ELECTION LEGISLATIVE - Khadija David, une candidature citoyenne

Par Parler Darija | Publié le 11/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 13/04/2017 à 11:35

Khadija David, franco-marocaine, est candidate aux élections législatives en tant que député des Français de l'Etranger de la 9ème circonscription. De passage à Casablanca, nous avons profité de sa venue pour la rencontrer et apprendre à connaître cette candidate au profil atypique. Elle n'est membre d'aucun parti politique. Elle se lance seule dans l'aventure des élections législatives. Comme elle le dit si bien, elle se lance en tant que citoyenne française soucieuse des droits de tous les français où qu'ils soient. 

Le Maroc est votre première étape. Pourquoi commencer par ce pays ?

Oui, le Maroc est la 1ère étape de ma campagne. J'ai voulu commencer par le pays de mes parents. Je suis originaire d'ici. J'ai la double nationalité franco-marocaine. Comme j'aime beaucoup le dire, j'ai une triple culture : Française, Marocaine et Berbère. Toutefois, mes valeurs sont semblables à celles de la République Française. Je me sens surtout française.

Aussi, je commence par le Maroc parce que c'est le pays où il y a le plus de français. Sur l'électorat, il y a 52000 français inscrits. C'est une étape obligatoire. C'est un tiers de la population votante.

Quel est votre projet durant cette semaine au Maroc ?

Durant ma semaine, je vais surtout me concentrer sur Casablanca et Rabat. 

J'aimerais rencontrer le maximum de français sur Casa et Rabat afin de mieux comprendre leurs problématiques. Je vais rencontrer des associations de français et des français installés. L'objectif de mon séjour est de bien cerner leurs problématiques. Je reviendrai début mai pour Tanger, Marrakech et Agadir.

Quelles sont vos prochaines étapes après le Maroc ?

J'ai fait ma demande de dépôt de visa pour l'Algérie pour un séjour d'une semaine. Je prévois aussi de me rendre en Tunisie du 2 au 6 mai 2017. Puis après il faut que je cale le Mali, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. J'ai prévu de faire 6 pays.

Ce n'est pas forcément facile parce qu'en tant qu'indépendante, je finance ma campagne toute seule. Je n'ai pas de partie politique qui me soutient financièrement. Je vais faire en fonction de mes moyens.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer en indépendante ?

Je fais partie de la grande majorité des français qui ne croient plus aux partis politiques. Aujourd'hui, il y a une certaine  professionnalisation de la vie politique. Les gens le voient comme un métier. Alors que normalement, c'est simplement une mission. On met à un moment "T" ses compétences pour une cause. Il ne faut pas que ça dure 30 ans. Après on perd toute objectivité.  

Quand je regarde les partis de droite ou de gauche, je ne me sens pas représentée. Avec toutes les casseroles qu'ils trainent, ils ne se soucient plus des problématiques des français.

C'est pourquoi, j'ai voulu faire une candidature citoyenne. Je suis issue du peuple et ne fais partie d'aucun parti.

"Pour moi, c'est un challenge de me dire que le citoyen reprend part aux décisions publiques. Pour cela, il faut qu'il soit lui-même élu."

Comment est venu le projet de vous présenter à la députation des français de l'étranger de la 9ème circonscription ? Vous ne vivez pas à l'étranger. Vous vivez et travaillez en France.

Effectivement, je ne vis pas au Maroc ou dans un pays de la 9ème circonscription.  J'ai cependant de nombreuses attaches : amis, familles et connaissances. Ils me font part de leurs difficultés.  

Aussi, dans le cadre de mon travail. Je suis directrice de la politique de la ville dans une mairie en banlieue parisienne où vit une population aussi oubliée que celle des français établis à l'étranger. Au quotidien, je me bats pour une certaine équité. C'est comme ça que je me sens utile. Actuellement, je vois 4 types de français qui n'ont pas du tout les mêmes droits :

-       les français établis en France

-       le français établis en Europe qui ont à 80% les mêmes droits que celui qui vit en France

-       le français aux Etats-Unis

-       et le reste du monde?

La 9ème circonscription fait partie de ce « reste du monde ». J'ai m'impression que je peux apporter à ces français oubliés. Je veux travailler pour remettre du droit pour cette population qu'on a trop longtemps mise de côté.

Quelques points sur son programme :

Education 

  • Favoriser un partenariat Ecole locale et AEFE : créer des filières françaises dans les écoles locales pour ne plus avoir à supporter les investissements notamment. 
  •  Y prévoir des enseignants du réseau de l'AEFE 
  • Elargir le critère actuel d'octroi des bourses pour qu'il soit plus accessible et mieux adapté aux réalités locales 
  • Formation professionnelle et Enseignement supérieur 

On fait le primaire, le collège et le lycée à l'étranger et pas de possibilité de poursuivre ces études supérieures dans le pays d'implantation. 

  • Création dans ces pays de filière post-bac 
  • Système universitaire payé par les entreprises privées françaises et Etat. 
  • Création de filière de formation professionnelle 

 

Actions sociales 

  • Favoriser l'accès à la CFE en y adaptant les tarifs et en y relevant les seuils de remboursement 
  • Seules les personnes de plus de 65 ans et les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d'aide régulière mais l'enveloppe y est insuffisante 
  • Ministère des affaires étrangères délèguent de plus en plus l'action sociale aux oeuvres de bienfaisance  

 

Fiscalité 

  •  Suppression des contributions sociales sur les revenus immobiliers et sur les plus-values. 
  • Placer la résidence en France en résidence principale et non secondaire donc surtaxé 
  •  Etaler le paiement des impôts sur les 2 premières années vécues à l'étranger 

 

Facilité le lien entre l'administration et les français à l'étranger 

  • Création d'un guichet unique et virtuel 
  • Inscription au consulat en ligne 
  • Création d'un carnet de santé numérique en plusieurs langues 
  • Un annuaire des organisations administratives françaises par pays 
  • Un annuaire des entreprises françaises implantées dans les pays 
  • Un calendrier des événements organisés par pays 
  • Un site d'offre d'emplois par pays

 

Facilité le retour en France 

  •  Prise en compte accélérée par les administrations du retour (inscription automatique aux services fiscaux, à la SS, dans les écoles ?) 
  • Faciliter l'accès au logement

 

Pour en savoir sur son programme, vous trouverez toutes les informations sur sa page Facebook et sur son site internet.

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