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Bhoutan : Et si on allait au pays du Bonheur ?

Par Géraldine Legros | Publié le 31/01/2020 à 01:00 | Mis à jour le 31/01/2020 à 04:07
Photo : Le monastère Taktshang
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On dit souvent que le Bhoutan est l’un des pays les plus mystérieux de la planète. Ce lieu où le tourisme y est volontairement limité, et où l’on mesure le BNB - Bonheur national brut -  est une vraie pépite de tolérance et de beauté.

Qui es-tu Bhoutan ?

Situé entre 2 géants, la Chine et l’Inde,  le royaume du Bhoutan a une superficie d’environ 40 000 km² (72% du pays est couvert de forêts !), ce qui correspond à peu près à la taille de la Suisse, et compte un peu plus de 750 000 habitants. Le bouddhisme tantrique est la religion d’Etat, mais 25% de la population a pour religion l’hindouisme. Il est tout à fait possible d’avoir une autre religion, mais vous ne trouverez ni église ni mosquée au Bhoutan. Seuls les temples bouddhistes et hindouistes peuvent voir le jour dans ce pays.

1907, Ugyen Wangchuck est le 1er roi de la dynastie Wangchuck. Il est élu à l’unanimité « gouverneur héréditaire » du Bhoutan. Trois ans plus tard, le roi et le Royaume Uni signent le traité de Punakha, qui garantit la souveraineté du Bhoutan à condition que ce dernier accepte les conseils des anglais quant à sa politique extérieure. Le pays est ainsi placé sous protectorat britannique. En 1947, l’Inde devient indépendante et le Bhoutan est l’un des premiers pays à reconnaitre l’indépendance de ce nouveau pays ; un traité est signé deux ans plus tard entre les deux pays, le Bhoutan passe sous le protectorat indien.  En 1953, la monarchie absolue est bridée par la création d'une assemblée nationale. Puis, en 1971, le pays est reconnu comme État souverain et devient membre de l'ONU, après trois années en tant qu’État observateur.

C’est l’année 1972  qui marque vraiment l’ouverture du Bhoutan sur le monde avec le couronnement de Jigme Singye Wangchuck, 4ème roi de la dynastie Wangchuck. C’est sous son règne que le pays est guidé vers la modernisation, tout en préservant la culture bhoutanaise. C’est également lui qui développera et imposera le Bonheur National Brut, indicateur qui repose sur 4 critères : la croissance et le développement économiques, la conservation et la promotion de la culture, la sauvegarde de l'environnement et l'utilisation durable des ressources, sans oublier la bonne gouvernance responsable. En 2006, ce même roi abdique à 51 ans, en faveur de son fils, le 5ème et actuel roi de la dynastie Wangchuck, Jigme Khesar Namgyel Wangchuck. En 2008, la Constitution du royaume du Bhoutan est officiellement adoptée. Le Bhoutan devient ainsi une monarchie constitutionnelle.

 

Un pays au tourisme sélectif

Le tourisme, qui a commencé à se développer à partir de 1974,  était et reste très contrôlé : Pour nous européens, il nous faudra obligatoirement passer par une agence pour obtenir notre visa et un droit de séjour. Suivant la saison, il faudra payer entre 200 à 250 dollars par personne et par jour pour séjourner au Bhoutan (seront compris : le visa, les hébergements, les 3 repas, le guide avec voiture et chauffeur… bref c’est « all inclusive »). L’idée est très claire : éviter le tourisme de masse.

Seuls les indiens, maldiviens et bangladais peuvent aller au Bhoutan sans visa (et donc sans payer de « droit d’entrée »). L’Inde et le Bangladesh arrivent ainsi en top position des touristes, mais peut être plus pour longtemps… En octobre 2019, un indien fit un selfie debout sur un stupa. Il fut filmé et cela provoqua une indignation générale de la population qui vit son geste comme une profanation d’un lieu sacré (pour la petite histoire, la police fut appelée sur place, elle confisqua le passeport du motard et ce dernier dut écrire une lettre d’excuses à la Police Royale du Bhoutan).  Sans guide pour leur expliquer ce qu’ils peuvent faire ou non, et le nombre de visiteurs de ces régions augmentant sans cesse, il y a quelques « dérapages ». Aussi, le gouvernement pourrait introduire une taxe de développement durable de 500 dollars à l’entrée du pays, pour les indiens, maldiviens et bangladais, afin de limiter le tourisme en provenance de ces pays. A suivre…

 

5 jours de voyage à travers le Bhoutan

Ces vacances furent sous le signe de monastères, de forteresses et de promenades voire de mini treks. Mais si vous souhaitez un voyage un peu plus culturel, le musée du patrimoine folklorique, du textile ainsi que le musée national du Bhoutan devraient aussi pouvoir vous satisfaire. Voici quelques lieux incontournables qui ont marqué mon séjour :

Le monastère Lungchuzekha (à moins d’une heure de route de Thimphu, la capitale) : pour atteindre ce monastère, il faut compter 3h de marche environ. Il se situe à un peu plus de 3000m d’altitude et le départ se fait depuis Dochu La Pass (lieu où se dressent 108 stupas, construites en l’honneur des bhoutanais morts au combat en 2003, lors de la guerre contre les insurgés d’Assam dans le sud du pays). Le monastère en lui-même n’a rien d’extraordinaire, mais la promenade pour le rejoindre est vraiment agréable. Nous avons eu de la neige, les paysages étaient magnifiques (tout aurait été parfait avec un peu moins de brouillard pour voir les sommets environnants, mais bon on ne peut pas tout avoir). Sur le chemin, nous verrons d’innombrables drapeaux de prières. Vous savez, ce sont ces drapeaux de couleurs, vert, jaune, rouge, bleu et blanc, si propres à la région de l'Himalaya. Les 5 couleurs correspondent aux éléments : bleu pour l’eau, blanc pour l’air, jaune pour la terre, rouge pour le feu et vert pour la nature.  « Le rôle originel des drapeaux et des prières est de diffuser un message de paix et d'harmonie, pour votre famille, vos amis, et l'univers tout entier ».

La forteresse de Punakha Dzong : comme son nom l’indique, cette forteresse est située à Punakha (à 2h30 de route de Thimphu, entre la rivière Pho Chhu (male) et la rivière Mo Chhu (femelle). Notre guide nous explique que dans tous ces monastères ou forteresses, une partie est dédiée au corps monastique et l’autre aux bureaux administratifs, on les appelle des Dzongs. Et la vue sur ce Dzong, entre les 2 rivières, est juste somptueuse !

 

La forteresse de Punakha Dzong bhoutan
La forteresse de Punakha Dzong 

 

Chimi Lhakhang : ce temple, en amont d’un petit village, dans le district de Punakha, est aussi connu comme le temple de la fertilité. De nombreux couples du monde entier feraient le déplacement chaque année dans l’espoir de vaincre leur infertilité. Il ne s’agit pas simplement de visiter le temple, tout un « rituel » est en place : le couple doit se déplacer en personne (et pas seulement l’un des 2), puis la femme doit prendre dans ses mains un phallus en bois et faire 3 fois le tour du temple. De retour à l’intérieur du temple, il lui faudra lancer les dés et espérer que ces derniers lui portent chance… Par ailleurs, dans cette zone du pays, les phallus font partie intégrante du paysage ! Ils sont peints sur les murs des maisons, amèneraient la chance et chasseraient les mauvais esprits ainsi que les mauvaises personnes !

Le monastère Gangtey Goenpa et vallée de Phobjikha (à 4h de route de Thimphou): nous y sommes arrivés à l’heure du déjeuner, ainsi les jeunes moines étaient regroupés devant le monastère, en plein air, pour se restaurer.  C’était le début des vacances, certains moines étaient rentrés chez eux, et les autres n’allaient pas tarder à faire de même. Le repas était offert par une touriste, son cadeau de noël en quelque sorte. Apres notre pause déjeuner durant laquelle nous avons mangé du yack (TRES fort en goût !), nous avons pu nous promener dans la vallée Phobjikha. Suivant la saison, vous verrez des grues à cou noir (elles ne seraient plus que quelques milliers dans le monde, résidant pour la plupart sur les hauts plateaux tibétains) qui font tant la fierté des bhoutanais.

 

Le monastère Gangtey Goenpa
Le monastère Gangtey Goenpa

 

Rinpung Dzong: surplombant la vallée de Paro, c’est dans ce monastère que vous découvrirez en images l’histoire et la légende de Bouddha en images ! C’est fascinant ! Je laisse à votre futur guide le soin de tout vous expliquer correctement…

Le monastère Taktshang (à 1h30 à l’ouest de Thimphou): aussi connu sous le nom de « Nid du Tigre », ce monastère bouddhiste est l’un des plus célèbres du Bhoutan. Il est niché dans une falaise, à 3120 mètre d’altitude (et à environ 700 mètres au-dessus de la vallée de Paro). Vous pouvez l’atteindre en marchant sur tout le chemin, il faudra compter 2-3 heures, mais si vous n’avez pas envie d’utiliser toute votre énergie dès le début du périple, des poneys sont à disposition pour vous hissez jusqu’au deux tiers de la montée. Pour le dernier tiers, pas le choix, ce sera à pied. Nous n’avons pas compté mais il y aurait 700 marches pour atteindre cette merveille. Ne soyez pas découragés, c’est tout à fait faisable : de très jeunes enfants s’y rendent Si vous y allez avec les vôtres, vous devrez certainement les porter de temps en temps, mais vous ne serez pas déçus! Bien qu’un incendie eut lieu en 1998, les 7 temples sont tout à fait visitables. Et si vous avez encore des forces, grimpez encore plus haut, de manière à vous trouver plus haut que le monastère, la vue est grandiose !

 

Le monastère Taktshang
Le monastère Taktshang, l'un des plus célébres du Bhoutan 

 

Quand partir et comment y accéder de Chennai ?

La meilleure période pour visiter le Bhoutan est au printemps (mars à mai) et à l’automne (septembre à novembre). Eviter les mois de juin à août, c’est la mousson. Les mois de décembre à février correspondent à la basse saison. Il y a moins de tourisme et les tarifs sont au plus bas. En revanche il fait froid, prévoyez des pulls car les lieux chauffés sont très rares.  Depuis Chennai, pour rejoindre l’aéroport international de Paro, il vous faudra passer soit par Guwahati (2 vols par semaine, 50 minutes de vol),  soit par Kolkata (un vol par jour, 1h15 de vol), soit par Delhi (6 vols par semaine, 2h05 de vol).

 

J’espère vous avoir donné envie de visiter ce merveilleux pays, où tout est propre et si calme … Même pas besoin de feux de signalisation, les voitures s’arrêtent par courtoisie, que demander de plus ?

 

 

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Géraldine Legros

Géraldine Legros

A Chennai depuis un an pour le travail, Géraldine multiplie les voyages et festivals en Inde qu'elle partage ici avec lepetitjournal.com de Chennai
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