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ÉLÉCTIONS - Merkel en tête, suspense sur sa coalition

Par Lepetitjournal Cologne | Publié le 13/09/2017 à 18:40 | Mis à jour le 13/09/2017 à 18:40
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Les Allemands sont appelés aux urnes le 24 septembre pour renouveler leur Parlement, dont la composition déterminera le prochain chancelier fédéral. A un peu plus de deux semaines des élections, coup de projecteur sur une campagne sans suspense

 

Le système électoral allemand

Le 24 septembre prochain, les Allemands éliront leurs 630 députés du Bundestag et indirectement le prochain chancelier fédéral. Dans l'isoloir, les 61,5 millions d'électeurs se retrouveront face à un formulaire à deux colonnes. Dans la 1ère, ils devront choisir le candidat de leur circonscription qui les représentera à Berlin. Dans la seconde, ils voteront pour une liste de candidats d’un parti. Il s'agit d'un scrutin proportionnel : le pourcentage de voix obtenu correspond au nombre de sièges. Il faut qu'un parti dépasse 5% au niveau national pour avoir des élus au Bundestag. Le chancelier est élu par le Bundestag à la majorité absolue des voix et sur proposition du président fédéral. En pratique, le chancelier est celui élu par le parti majoritaire ou, à défaut, par la coalition majoritaire au Bundestag. Cela peut durer plusieurs semaines : en 2013, les élections législatives avaient eu lieu le 22 septembre et Angela Merkel a été réélue chancelière le 17 décembre...

Les candidats et les enjeux

Les élections du 24 septembre revêtent une importance cruciale : elles vont définir la couleur de la coalition qui dirigera l'Allemagne durant les quatre années à venir. Car si rien ne semble  pouvoir empêcher la reconduction d’Angela Merkel pour un quatrième mandat, il lui sera difficile de gouverner seule. Une alliance sera alors nécessaire. Il est à ce jour difficile de se prononcer sur la future forme de la coalition après l’élection : la CDU avec les Libéraux, ou avec les Verts ? Une coalition tripartite (noir, vert, jaune) ? Ou une nouvelle "grande coalition" droite-gauche ?

A un peu plus de 15 jours des élections, Angela Merkel caracole toujours en tête des sondages d’opinion. Le bloc CDU-CSU est crédité de 38% des voix contre 23% aux sociaux-démocrates du SPD emmenés par Martin Schulz qui peine à se présenter en alternative sérieuse. Jugé trop libéral pour certains électeurs de gauche, trop interventionniste pour les libéraux et trop progressiste pour les conservateurs, l'ex-président du Parlement semble payer les ambiguïtés de son parti. Après un tournant libéral sous Gerhard Schröder, le SPD affiche un programme marqué à gauche : droit de vote à 16 ans, maintien de la retraite à 67 ans, financement de l'assurance maladie à égalité entre salarié et employeur, limitation de la flexibilité au travail...

Évincé de la politique nationale en 2013, après une lourde défaite, le Parti libéral-démocrate (FDP) espère récupérer un rôle déterminant. Son candidat au poste de chancelier, Christian Lindner reste fidèle aux grandes lignes de son parti : libéralisme économique, fédéralisme européen et progressisme sociétal. En se disant favorable à la levée des sanctions européennes contre la Russie en août dernier, il avait provoqué une vague d’indignation. Crédité de 8% d'intentions de vote selon les sondages, le Parti libéral profite de l'espace libre laissé après le virage à gauche du SPD.

Ces derniers mois, les divergences se sont multipliées entre Les Verts et Die Linke. Les critiques à l'égard de l'OTAN de Sahra Wagenknecht, figure de proue de Die Linke, ainsi que les fortes nuances apportées par son parti au sujet de l'accueil inconditionnel des migrants en Allemagne, ont suscité de vives critiques chez les écologistes. Les deux partis s’efforcent de se rendre incontournable en vue d'une alliance post-électorale. Les Verts gagnent un point à 8%, juste derrière Die Linke qui capterait 9% des votes.

Réconfortée par ses succès obtenus lors des élections régionales de ces dernières années, L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) compte faire son entrée au Bundestag pour la première fois. Le parti d’extrême droite affiche clairement la couleur quant à l'arrêt de l'immigration, la sortie de l'Union européenne ou encore la lutte contre "la baisse de la natalité des populations de souche". Le parti europhobe et anti-immigration se maintient en troisième position, à 9%, à égalité avec Die Linke.

L’immigration au cœur des débats télévisés

Un seul débat télévisé a eu lieu entre les deux principaux candidats. Lors de cette soirée suivie dimanche 3 septembre par plus de 16 millions de téléspectateurs, l’immigration a été le sujet phare. Si Merkel et Schulz ont tous deux affirmé que l'immigration ne constituait pas une menace pour l'Allemagne, la chancelière a précisé que la crise des réfugiés de 2015 avait laissé au pays la "tâche difficile" d'intégrer les nouveaux arrivés dans la société afin qu'ils trouvent leur place dans les établissements scolaires et sur le marché du travail.

Sur les questions sociales, la candidate de la CDU a dit qu'elle renonçait à repousser l'âge de la retraite à 70 ans contre 67 ans actuellement. Une position que le social-démocrate a saluée. Ce dernier souhaite prendre des mesures pour éviter que les pensions ne chutent et entend également augmenter les allocations familiales avec un bonus de 150 euros par enfant.

Sur la question turque, Martin Schulz a annoncé qu'il mettra fin aux négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Face à la détérioration de la situation des droits de l'Homme dans le pays, Angela Merkel a encore durci le ton à l'encontre du pouvoir turc. Elle s’est dite favorable à l'arrêt des négociations de son adhésion à l'UE et a indiqué ne pas croire que ce pays rejoindra un jour le bloc européen.

Les représentants des cinq petits partis qui ont débattu le lendemain à la télévision ont réagi à la décision de Merkel de ne pas fermer les frontières allemandes. Les Verts se sont dits favorables à l’accueil des migrants tandis que le président du parti libéral, Christian Lindner a déploré : "la perte momentanée de tout contrôle par l’Etat durant la crise des réfugiés a choqué beaucoup de monde". L’AfD, quant à elle, a taxé de "folie" cette absence de tout contrôle.

Selon les derniers sondages, la part des Allemands dont le choix de vote n’est pas arrêté avoisine 40%. Il reste 16 jours aux indécis pour y réfléchir.

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