés de programmes à la demande comme Youtube ou Netflix, qui sont sans limite de temps. De même, la connectivité des adolescents est également préoccupante. 75% d’entre eux ont des smartphones avec un accès internet et 1/4 sont constamment connectés. Cette permanence du numérique favoriserait l’obésité car les écrans sont souvent accompagnés de grignotage, les troubles du sommeil quand les écrans précèdent le coucher, l’échec scolaire si les écrans parasitent les temps de devoirs ou de cours, et enfin elle peut amener des problèmes relationnels voire des troubles dépressifs.

Ces conclusions ont marqué une étape dans l’étude pédiatrique, cependant, elle se concentrait essentiellement sur les enfants et les adolescents, un manque subsistait quant aux conséquences du numérique sur la santé des tout petits, à savoir les 2-5 ans et les nourrissons. Car c’est maintenant à cet âge que les enfants sont mis en contact avec les écrans. 

C’est ce manque que l’institut de Cologne pour l’économie de la médecine et de la recherche pour la médecine alimentaire propose de combler avec son enquête menée auprès de 80 pédiatres dans 15 Länder. Les médecins ont interrogé un panel de 5.600 enfants et leurs parents. Ils en ont conclu une forte corrélation entre l’utilisation importante d’un média numérique et l’hyperactivité, le déficit de l’attention et d’autres problèmes de développement du langage. Les enfants de 2 à 5 ans et les nourrissons seraient donc particulièrement vulnérables en raison de leur jeune âge. En effet, les cerveaux des touts-petits se développent très rapidement. L’excès d'écrans entraverait les processus fondamentaux d’apprentissage, de l’interaction, de la gestion des émotions.

Le phénomène concerne donc aussi les nourrissons, qui seraient touchés par des troubles de nutrition et de sommeil quand leur entourage utilise en permanence des médias numériques en leur présence.

Toutefois, il ne s’agit pas d’interdire tout écran à ses enfants ou fuir avec toute sa famille dans une zone blanche. Le numérique comporte des avantages indéniables dont on aurait tort de priver ses enfants. Les écrans ouvrent de nouvelle possibilités à la pédagogie. Les compétences numériques ne sont plus un atout mais un passage conseillé pour s’insérer dans la vie sociale et professionnelle.

En voulant éviter la diabolisation des écrans, ces mêmes chercheurs conseillent plutôt la modération en contrôlant le temps d’exposition et les contenus exposés aux plus jeunes. Afin de préserver la santé, le sommeil et l’apprentissage des enfants, il est de bon augure de ne pas offrir de smartphone avant l’âge de 12 ans. Si pour les enfants, aucun contact avec les écrans est préconisé, les enfants de 24 mois devraient être accompagnés par un adulte dans leur temps d’exposition. Une heure par jour est estimée largement suffisante pour les petits. Ménager des temps de déconnexion, être vigilant sur le temps passé devant les écrans et contrôler les contenus sont donc les mots d’ordre pour une vie avec écran et moins de risques.

Jeanne Meyer (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 21 juin 2017

 

 

 

 

 

 

 

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